Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 510 octobre 2005 *

ALLEMAGNE

Vers un nouveau parti de gauche émancipateur

Cf. aussi : [Allemagne] [Kellner Manuel]

Manuel Kellner

Manuel Kellner est collaborateur du mensuel SoZ-Sozialistische Zeitung et membre de la Coordination de l’internationale sozialistische linke (isl, gauche socialiste internationale, une des deux fractions publiques de la section allemande de la IVe Internationale). Cette contribution présente un aperçu de la signification des résultats des élections fédérales du 18 septembre, et, en même temps, fournit des informations sur l’orientation des membres de l’isl dans le processus de construction d’un nouveau parti de gauche large à base de masse. Il s’agit bien entendu d’une orientation en débat, un débat qui se poursuivra aux assemblées des membres de l’isl au niveau régional de Rhénanie-Westphalie le 15 octobre et au niveau fédéral au début du mois de décembre 2005. L’auteur, qui est partie prenante de ce débat, porte la responsabilité pour la formulation présente.

Les grands partis sont les perdants des élections fédérales du 18 septembre 2005.

Si l’on compare avec celles de 2002, la CDU/CSU chrétienne conservatrice perd 3,3 points pour arriver à 35,2 %, le SPD perd 4,3 points et obtient 34,3 % — plus que prévu, car la ligne néolibérale féroce d’Angela Merkel, candidate à la chancellerie de la CDU/CSU, lui à fait perdre des voix au profit non seulement du SPD, mais aussi de l’original du néolibéralisme débridé, les libéraux du FDP, qui arrivent spectaculairement à 9,8 %. Les Grünen (Verts) piétinent avec 8,1 % des voix. Les extrémistes de droite progressent, mais ne réussissent pas de percée.

Pour compléter le tableau il faut ajouter, que le SPD a perdu 640 000 électeurs au profit des chrétiens conservateurs, tandis que ceux-ci en ont perdu 1 250 000 au profit du FDP ! En plus, l’abstention a encore augmenté : la CDU a perdu 740 000 voix et le SPD un peu plus d’un demi-million au profit du « parti » des abstentionnistes.

Résultats du Linkspartei : un tournant

Le grand gagnant c’est le Linkspartei, soutenu par la WASG (1), avec 8,7 % des voix, alors que le PDS n’avait obtenu en 2002 que 4 %, échouant ainsi devant le seuil des 5 % (2), ce qui réduisait sa présence au Bundestag aux deux députées de Berlin élues directement dans leurs circonscriptions.

Dans les vieux Länder de l’ouest, le Linkspartei frôle cette barrière des 5 % avec 4,9 % (la petite région de la Sarre, bastion d’Oskar Lafontaine, peut être déclarée « de l’Est », puisque le Linkspartei y a reçu plus de 18 % des voix !). C’est très important et c’est lié à la WASG et à la dynamique unitaire qui nourrit beaucoup d’espérances au sein des masses salariées et exclues. Car avant, à l’ouest, les forces de gauche n’arrivaient pas à dépasser le 1 % des voix, et ce n’est qu’en mai 2005, dans les élections régionales de Rhénanie-Westphalie, que la WASG avait illustré son potentiel en obtenant 2,2 % au lendemain de sa création, alors que le PDS, qui se présentait seul dans ces élections, obtenait 0,9 % des voix.

En chiffres absolu, à peu près 4 millions ont voté pour le Linkspartei, dont 960 000 avaient encore voté pour le SPD en 2002. Le Linkspartei a aussi convaincu 390 000 abstentionnistes de 2002, 280 000 voix venant de la CDU/CSU, 220 000 venant des Grünen et 90 000 venant des libéraux du FDP. Tout cela est aussi significatif que l’aspect sociologique, car les électrices et électeurs du Linkspartei sont surtout des ouvriers, des salariés et des sans-emploi.

Il va sans dire que les syndicalistes de combat à tendance lutte de classe ont salué la victoire du Linkspartei. Mais il faut dire aussi que les directions officielles des syndicats du DGB l’ont saluée également, tout en soulignant qu’il y a une « majorité de gauche » de 51 % au Bundestag contre la CDU/CSU et le FDP, donc contre les forces politiques préférées des associations patronales. Il y a un début de changement important dans les syndicats : l’hégémonie social-démocrate en leur sein est sérieusement entamée. S’il y a une « majorité de gauche » au Bundestag — ce dont on peut douter, la politique menée par le SPD depuis sept ans ne pouvant être qualifiée ainsi — il n’y aura pas de toute façon de gouvernement de gauche, mais très probablement une « grande coalition noire-rouge », avec le SPD comme partenaire junior, qui poursuivra de plus belle la politique néolibérale du gouvernement Schröder. Ceci renforcera la différenciation politique au sein des syndicats et rend très probable de nouvelles vagues de mobilisations sociales et de dissidence politique.

