Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Dernières nouvelles 2010

PROPOSITION D'ALENDEMENTS

Amendements de Davies à la résolution RTQI

Cf. aussi : [Seizième Congrès]

Davies (Socialist Resistance, Grande-Bretagne)

Le premier texte (ci-dessous) explique mes motivations pour des amendements aux sections 5 et 6 sur le rôle et les tâches de la QI. Les amendements précis sont situés à la fin du texte.

Depuis un an, est discuté le texte sur le rôle et les tâches, au niveau du Bureau, à une réunion large du Bureau et enfin au CI. A chaque étape, j’ai critiqué ce texte qui avait été également controversé par un certain nombre de sections européennes lors de la rencontre élargie du Bureau. Lorsque nous en avons discuté au CI, j’ai été un des seuls à voter contre. Des modifications du texte ont eu lieu, ce qui a permis d’en retirer les pires exemples de ce que je soulignais, mais cela n’a pas globalement changé son fond.

Mon problème ne réside pas tant dans la façon dont le texte cadre avec la politique mondiale et la crise. Celui-ci arrive plutôt bien à intégrer les liens entre les crises écologique et économique.

J’ai un problème avec l’appel qui y est fait pour une nouvelle Internationale et ses implications sur le caractère d’une telle Internationale.

Le texte du CE présente deux voies possibles dans lesquelles la nouvelle Internationale préconisée peut émerger. La première est qu’elle peut émerger par le rassemblement des partis larges qui ont émergé à la gauche de la Social-Démocratie ces dernières années – au moins pour ceux qui ont un caractère anticapitaliste. Cela donnerait une Internationale anticapitaliste, composée de partis anticapitalistes, les sections existantes de la QI à l’intérieur de ceux-ci.

Cette perspective est exprimée dans la section 5 de la manière suivante :

« La IVe Internationale est confrontée, de manière globale, à une nouvelle phase. Les militants, noyaux, courants ou organisations marxistes révolutionnaires doivent se poser le problème de la construction de formations politiques larges, anticapitalistes, révolutionnaires, dans la perspective d’une nouvelle représentation politique indépendante des travailleurs. Cela est vrai à l’échelle de chaque pays et à l’échelle internationale. » (Souligné par moi)

On trouve d’autres éléments dans la citation suivante de la section 7 :

« Dans les nouveaux partis anticapitalistes qui peuvent se former dans les années à venir et expriment l’étape actuelle de combativité, d’expérience et de conscience des secteurs les plus engagés dans la recherche d’une alternative anticapitaliste, se pose et se posera la question d’une nouvelle Internationale. » (Souligné par moi)

Même si cette phrase est contradictoire avec d’autre parties du texte, elle est absolument claire : l’existence de ces divers partis larges pose objectivement la question de leur réunion pour former une nouvelle organisation internationale.

Bien sûr, nous aspirons tous à une Quatrième Internationale plus forte et plus implantées, avec des sections nationales plus fortes et plus implantées et que nous voulons une Internationale qui serait plus large politiquement que l’actuelle QI et que la tradition trotskyste – même si elle a un rôle très important à y jouer. En fait, ce processus a déjà commencé et nous devons nous assurer qu’il continue.

Cependant, nous devons nous assurer qu’elle continue à être une Internationale basée sur un programme révolutionnaire, comme c’est expliqué dans les statuts de la QI.

Car, même si un rassemblement international des organisations anticapitalistes était possible – ce qui semble très peu probable étant donné la diversité et l’instabilité de telles organisations – ce ne serait pas une Internationale révolutionnaire comme c’est souligné ci-dessus et ça ne serait pas une alternative à l‘actuelle QI.

Si, contre toute attente, cela arrivait, ce serait un développement important auquel la QI devrait se lier, mais pas se dissoudre ou s’en servir comme remplacement de notre propre Internationale.

