Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 519 juillet-août 2006 *

GRÈCE

Mouvement étudiant : Premier recul du gouvernement, sans que la guerre soit encore gagnée

Cf. aussi : [Grece]

Panagiotis Sifogiorgakis

Panagiotis Sifogiorgakis est membre de la direction de OKDE-Spartakos, section grecque de la IVe Internationale.

En mai et juin nous avons vécu en Grèce le plus grand mouvement étudiant dans l’histoire moderne du pays. Jusqu’à 95 % des facultés universitaires et techniques ont été occupées par les étudiant(e)s sur décision d’assemblées générales. La participation à ces assemblées a été, dans la plupart des cas, aussi grande ou même plus grande qu’aux élections annuelles du syndicat étudiant, qui se caractérisent pourtant par un taux de participation assez élevé : ces dernières années autour de 70-75 %. Nous avons vu des manifestations étudiantes très massives dans toutes les villes « universitaires » de Grèce : Athènes et Thessalonique bien sûr, mais aussi toutes les autres, du sud (Crète), jusqu’au nord-ouest (Yanena) et au nord-est (Xanthi)… couvrant donc tout le territoire. .

Cette vague d’occupations et de manifestations, pour la première fois dans l’histoire du mouvement étudiant en Grèce, a été relativement plus massive en province qu’à Athènes.

Le gouvernement et les médias ont essayé au début de cacher l’ampleur du mouvement et de le présenter comme « des minorités qui résistent à la modernisation de l’université grecque ». Par la suite, le gouvernement est passé à la répression orchestrée des manifestations dans un affrontement global, en même temps dans toutes les villes face aux manifestations du 1er juin. La police a renforcé cette violence lors de la manifestation nationale du 8 juin. Mais, la répression a pris une tournure inverse, puisque les images d’étudiants frappés et blessés ont rempli les journaux télévisés ! Les occupations d’universités sont soudainement devenues le sujet central dans la presse et la télévision. Résultat : le mouvement étudiant a été encore plus renforcé !

A la suite de tout cela, le gouvernement a été obligé de faire son premier recul : il s’engage à ne pas déposer en plein été le projet de loi-cadre qui applique la réforme néolibérale de l’université et la discussion sur la loi va être menée après les élections municipales du mois d’octobre. Ceci dit, il n’a pas pour autant retiré le projet de loi : il essaye simplement de gagner du temps, pour diviser le mouvement de résistance et ne pas perdre non plus au niveau électoral.

Les occupations ont été arrêtées à la fin juin, grâce à l’interruption du fonctionnement des universités pour les vacances d’été. Cependant, il n’y a pas d’indication de démoralisation des étudiants. Un rendez-vous de lutte a déjà été donné pour le mois de septembre, qui pourrait devenir un front étudiants-élèves-professeurs de tous les niveaux !

Offensive gouvernementale

Le gouvernement de la Nouvelle Démocratie (droite) n’a pas bien pris en compte la dynamique du mouvement. La réponse des étudiants a été immédiate, parce que cette loi vise de front les droits et les conditions d’études pour des dizaines de milliers d’entre eux. Plus précisément, elle inclut :

-élimination définitive des étudiants qui ne terminent pas leurs études 18 mois après la durée officielle du cursus (4-7 ans selon l’orientation). La démagogie gouvernementale présente la mesure comme voulant « résoudre le problème » des « étudiants éternels » qui, dans l’imagination collective, sont identifiés aux « syndicalistes de gauche » ;

- abrogation de la distribution gratuite des livres aux étudiants. Cette mesure frappe essentiellement les plus faibles économiquement et agrandit encore plus les clivages de classes au sein des universités ;

- restriction de la « franchise universitaire », qui interdit à la police de pénétrer sur le campus. Aujourd’hui, les étudiants ont un droit de veto sur les décisions des autorités universitaires, relatives à la délimitation de cette franchise ou à des exceptions. Le gouvernement veut éliminer tout contrôle des étudiants sur la franchise, de sorte que la police et les caméras d’observation puissent rentrer au sein des facultés.

