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Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Dernières nouvelles 2011

15/01/2011 TUNISIE

Vive la révolution tunisienne, avant-garde de la révolution en Afrique du Nord et au Moyen-Orient

Cf. aussi : [Tunisie]

Journal Al mounadil-a *

Photothèque Rouge/JR

Photothèque Rouge/JR

Enfin un dictateur arabe renversé par une révolution populaire. Après 23 ans de despotisme, de pillage et d'oppression, le dictateur Ben Ali a fui la Tunisie sous les cris de révolte du peuple tunisien : « Benali dégage ! ».

Au pouvoir depuis 1987, Ben Ali était assuré de piller indéfiniment les richesses de la Tunisie et d'opprimer impunément son peuple affamé et méprisé. Soutenu par la grande bourgeoisie mafieuse et corrompue, telle la famille de son épouse Trabelsi et son beau frère Materi, protégé par un terrifiant appareil  sécuritaire et policier (avec 150 000 policiers, soit un policier pour 27 Tunisiens, il occupe le premier rang au Maghreb, sans compter l'armée et les autres forces de répression).

Le régime de Ben Ali a été un bon élève des institutions financières internationales et de l'impérialisme. L'impérialisme de la France en particulier qui, ayant sa part du gâteau tunisien, a chanté les louanges de la dictature de Ben Ali et du « miracle tunisien », présenté comme le Hongkong de l'Afrique du Nord.

Le réveil des victimes de Benali et de la politique de la Banque Mondiale

La révolution tunisienne du 14 janvier 2011 a été déclenchée il y a un mois à Sidi Bouzid, en signe de protestation contre le chômage et la hogra1. Le jeune Mohammed Bouazizi s’est immolé . La colère populaire gronde alors dans tout le pays. Avec des manifestations en barricades, malgré la répression féroce, les morts et les blessés, l’Intifada tunisienne s'est propagée, ébranlant les piliers de la junte au pouvoir et réclamant la tête du dictateur embastillé dans ses palais à Carthage.

Le dictateur paniqué a fui le pays le 14 janvier 2011. Le peuple a vaincu. C’est une  grande victoire de tous les opprimés en Tunisie, du Maghreb au Machrek2, de l’Afrique et de partout dans le monde. La volonté des peuples est indomptable.

Les régimes  réactionnaires au pouvoir frissonnent de peur, le germe de la révolution touchera les pays de la région dont les peuples subissent les mêmes politiques.

Le peuple tunisien a gagné une bataille décisive, mais l’avenir de sa révolution est menacé par la contre-révolution. Le dictateur Ben Ali est parti mais le régime bien que chancelant et fragile, n’a pas perdu espoir. Il dispose de l’un des dispositifs policiers et répressifs des  plus féroces et de l’appui de la contre-révolution régionale et internationale .

La révolution ne parviendra à réaliser les espoirs des opprimés de la  Tunisie qu’en détruisant ce régime pourri et en le remplaçant par un gouvernement provisoire représentatif du peuple révolté, un gouvernement des ouvriers et des paysans pauvres et tout et toutes les opprimées. Ce gouvernement supervisera l’élection d’une assemblée constituante qui fixera les règles du fonctionnement du pays à tous les niveaux.

Les révolutionnaires et le peuple insurgé ne doivent pas attendre la constitution de ce gouvernement provisoire, mais commencer tout de suite par des conseils ouvriers et populaires, élus dans les usines, les quartiers, les écoles et les universités, et aussi dans les casernes. Des conseils aux niveaux local et national, conseils élus démocratiquement avec possibilité de révocation de tout délégué à tout moment, des conseils qui auront un pouvoir révolutionnaire pour diriger le pays et le défendre face à la contre-révolution, ses désillusions et sa répression.

C’est avec la constitution de conseils ouvriers et populaires, avec une participation des femmes, avec le gain de l’armée ou certaines de ses des fractions, que dépendra le destin de la révolution. L’armement du peuple révolutionnaire organisé au sein des conseils est la garantie pour poursuivre la révolution et se protéger de toute ingérence étrangère.

Aucune  confiance aux représentants de l’ancien régime et à toutes les forces politiques libérales désireuses d’usurper  la victoire populaire,

Tout le pouvoir au peuple révolutionnaire, tel est le slogan qui doit unir toutes et tous les révolutionnaires tunisiens.

Pour une deuxième, troisième, quatrième et cinquième révolution à la tunisienne contre tous les régimes despotiques qui  divisent les peuples du grand Maghreb !

Pour un Maghreb uni, démocratique et socialiste !

Ce sont les slogans autour desquels les révolutionnaires du grand Maghreb doivent s’unir.

Victoire à la révolution tunisienne, avant-garde de la révolution en Afrique du Nord et au Moyen Orient.

15 janvier 2011

* Déclaration d'Al Mounadil-a (Militant-e), journal ouvrier, féministe, pour la jeunesse, et internationaliste (Maroc) www.almounadil-a.info

 

Notes

1. La hogra signifie en arabe dialectal le mépris. Ce terme est utilisé par le mouvement démocratique maghrébin pour désigner l'attitude des autorités vis-à-vis du peuple. Dictionnaire d'arabe dialectal.

2. Machrek (le levant), par opposition au Maghreb (le couchant), c'est-à-dire les pays arabes comme l'Irak, la Syrie, le Liban, la Jordanie, la Palestine, etc.

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