Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Notes de lectures

N° 534-535 janvier-février 2008 *

Lieux et mémoires

Cf. aussi : [Automobile]

Didier Epsztajn

* Sous la direction de Jacqueline Costa-Lascoux, Geneviève Dreyfus-Armand et Emile Temime, Renault sur Seine, Hommes et lieux de mémoires de l’industrie automobile, BDIC, Éditions La Découverte, Paris 2007, 29 €

* Stephen Bouquin, La valse des écrous — Travail, capital et action collective dans l’industrie automobile (1970-2004), Syllepse 2006, 23 €

Ce beau livre collectif d’histoire ouvrière se divise en trois parties : Le travail à l’usine, Les conflits et L’usine et la ville. Au cœur de l’ouvrage Renault, l’île Seguin et plus largement Billancourt, avec une échappée sur la grève ouvrière à l’usine Ford de Cologne en août 1973.

Plus de dix ans après sa disparition (1992), il est possible au-delà des mythes de revenir sur cette grande entreprise capitaliste, nationalisée après la seconde guerre mondiale, des conflits et des avancées sociales qui servaient de repères pour une partie du mouvement syndical, mais aussi de son inscription territoriale, de son « débordement » sur la ville.

Des douze textes formant ce livre, j’attire particulièrement l’attention des lecteurs et des lectrices sur « Les carrières d’OS depuis 1945 » de Laure Pitti avec son analyse des Algériens à Renault-Billancourt, et sur « Les usines Renault pendant les luttes des ouvriers de l’automobile des années 68 » de Xavier Vigna.

Le découpage de cet ouvrage permet aux auteur-e-s d’apporter des indispensables regards sur tout un pan de l’histoire sociale et de présenter les effets des stratégies industrielles sur les différentes catégories de salariés.

Mais la force du détail a cependant un inconvénient : la perte, à mes yeux, des liens indissociables entre organisation de l’industrie et celle du travail, rentabilisation du capital et luttes prolétaires. A ce titre je ne peux que renvoyer à la « Valse des écrous », le très beau livre de Stephen Bouquin.

A l’heure d’un certain déni de la place des ouvriers, il convient de prendre le temps de lire cet ouvrage.

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