L’ensemble de ces mesures convergent avec le processus d’amendement constitutionnel qui a déjà été lancé en vue de rendre possible la création d’universités privées. L’article 16 de la Constitution grecque de 1975 prévoit que le caractère de l’éducation de troisième degré (supérieur) est exclusivement « public et gratuit » : donc, toute tentative de création d’universités non publiques reste anticonstitutionnelle !

Il est vrai que le processus d’amendement constitutionnel est un processus qui demande du temps, puisqu’il faut qu’il s’étende sur deux périodes parlementaires (donc, de fait, deux majorités parlementaires), et qui demande aussi une majorité qualifiée au sein du parlement. Pourtant, aujourd’hui il est rendu possible ! Le PASOK (social-démocratie grecque) a abandonné la position traditionnelle du parti qui était le soutien à l’éducation publique et gratuite et a créé ainsi, pour la première fois, un consensus sur l’amendement de l’article 16. Un indice de plus qui montre le degré d’intégration du PASOK au « libéralisme ».

Étant donné cette situation, on peut comprendre pourquoi le projet de loi actuel vise aussi à faire avancer à pas décisifs la privatisation de l’éducation universitaire. Plus précisément, elle veut préparer les conditions de fonctionnement de l’enseignement supérieur dans un cadre pleinement concurrentiel, à savoir contrôlé par les sociétés privées, et ceci dès maintenant pour les universités publiques et demain aussi bien pour les universités privées.

Une confrontation décisive

L’importance de ce mouvement est au-dessus de toute contestation, par rapport aux tentatives de marchandisation de l’enseignement. Mais il est important aussi pour une autre raison : il s’agit d’une confrontation qui prend une dimension presque existentielle pour le mouvement étudiant ! En effet, une défaite pourrait très bien signifier le dernier combat du mouvement étudiant radical en Grèce, tel qu’on le connaissait jusqu’à maintenant.

Ce mouvement étudiant est né avec la fameuse « révolte de l’École polytechnique », en novembre 1973, contre la junte des colonels (1). Il s’est développé avec les grandes occupations de 18 mois pendant les années 1978-1979. Le grand mouvement d’occupation dans la période 1990-1991 a été à l’origine de la crise politique profonde du gouvernement de droite de l’époque, contribuant à son renversement. En fait, ce mouvement a fonctionné comme un catalyseur imprévisible au sein des mouvements sociaux dans un pays où les forces de la social-démocratie et du stalinisme dominaient et même étranglaient le mouvement ouvrier. Les universités ont été le foyer de radicalisation rapide ainsi qu’une sorte de « source » pour la gauche révolutionnaire en Grèce.

Si la réforme gouvernementale passe, le mouvement radical de la jeunesse universitaire risque de perdre sa base. Non seulement, en tant que produit normal de la défaite, mais surtout parce que l’intensification des rythmes de travail et d’études (examens, etc.) vise, entre autres, à retirer aux étudiants la possibilité de s’intéresser à autre chose que « leurs études » et surtout, donc, de ne plus s’intéresser à la « rex publica », à la politique !

Par contre, si le gouvernement n’arrive pas à vaincre et, surtout s’il connaissait une vraie défaite, on peut légitimement prévoir une nouvelle radicalisation au sein des étudiants !

L’exemple français

Un des facteurs qui a certainement joué pleinement, surtout pour le lancement du mouvement mais aussi pour son caractère et sa confiance en lui-même, a été la lutte de la jeunesse française contre le CPE (2). Aucun autre stimulus extérieur, aucun autre « exemple à imiter » n’a eu une telle ampleur au sein du mouvement étudiant grec. La victoire du mouvement en France a donné une grande impulsion au mouvement grec et a continuellement été considéré comme une référence.

La leçon de la France a été simple et efficace : nous pouvons gagner !

La grève des profs

Le projet de loi-cadre a aussi provoqué des réactions qu’on n’avait jamais vues au sein du personnel enseignant des universités : il est vrai que ce projet menace immédiatement les conditions de travail de la masse des enseignants de degré inférieur. Sous prétexte d’évaluation de leur travail éducatif (s’ils sont de « bons » enseignants, ils verront leur contrat renouvelé), le travail de milliers d’entre eux est menacé. La fédération nationale des professeurs a déclaré une grève illimitée, qui a élargi le front face au gouvernement.

