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Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Dernières nouvelles 2010

DANIEL BENSAÏD

Daniel est parti mardi 12 Janvier

Cf. aussi : [Les Nôtres]

François Sabado

Daniel Bensaïd. La Plaine Saint Denis, le 5 février 2009 au 18<sup>e</sup> Congrès de la LCR. Photothèque Rouge/Milo

Daniel Bensaïd. La Plaine Saint Denis, le 5 février 2009 au 18e Congrès de la LCR. Photothèque Rouge/Milo

C’était un militant, un intellectuel , un camarade, un ami.

Né en 1946, Il aura mis sa vie au service de la défense des idées marxistes révolutionnaires.

Il avait été un des fondateurs des JCR et de la Ligue communiste révolutionnaire.

Animateur du mouvement de Mai 68, il était de ceux qui avaient un sens très sûr de l’initiative politique. Il a été un des animateurs du mouvement du 22 mars. Saisissant la dynamique des mouvements sociaux, en particulier le lien entre le mouvement étudiant et la grève générale ouvrière, il était aussi un de ceux qui avaient compris la nécessité de construire une organisation politique, d’accumuler des forces pour la construction d’un parti révolutionnaire.

L’intelligence de Daniel, c’était d’allier théorie et pratique, intuition et politique, idées et organisation. Il pouvait, dans le même temps, diriger un service d’ordre et écrire une œuvre théorique.

Ce fut un des inspirateurs d’un combat qui conjuguait principes, délimitations politiques et ouverture, rejet du sectarisme. Ses convictions politiques chevillées au corps, Daniel était toujours le premier à rechercher la discussion, à essayer de convaincre, à échanger les positions et à renouveler sa propre pensée.

Participant de la fin des années 1960 au début des années 1990 à la direction quotidienne de la Ligue, il a joué un rôle décisif dans la construction d’un projet, d’une orientation qui lie activité quotidienne et tension révolutionnaire. Une bonne partie de son travail théorique et politique sera centrée sur les questions stratégiques, sur les leçons historiques des principales expériences révolutionnaires.

Daniel était profondément internationaliste. Il aura un rôle clé dans la construction de la LCR espagnole, à l’époque du franquisme. Lors de ces années, Daniel jouera un rôle majeur au sein de la IVe Internationale, suivant particulièrement la situation en Amérique latine et au Brésil. Il contribua beaucoup à actualiser notre vision du monde, à nous préparer aux bouleversements historiques de la fin des années 1980.

Des années 1990 à nos jours, tout en poursuivant son combat politique, il se concentra sur la réflexion et l’élaboration théorique : l’histoire des idées politiques ; Le Capital de Karl Marx ; le bilan du siècle et de ses révolutions dont, en premier lieu , la révolution russe ; l’écologie ; le féminisme ; les identités  et la question juive ; l’élaboration d’une nouvelle politique pour la gauche révolutionnaire face à la globalisation capitaliste. Il suivait, régulièrement, les forums sociaux mondiaux du mouvement altermondialiste.

Daniel aura assuré la continuité historique d’un marxisme révolutionnaire ouvert, non dogmatique et l’adaptation aux changements de la nouvelle époque, avec toujours pour horizon la transformation révolutionnaire de la société.

Frappé par la maladie, il la surmontera durant des années, en pensant, en écrivant, en travaillant ses idées, sans refuser ni voyage, ni meeting, ni simple réunion. Daniel s’était donné comme tâche de vérifier la solidité de nos fondations et de les transmettre à la jeune génération. Il le fit de tout son cœur, de toutes ses forces. Ses interventions, à l’Institut international d’Amsterdam, dans les universités d’été de la LCR puis du NPA ont marqué des centaines de camarades. Passeur de l’expérience de la LCR pour le NPA, Daniel avait décidé d’accompagner le départ de notre nouvelle organisation, en relançant la revue Contretemps et en constituant la société « Louise Michel », cadre de débat et de réflexion de la pensée radicale.

Daniel, c’est tout cela. Et, en plus, il était sympathique, chaleureux, convivial. Il aimait la vie.

Alors que nombre d’ex de 68 ont tourné casaque, ont abandonné les idéaux de leur jeunesse, Daniel n’aura rien lâché, rien abandonné. Il est là, présent ! ■

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