Il est donc important que nous faisions la différence entre des organisations internationales révolutionnaires et des formations anticapitalistes et que nous évitions de combiner les deux termes. Les formations révolutionnaires sont celles qui rejettent le capitalisme et qui mettent en avant à la fois des solutions socialistes et des moyens révolutionnaires permettant de faire la transition de l’un à l’autre. Les organisations anticapitalistes sont celles qui voient que le capitalisme est le problème et que le socialisme est la solution, mais qui ne sont pas au clair sur le programme assurant la transition de l’un à l’autre.

Une seconde possibilité que le texte laisse entrevoir est qu’une nouvelle Internationale puisse émerger à partir des différentes organisations européenne d’extrême gauche, via un processus initié par le NPA l’année dernière avec les Conférence de la Gauche Radicale, qui se sont tenues à Paris. Cette proposition est reprise dans la section 6 :

« Il faut discuter comment renforcer et transformer la IVe Internationale pour en faire un outil efficace dans la perspective d’un nouveau rassemblement international. Nous avons déjà commencé à faire, avec des résultats limités, il faut le reconnaître, des conférences de la gauche anticapitaliste ou d’autres conférences internationales. »

Mais c'est également peu probable. Le meeting à Paris était un assemblage d’organisations d’extrême gauche et d’organisations révolutionnaires, assez rivales entre elles tant au niveau national qu’international, sans aucun élément significatif qui aurait pu amener à une telle convergence. L’IST et le CIO-CWI étaient présents à cette conférence. Il y avait 12 organisations grecques, en concurrence les unes avec les autres. Et tandis que ces réunions avaient une valeur en terme d’échange d’idées au sein de l’extrême gauche, la thèse selon laquelle cela pourrait être à l’initiative d’un processus qui pourrait aboutir à une nouvelle Internationale unie, a été exclue. Ni l’IST, ni le CIO-CWI n’ont participé à un processus de convergence. S’ils étaient présents c’est du fait de l’émergence et du développement très important du NPA et qu’ils voulaient savoir ce qui se passait. Et même si le processus de convergence eut été possible au sein de la gauche révolutionnaire, cela n’aurait pas été la même chose qu’un rassemblement des forces anticapitalistes, nous aurions eu affaire à un processus d’unification des révolutionnaires.

Dans le même paragraphe, le texte liste de nombreuses initiatives auxquelles nous avons participé à un niveau international, notamment les meetings que nous avons tenus aux forums sociaux mondiaux et avec la Gauche Anticapitaliste Européenne (GACE), comme si ces initiatives faisaient partie du processus pour une nouvelle Internationale anticapitaliste. Ce qui n’a jamais été le cas. Certaines ont constitué une intervention de la gauche radicale au sein du mouvement altermondialiste, alors que d’autres ont essayé d’influencer dans un direction radicale des organisations qui émergeaient à la gauche de la Social Démocratie.

La GACE n’a jamais été envisagée sous cet angle. Cette initiative reste importante, mais elle n’a jamais été plus qu’une coordination dont le but était de renforcer le processus d’émergence des nouveaux partis larges par le biais d’une collaboration pratique et d’échanges d’idées. En aucune façon la GACE n’a été rattrapée par de la lister comme une des façons dont la nouvelle Internationale pourrait émerger. les événements et la dernière rencontre du Bureau a proposé d’en finir avec elle – il n’est donc pas nécessaire

Il n’est pas mis en avant, ici, l’importance de construire des partis larges à la gauche de la social-démocratie. Il est crucial que cette tâche reste centrale dans notre réponse à l’état actuel de la crise du capitalisme et de la social-démocratie. Mais le texte parle quasi exclusivement de partis ANTICAPITALISTES larges, alors que la plupart de ces partis ne sont pas anticapitalistes, mais réformistes de gauche, ou radical-réformistes de gauche – l’exemple le plus important étant Die Linke.