Leur mobilisation a facilité la lutte des étudiants d’une autre façon encore : avec l’entrée en lutte des professeurs, l’argument central contre les occupations (« arrêtons la lutte, parce qu’on va perdre la période des examens ») a été annulé, parce que les examens de toute façon n’auraient pas lieu. Les universitaires ont aussi participé à la plupart des manifestations estudiantines.

Les forces politiques

Chose frappante, mais nullement inouïe : le mouvement a dépassé très vite toutes les forces politiques qui sont actives au sein du mouvement étudiant.

Des milliers d’étudiantes et d’étudiants, qui jusqu’à hier se sentaient assez hostiles à tout ce qui est « politique », ont découvert par la lutte la valeur de l’action collective, la valeur de la « politique par en bas ».

La participation spontanée est venue gonfler le mouvement et a écrasé les barrières entre tendances et organisations, syndicales ou politiques. Bien sûr, il y a toujours une dialectique entre le spontané et le conscient : toutes les forces politiques n’ont pas été touchées de la même façon, parce qu’elles n’étaient pas de la même façon préparées à développer leur activité au sein de la révolte.

* EAAK (gauche anticapitaliste). Les forces regroupées au sein du Mouvement Indépendant Anticapitaliste Unitaire (EAAK), qui ont eu un 8,5 % aux dernières élections étudiantes (3) et qui regroupent le gros de la gauche anticapitaliste dans les universités, ont été comme des poissons dans l’eau dès le début du mouvement. En partie ceci est dû au fait que l’EAAK a été créé par un mouvement comparable (le mouvement des années 1990-1991) et que, par la suite, il a été lié organiquement à toutes les mobilisations et mouvements de lutte ou d’occupation (1995, 1998, 2001) jusqu’à aujourd’hui.

L’EAAK a été et reste la tendance qui a le mieux exprimé politiquement le mouvement, chose qui est aussi confirmée par sa présence dominante au sein de la Coordination Nationale des Facultés Occupées. On constate aussi que dans la plupart des cas les autres forces politiques viennent au mieux accompagner les propositions et axes de luttes qu’avancent ceux d’EAAK.

Cependant, pour que l’EAAK puisse jouer ce rôle, il a fallu que ses militant(e)s abandonnent des complexes sectaires qu’ils avaient pris l’habitude d’avoir dans leur pratique politique ! Ils ont été obligés de faire des propositions d’unité à la tendance PKS (4) ! Ils ont été contraints à voter ensemble, non seulement avec ceux de DARAS (5) ou avec « Gènes 2001 » (6), mais même avec la PASP (7). Toutes choses qui quelques mois auparavant auraient été simplement considérées par les principales composantes politiques d’EAAK comme une quasi-trahison.

C’est empiriquement que les militant(e)s d’EAAK sont arrivés à la conclusion pratique que le mouvement même n’aurait pas été possible, sans l’unité de toutes les forces disponibles !

* PKS (tendance du KKE). Les forces du Parti Communiste de Grèce (KKE), à l’inverse, ont suivi une ligne qui, dans l’essentiel, est allée contre le mouvement. Pendant les trois premières semaines, le KKE a mis l’accent sur les dangers de « perdre la période des examens » et a, donc, appelé à reporter le mouvement au mois de septembre ! Son journal, « Rizospastis », a calomnié toutes les composantes de gauche du mouvement en le présentant comme « jouant le jeu du PASOK » et il a nié le caractère massif des mobilisations. Il a essayé de se cacher derrière un certain « collectif de coordination nationale », construit et contrôlé par lui-même : cependant, ce « collectif » n’a réussi à avoir l’aval que de 7 facultés au début et d’une seule à la fin (il y plus de 400 facultés dans le pays). Pire encore, c’est précisément là ou elle a essayé de mener bataille pour gagner le soutien à ce « collectif » que la tendance PKS a connu d’énormes pertes au profit de la Coordination Nationale des Facultés Occupées.