Il est clair que le résultat des élections fédérales du 18 septembre 2005 en Allemagne marquent un tournant significatif de la situation politique. 51 % de l’électorat a voté à la gauche des conservateurs chrétiens et libéraux, ce qui ne traduit pas un rejet clair de la politique néolibérale, mais quand même un rejet d’une politique d’austérité et antisociale encore plus brutale que celle de la défunte coalition du SPD avec les Grünen. Les représentants du capital, qui avaient fait campagne pour un gouvernement noir-jaune (CDU/CSU-FDP), se sont montrés très déçus après ces élections.

Sans le bon résultat du Linkspartei, il n’aurait pas été possible de battre la menace noire-jaune. Pour la première fois depuis des décennies, il y a une chance de construire une force politique de gauche à l’ouest et à l’est du pays qui pourrait rompre l’hégémonie social-démocrate dans le mouvement syndical et reconquérir l’indépendance politique du salariat. Il en découle un encouragement important pour la résistance à la politique néolibérale, pour la mobilisation contre les mises en cause de plus en plus brutales des acquis sociaux, et contre les aventures militaristes et impérialistes. Une des conséquence en sera très probablement la possibilité de relancer, au sein de larges masses, le débat sur l’alternative socialiste au mode de production capitaliste destructeur et inhumain. C’est pourquoi l’internationale sozialistische linke (isl) a décidé d’être partie prenante de ce processus.

Les débats et leurs enjeux

Dès le début cependant ce potentiel peut être mis en danger si l’on voit s’imposer une fusion rapide du Linkspartei-PDS et de la WASG orchestrée par en haut. L’appareil important du PDS voudrait bien limiter l’élaboration du programme, du statut et du profil du nouveau parti à une mince couche de dirigeants, en cooptant des éléments choisis de la couche dirigeante de la WASG, tout en s’appuyant sur la fraction parlementaire nettement dominée par ses membres, d’une part, et d'autre part, encore plus largement dominée par des députés sans convictions anticapitalistes claires. Ceci ne pourrait qu’aboutir à une simple addition des membres du Linkspartei (70 000) et de la WASG (15 000) sous la tutelle d’une direction qui poursuivra le chemin de l’adaptation plus ou moins rapidement.

En revanche, l’isl en commun avec un certain nombre d’instances et de membres de la WASG comme du Linkspartei-PDS, proposent le lancement d’un large mouvement pour la création d’un nouveau parti de gauche, en appelant tout le monde à participer à des forums ouverts pour discuter des bases programmatiques et organisationnelles, sans exclusives. Il s’agit en particulier de ne pas exclure les courants anticapitalistes et marxistes. Et de ne pas repousser toutes celles et tous ceux qui craignent une nouvelle déception si le processus aboutissait à un triomphe du substitutionisme et à l’adaptation aux mécanismes du consensus de la politique établie.

Le premier problème à discuter, c’est la nécessité de se soustraire à toute coresponsabilité pour la politique néolibérale de la social-démocratie. Au niveau fédéral, le problème ne semble pas se poser actuellement, car la direction du SPD rejette toute idée de coopération avec le Linkspartei au sein du Bundestag. Mais déjà, quatre députés du Linkspartei ont proposé de voter, le cas échéant, pour Schröder contre Merkel. Ils ont été vite disciplinés : « Ce n’est pas le moment de dire une chose pareille ! » ; « Notre base électorale et partidaire ne pourrait que l’interpréter comme un ralliement sur les bases de la politique néolibérale ! » Toutefois, Gysi, Lafontaine et les autres ne cessent pas de répéter que, dans quelques années, avec un SPD changé, tout pourrait se poser autrement…

De plus, il y a un problème très actuel : la participation du Linkspartei-PDS aux gouvernements régionaux de Berlin et de Mecklenburg-Vorpommern. Un large mouvement dans la WASG de Berlin s’oppose à l’idée de fusionner avec un parti qui applique la politique néolibérale d’austérité au niveau régional en partenaire junior du SPD. La discussion est vive au sujet d’une candidature autonome de la WASG dans les élections régionales à Berlin en 2006, si le Linkspartei ne se retire pas de la coalition gouvernementale.

La question du rythme et de la méthode de fondation du nouveau parti et celle du contenu de sa politique sont étroitement liées. Ainsi la direction du Linkspartei-PDS veut exclure la possibilité d’une candidature rivale à Berlin en opérant une fusion rapide avec une WASG, dont le nombre plus réduit de membres à Berlin ne pèsera pas lourd et n’arrivera donc pas à imposer la fin de la participation gouvernementale.

Alternative au capitalisme ? Comment ?