Il est d’ailleurs notable que Die Linke ne soit même pas mentionnée dans le texte comme l’un de ces partis les plus importants. En fait, dans toute la discussion autour de ce texte, il y a eu des hésitations et même un certain scepticisme pour reconnaitre l’importance de Die Linke.

Bien sûr, nous pouvons dire que nous préférons que les partis de la gauche radicale soient anticapitalistes plutôt que réformistes, mais cette observation n’a pas de sens. Même si nous sommes en faveur de la construction de partis larges à la gauche de la social-démocratie, nous ne pouvons pas déterminer, dans la plupart des cas, quel sera leur caractère. Il ne sera déterminé que par l’état de la lutte des classes dans chacun de leurs pays et par les conditions politiques dans lesquelles ceux-ci émergent. L’histoire, l’état du mouvement ouvrier et s’il y a eu, un PC de masse, sont autant de facteurs déterminants.

Lorsque nous nous assignons comme tâche de construire et de travailler au sein de formations larges de gauche, autant au niveau national qu’international, il faut que nos propres organisations soient mieux définies, plus organisées et plus cohérentes politiquement pour y arriver. Travailler au sein d’organisations larges sera peut-être plus pertinent que de simplement brandir notre bannière, mais cela sera aussi plus complexe et demandera nettement plus de ressources politiques.

Lorsque nous travaillons dans des organisations larges, nous avons un double objectif. Le premier est de répondre à la crise de représentation de la classe ouvrière, qui augmente de manière aiguë dans les conditions actuelles. Le second, qui répond à un objectif généralement à plus long terme, est de gagner les organisations larges à notre politique révolutionnaire, dès que les conditions le permettent. Cela signifie que lorsque nous y travaillons, nous devons rester organisés de manière à nous assurer que notre politique est un facteur de son développement.

C’est également le cas si nous voulons faciliter les convergences au sein d’autres organisations, comme cela est précisé dans la section 9, ou plus généralement jouer un rôle dans le développement de la gauche radicale.

C’est pour cette raison que la section 10 du texte, qui essaie de renforcer nos propres structures, est particulièrement bien vue. Tandis qu'il est vrai que nous sommes une petite organisation il est également vrai que nous sommes encore loin d’atteindre tout notre potentiel en ce qui concerne les alternatives révolutionnaires.

Amendement précis

Amendements aux parties 5 et 6 sur la Résolution sur le rôle et les tâches de la IVe Internationale.

Les suppressions sont entre parenthèses [] et les ajouts sont en italique.