La quatrième semaine de la lutte, sous la pression énorme du mouvement de masse et sous le risque d’un isolement total face à lui, le KKE a fait un virement en reconnaissant que « la lutte se développe », en présentant même des propositions d’occupation hebdomadaire. Cependant dans les assemblées générales, le KKE a continué à connaître des pertes au niveaux des votes. Et vers la fin, il a été obligé de participer à la structuration de la Coordination Nationale des Facultés Occupées et d’appeler aux manifestations de rues, avec les coordinations de lutte (bien qu’essayant d’organiser là des cortèges séparés qui partent une ou deux heures avant les autres !)

* Le DARAS (Synaspismos). La tendance dite DARAS (de Synaspismos) a soutenu depuis le début le mouvement d’occupation des facultés, en jouant ainsi un rôle positif. Mais étant moins nombreuse, elle a été éclipsée par les initiatives et l’impact des EAAK.

* La PASP (tendance du PASOK, social-démocratie). La PASP, tendance étudiante du PASOK, avait connu dans les dernières années une convergence certaine avec la DAP (droite). Cependant, dès que le mouvement a été lancé, la PASP a éclaté de fait en plusieurs morceaux et le gros de ses forces a fondu au sein du mouvement ! Tant que le mouvement grandissait, les membres de la PASP soutenaient de plus en plus et dans plusieurs facultés les occupations — en rompant ainsi avec les positions officielles de leur propre parti.

* La DAP (droite). La DAP, qui est la tendance liée à la Nouvelle Démocratie (le parti gouvernemental de droite) et qui réussit à gagner aux élections étudiantes autour de 40 % des suffrages, a été complètement isolée dans les assemblées générales. Dans d’autres périodes où il y avait aussi des mouvements d’occupation, cette tendance réussissait à mobiliser sa base contre la lutte. Cette fois, il lui a été complètement impossible de le faire ! Même dans des facultés ou elle réussissait à avoir aux élections étudiantes une majorité écrasante, elle n’a pas pu résister à la vague irrésistible de l’actuel mouvement !

Formes d’organisation

Le mouvement étudiant grec a quelques particularités, dues en partie à l’histoire, par rapport aux mouvements étudiants dans d’autres pays. Tout d’abord, cela fait au moins douze ans que le syndicalisme étudiant est complètement dépourvu de toute structure nationale centrale. Formellement, les associations par facultés sont liées au sein d’une fédération (EFEE). Mais celle-ci a une existence formelle pendant un moment dans l’année, quand elle proclame les élections estudiantines ; tout de suite après elle disparaît, jusqu’à l’année suivante !

Les raisons de cette situation peuvent être compliquées ou multiples : par exemple, la gauche anticapitaliste sabote systématiquement toute tentative de reconstruction d’une structure fédérale nationale (EFEE), invoquant le risque qu’elle soit contrôlée par la droite (DAP). Mais les autres tendances aussi ont accepté plus ou moins cette situation, chacune avec ses propres calculs et visées !

Quoi qu’il en soit, l’absence même d’un organe « officiel » bureaucratique facilite en même temps les mobilisations. En plus celles-ci n’ont pas de « direction bureaucratique » centrale à dépasser ! Et il n’y a aucun organe de représentation des étudiants pour se présenter comme interlocuteur officiel face au gouvernement. Les décisions des assemblées générales et elles seules sont en mesure de donner une légitimité à l’une ou l’autre forme de mobilisation.

Une autre particularité consiste aussi à ce que les étudiants, dans les assemblées générales, ne se retrouvent pas devant des choix ou des propositions concrètes, une à une, mais en général ce qui est présenté aux votes par les diverses tendances ce sont des « cadres complets » de programme. L’organisation elle-même de la lutte et de l’occupation, du moment que celle-ci est décidée, passe par la création d’un Comité de Coordination de l’Occupation. Ce dernier n’est pas composé de membres élus et révocables, mais est « ouvert » à tous. Ce modèle organisationnel a quelques avantages, puisqu’il peut mobiliser dans la base tous ceux qui veulent participer, mais garde aussi des désavantages assez importants. Son fonctionnement principal tourne autour des rapports de forces entre organisations politiques au sein des comités d’occupation.