L’absence de projet d’un système social alternatif au capitalisme constitue un autre problème de fond. Dans le programme du Linkspartei-PDS le « socialisme démocratique » ne signifie pas la lutte pour une autre société, mais une vague référence éthique, compatible avec une politique pragmatique qui ne dépasse pas les limites de l’ordre social établi. Pour sa part, le programme de la WASG formule des critiques au capitalisme sans référence anticapitaliste claire.

Nous, qui luttons pour une démocratie socialiste, pour une société sans classe à l’échelle mondiale, savons très bien que la crise de crédibilité de l’alternative socialiste reste en place. Nous ne voulons pas imposer notre vision, mais nous plaidons pour un débat approfondi sur la question de l’alternative au capitalisme en partant de ce que devrait être le consensus général : nous voulons toutes et tous un système économique non pas régi par la course au profit maximum et par la concurrence, mais par les besoins sociaux et par la responsabilité écologique. Et un tel système ne peut se fonder que sur une propriété sociale des grands moyens de production, démocratiquement autogérés.

Il n’est pas question de débattre de cette alternative dans l’abstrait. En fait, cette question est liée aux revendications concrètes. Sans un horizon au-delà du capitalisme réellement existant, il ne sera pas possible d’être conséquent dans la lutte pour les revendications immédiates des salariés et des exclus. Si l’on se refuse à aller au-delà du système capitaliste il n’est pas possible de résister à l’argument de la concurrence. Et la concurrence capitaliste implique que tout ce qui est socialement juste mais incompatible avec la course au profit maximum et avec la domination de la nation allemande sur les autres sera sacrifié au nom du « réalisme ». Comment vouloir imposer une réduction sensible du temps de travail sans perte de salaire, comment défendre les acquis sociaux et imposer une amélioration des conditions de vie des salariés et des exclus, sans être prêts à mettre en question la sacro-sainte propriété privée des moyens de production, des banques et des assurances ? Comment organiser la résistance contre les orgies de la privatisation, comment lutter pour une re-civilisation des rapports sociaux sans avoir en tête la nécessité de réorganiser la société sur des bases autres que celles d’aujourd’hui, dominées par le marché, le monopole et le pouvoir des grands trusts transnationaux ?

L’internationalisme doit être partie prenante de l’orientation du nouveau parti à construire. Ceci commence par la lutte pan-européenne pour les minima sociaux et la réduction du temps de travail sans pertes de salaire, se poursuit par le refus des interventions guerrières et doit se compléter par la coopération avec toutes les forces à la gauche de la social-démocratie et toutes les forces anticapitalistes en Europe. C’est pourquoi nous ne sommes pas d’accord pour limiter les rapports du futur nouveau parti de gauche à sa seule participation au Parti de gauche européen.

Quel parti nouveau ?

L’orientation et le profil du parti sont liés au type de parti à construire. A notre avis, il faut partir de la question : Pourquoi le SPD et tant d’autres partis sont-ils devenus ce qu’ils sont devenus ?

Le substitutionisme des directions, des appareils et surtout des fractions parlementaires (pour ne pas parler des ministres...) est une des sources de cette évolution. Ces appareils tendent à chaque fois à se défaire des objectifs émancipateurs initiaux pour s’adapter aux mécanismes et au consensus procapitaliste de la politique bourgeoise établie.

En dernière analyse, ce mécanisme découle de la division sociale du travail et ne peut être surmonté que par un saut qualitatif de l’auto-activité et de l’auto-organisation des masses. C’est pourquoi il ne suffit pas de demander aux députés d’un parti de gauche de jouer le rôle de haut-parleur des mouvements sociaux. Il faut demander plus : que toute leur activité soit dirigée vers l’encouragement à la mobilisation et à l’auto-organisation dans la mobilisation, donc vers la lutte extraparlementaire. Nos revendication n’ont par ailleurs aucune chance de réalisation sans une grande mobilisation sociale en confrontation avec le capital, qui seule pourrait changer vraiment les rapports de force dans la société.

Mais en attendant ces grands changement du climat social et politique, il nous faut un parti qui encourage à tout prix l’activité de ses membres, donc un parti organisé de façon démocratique. Un parti qui permette à ses membres de contrôler les directions, les appareils, les fractions parlementaires et de déterminer l’orientation et l’action politique. Ce doit être un parti pluraliste, ouvert, qui n’exclut pas des courants sous prétexte qu’ils soient trop « radicaux ». Le débat sur l’orientation stratégique doit être mené à long terme et sans exclusive, avec le droit pour tout le monde — pas seulement pour les keynésiens, mais aussi pour les forces anticapitalistes — de s’articuler et de s’adresser au parti dans son ensemble.