5. [C’est dans cette aspiration que se posent les problèmes de construction de la IVe Internationale, de nouveaux partis anticapitalistes et de nouveaux regroupements internationaux.] C’est dans ce contexte que nous nous posons les problèmes de la construction de la Quatrième Internationale. Nous l’avions traduit, dés 1992, donc lors des deux derniers congrès mondiaux, dans le triptyque « Nouvelle époque, nouveau programme, nouveau parti », développé dans les textes de l’Internationale. Nous confirmons l’essentiel des choix faits lors de notre dernier congrès mondial en 2003 sur la construction de larges partis [anticapitalistes] à la gauche de la social-démocratie. La IVe Internationale est confrontée, de manière globale, à une nouvelle phase. Les militants, noyaux, courants ou organisations marxistes révolutionnaires doivent se poser le problème de la construction de formations politiques larges, [anticapitalistes, révolutionnaires] dans la perspective d’une nouvelle représentation politique indépendante des travailleurs. [Cela est vrai à l’échelle de chaque pays et à l’échelle internationale.] Sur la base de l’expérience de la lutte de classes, du développement du mouvement altermondialiste, des luttes de résistance et des mobilisation anti-guerre des dix dernières années, et en particulier sur la base des enseignements tirés de l’évolution du PT brésilien, de Refondation communiste en Italie, des débats de la gauche anti-libérale française, les marxistes révolutionnaires se sont engagés ces dernières années dans la construction du PSOL au Brésil, de Sinistra Critica en Italie, du Nouveau Parti Anticapitaliste en France, de Respect en Angleterre et de Die Linke en Allemagne. Dans cette perspective, nous avons aussi poursuivi les expériences de construction du Bloco de Esquerda au Portugal et de l’Alliance Rouge-Verte au Danemark. L’objectif commun, avec des voies différentes, est celui de larges partis [anticapitalistes] à la gauche de la social-démocratie. Il ne s’agit pas de reprendre les vieilles formules de regroupement des seuls courants révolutionnaires. L’ambition est de rassembler au-delà des seules forces révolutionnaires. Celles-ci peuvent être un point d’appui dans ce processus de rassemblement à condition qu’elles s’orientent clairement pour construire ces partis [anticapitalistes] larges de gauche. Même s’il n’y a pas de modèle, chaque processus de regroupement tenant compte des spécificités et rapports de forces nationaux, notre objectif doit donc être de chercher à construire des forces politiques larges de gauche [anticapitalistes] indépendantes de la social-démocratie et du centre-gauche, des formations qui rejettent toute politique de participation ou de soutien à des gouvernements de collaboration de classes : aujourd’hui, à des gouvernements avec la social-démocratie ou le centre-gauche. C’est sur la base d’une telle perspective que nous devons nous orienter. Ce que nous savons des expériences de décantation et de réorganisation en Afrique et en Asie pèse dans le même sens. C’est au travers de ce processus que nous pouvons connaître un nouvel essor. [C’est cette question qui doit cadrer le prochain congrès de la IVe Internationale.] Sur ce plan, nous avons tissé des liens de solidarité avec le PSOL brésilien, dans sa rupture avec le PT de Lula. Nous avons soutenu les efforts de nos camarades italiens pour construire une alternative anticapitaliste à la politique de la direction de Refondation communiste en Italie. (Déplacé du paragraphe 6)

6. [Voilà le cadre dans lequel nous devons aborder les rapports entre la construction de la IVe Internationale et une politique de rassemblement anticapitaliste à l’échelle nationale, continentale et internationale. Il faut discuter comment renforcer et transformer la IVe Internationale pour en faire un outil efficace dans la perspective d’un nouveau rassemblement international.] Nous devons également travailler pour permettre une meilleure compréhension et une meilleure coopération entre la gauche révolutionnaire et des organisations larges de gauche à un niveau international. Nous avons déjà commencé à faire, avec des résultats limités, il faut le reconnaître, des conférences de la gauche anticapitaliste ou d’autres conférences internationales. Sur le plan international, nous avons multiplié, sur cette base politique, les conférences et les initiatives de convergence et de rassemblement international : la constitution de la gauche anticapitaliste européenne (GACE-EACL), avec le Bloc de gauche portugais, l’Alliance Rouge et Verte danoise, le SSP écossais. Nous avons travaillé avec des organisations comme le SWP anglais. D’autres partis — même réformistes de gauche — qui ont eu à tel ou tel moment une évolution politique « à gauche », comme Refondation communiste d’Italie ou Synaspismos de Grèce, ont aussi participé à ces conférences. Nous avons tenu aussi des conférences internationales d’organisations révolutionnaires et anticapitalistes lors des forums sociaux mondiaux de Mumbai en Inde ou Porto Alegre et de Belém au Brésil. Ces quelques éléments montrent le type d’orientation que nous voulons mettre en oeuvre. Les différentes conférences tenues en 2008 et 2009 montrent ainsi les nécessités et possibilités d’action et de discussion communes d’un nombre important d’organisations et courants de la gauche anticapitaliste en Europe. Il faut maintenant continuer une politique de réunions et conférences ouvertes sur des thèmes de réflexion stratégique et programmatique et d’actions communes au travers de campagnes ou d’échéances de mobilisation internationale.■

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