Ce modèle a été confirmé dans le mouvement actuel. Mais cette fois il a été étendu ! Puisque des comités d’occupation ont été organisés aussi au niveau des villes et, à la fin, aussi au niveau national avec la Coordination Nationale des Facultés Occupées.

Or, à ces niveaux, plus étendues, de telles coordinations risquent de devenir complètement coupées des assemblées générales et leurs possibilités et leurs limites deviennent en fait les possibilités et les limites des forces de l’extrême gauche qui y participent en jouant le premier rôle.

La Coordination Nationale des Facultés Occupées n’a nullement été une « structure participative », mais plutôt un champ de marchandage entre différentes forces et parfois même une arène entre les plus grosses organisations de l’extrême gauche au sein de l’EAAK : ARAN, ARAS, NAR (4). Cette situation est d’ailleurs devenue beaucoup plus compliquée, vers la fin du mouvement, lorsque le KKE a décidé de rejoindre peu à peu la coordination.

Le chemin de la victoire

L’obstacle principal qu’avait à dépasser la « direction informelle » du mouvement, à savoir l’extrême gauche de l’EAAK, provenait d’elle-même : c’était son attitude sectaire face à la bureaucratie du mouvement ouvrier organisé, du mouvement syndical. Ces réflexes sectaires ont été nourris par l’attitude de la direction de la Centrale syndicale ouvrière unique (GSEE, regroupant le secteur privé), qui, en suivant le PASOK, soutient la création d’universités « non publiques » et même prépare la création de sa propre « Académie de Travail », comme une des premières universités « non publiques »! Ce n’est effectivement pas très encourageant…

Nous savons pourtant que même en France la CGT, qui soutenait au début le projet de la Constitution européenne, a changé sa position sous la pression de la base. Nous savons encore qu’au début du mouvement contre la CPE, les grandes centrales syndicales n’étaient pas très chaudes à mobiliser. Et si elles ne sont pas arrivées à lancer un mouvement de grève illimitée, elles ont organisé pourtant, sous la pression de la jeunesse, des mobilisations de grève et ont manifesté avec elle dans les rues. Ceci a donné de l’ampleur et de la confiance au mouvement.

Les camarades de l’OKDE-Spartakos, ainsi que quelques autres tendances au sein du mouvement, ont lutté au sein des comités d’occupation pour que la coordination nationale elle-même puisse s’adresser au mouvement ouvrier pour faire pression.

C’est vrai que les courants d’extrême gauche — surtout les courants dominants au sein des EAAK — qui ont été à la tête du mouvement, ne se sont pas rendus pleinement compte de l’importance de cette tâche et ont même utilisé comme prétexte les positions inadmissibles de la bureaucratie syndicale. Cependant, nos positions ont été vérifiées dans les faits par la déclaration d’arrêt de travail qu’a lancé la GSEE pour soutenir la mobilisation étudiante le 22 juin, en imprimant même des affiches. C’était un premier pas dans la direction d’une coordination étudiants-travailleurs. Dès le mois de septembre, il faut un travail plus en profondeur dans cette direction et sans « l’ankylose » habituelle… Les étudiants ne peuvent pas attendre qu’il y ait d’abord un mouvement ouvrier « pur » et « rouge » pour demander à ses organisations de se mobiliser avec des grèves à ses côtés.

Les enseignants du primaire ont déjà proclamé une grève illimitée à partir du 18 septembre. Dans les lycées aussi du matériel explosif est en train de s’accumuler : le gouvernement vient de décider de ne plus laisser ouverte l’entrée aux universités à ceux qui n’auront pas eu la note officielle demandée aux examens d’entrée, même si des places restent vacantes dans les universités.

Le rendez-vous du début du mois de septembre, à l’occasion de l’exposition internationale de Thessalonique, traditionnellement moment de déclaration de la politique économique du gouvernement, risque d’être cette année l’occasion du lancement du renouvellement du mouvement étudiant.

Athènes, le 11 juillet 2006

Traduction : T.A. (les notes sont de la rédaction d’Inprecor)

Vous appréciez ce site ?
Aidez-nous à en maintenir sa gratuité
Abonnez-vous ou faites un don
Qui sommes-nous ? |  Contact | Abonnement | Design et codage © Orta