Déjà, le poids de l’appareil et de la direction du Linkspartei-PDS s’est avéré être un problème grave et un obstacle pour l’objectif de construire un nouveau parti large et de masse. Avant les élections fédérales, le temps pressait et il fallait faire vite. Maintenant, la direction du Linkspartei veut une fusion rapide organisée et orchestrée par en haut. Dans la WASG, il y a une résistance contre cela, et donc sa direction articule le besoin d’un processus ouvert qui ira plus loin que la simple fusion des deux forces en présence, avec des forums ouverts.

Entre-temps, la nouvelle fraction parlementaire prépare son travail. Ce sont des membres de l’appareil central de l’ex-PDS à Berlin qui ont été embauchés comme collaborateurs, tandis que leurs places de travail dans le Karl-Liebknecht-Haus vont par cooptation à des membres dirigeants choisis de la WASG. Déjà donc, le poids de cet appareil difficilement contrôlable est grand. Et il va de soi que sur le terrain politique, c’est le poids des partisans de la politique coalitionniste au niveau régional qui en est renforcé.

Pour le moment, la collaboration gouvernementale avec le SPD reste limitée au plan régional. Pour le moment, les sommets du Linkspartei, de la WASG et de la fraction parlementaire excluent toute coopération avec le SPD et réfutent l’idée de voter pour Schröder contre Merkel ou pour un autre candidat du SPD à la chancellerie. Mais à plus long terme — et Gysi comme Lafontaine ne cessent de le répéter — il y a l’orientation favorable à une collaboration gouvernementale avec le SPD au niveau fédéral aussi. C’est à cela qu’il faut opposer une orientation vers la mobilisation sociale — sans unité d’action dans la rue et dans les entreprises, l’unité dans les institutions ne peut que faire la courte échelle à toutes les tendance d’adaptation. Et le SPD, jusqu’à nouvel ordre en tout cas, n’est absolument plus un parti de mobilisation.

Notre approche

Notre approche du nouveau parti à construire n’est pas « entriste » dans le sens traditionnel du terme dans le mouvement trotskiste. Nous voulons construire ce parti loyalement dans un processus ouvert et en promouvant un dialogue large et pluriel sur l’orientation à adopter et sur le fonctionnement. En même temps, au sein de ce processus large, nous voulons impulser la formation d’un courant anticapitaliste et internationaliste, car il nous semble impératif qu’il s’articule de façon compréhensible, crédible et forte. Notre organisation n’a pas l’ambition de se comporter en « fraction » dans ce processus, ni dans le nouveau parti. Elle n’impose pas une discipline de fraction à ses membres au sein de la WASG, du Linkspartei et du nouveau parti en construction. Ceci ne pourrait par ailleurs qu’envenimer les rapports avec les autres membres du nouveau parti. Mais nos membres partagent des convictions programmatiques profondes, débattent et décident régulièrement de l’orientation fondamentale avec laquelle il travaillent dans ce cadre large, tout en étant prêts à prendre des responsabilités sans renier leur identité politique.

Nous avons déjà fait l’expérience dans la pratique que cette approche peut poser des problèmes. Dans le cadre large de la WASG, du Linkspartei et du nouveau parti à construire, nos membres peuvent avoir des responsabilités à différents niveaux de direction, jouer des rôles différents, trouver des alliés différents — des gens avec convictions socialistes réformistes avec un grand penchant de « realpolitik » ou des gens dont les convictions ne sont pas toujours socialistes, mais dont la sensibilité est émancipatrice, démocratique et anti-appareil, par exemple. Cela peut créer des conflits et cela a créé des conflits. Le seul moyen non administratif de les dépasser nous semble le renforcement de notre organisation en tant que cadre de discussion, tranchant en cas de divergences et formulant sa position — sans l’imposer mécaniquement aux membres actifs, mais en affichant publiquement l’avis de notre petit courant politique.

1. Sur l’apparition du Partei Arbeit und soziale Gerechtigkeit — Die Wahlalternative (WASG, Parti pour l’emploi et la justice sociale — Alternative électorale) on se reportera aux articles parus dans Inprecor : n° 489/499 d’octobre-novembre 2004, n° 501/502 de janvier-février 2005, n° 507-508 de juillet-août 2005 et n° 509 de septembre 2005. La législation allemande rendant impossible la présentation des listes communes de la WASG et du PDS, ce dernier a accepté de changer de nom, se présentant en tant que « Linkspartei » (Parti de Gauche), ou sous une forme courte Die Linke PDS (La Gauche PDS) et a ouvert ses listes aux candidatures de la WASG.

2. En Allemagne les listes qui n’atteignent pas 5 % des suffrages exprimés à l’échelle nationale (ou régionale, pour les élections au niveau des Länder) ne sont pas admis au partage proportionnel des mandats, mais peuvent avoir des élus directs s’ils arrivent en tête dans leur circonscription.

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