Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 623 janvier 2016

VENEZUELA

Le processus bolivarien en temps de crise

Cf. aussi : [Venezuela]

Marea socialista*

La défaite électorale du parti de Chavez, sur fond de grave crive économique, est l'expression d'une colère populaire, du rejet d’une direction arrogante considérée comme la principale responsable des pénuries dont souffrent la population laborieuse.

Le 6 décembre 2015 a été l’expression électorale d’un processus bien plus profond et plus ample. Un processus social et politique de rupture, dont l’acteur principal est le peuple bolivarien, chaviste, ainsi que tout le peuple qui vit de son travail. Ce processus ne s’est pas arrêté à l’issue des élections. Bien au contraire, il prend actuellement son essor. Le vote sanction, l’abstention punitive et le vote nul n’ont été que l’instrument à la marge d’un processus souterrain, un processus qui a émergé à la surface et qui a pris la forme du « Sacudón, le bouleversement ».

Synthèse et articles Inprecor

Si ceux de la Mesa de la Unidad Democratica (1) prétendent que le résultat des élections législatives est un triomphe de son « modèle », ils feront directement face à ce mouvement social en gestation. Si la tête du gouvernement et le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) refusent d’interpréter ce qui s’est passé pour ce que c’est – une expression de colère, de rage populaire, de rejet d’une direction arrogante, considérée comme la principale responsable des pénuries dont souffrent les gens vivant de leur travail – et si elle maintient cette approche, elle prépare sa fin politique.

Une lecture correcte de ce qui s’est passé et de ce qui se passe dans le pays est indispensable pour éviter de jeter de l’huile sur le feu d’une crise sociale et économique, qui pourrait se transformer en crise humanitaire. Une crise entrant dans un scénario politique d’incertitude dont l’éclatement s’approche de plus en plus. Jusqu’à maintenant elle a trouvé une voie de décompression grâce à la soupape électorale. En revanche, si on ne trouve pas de solution aux graves problèmes qui affectent le pays, si l’on entend aggraver la situation jusqu’au point de la transformer en conflit ouvert entre les pouvoirs institutionnels, si les deux directions politiques continuent de se diriger vers l’affrontement, nous entrerons sur un terrain très dangereux, un champ miné.

Le peuple a parlé. Il a dit bien plus de choses que ce qu’expriment les résultats électoraux. Il a affirmé qu’il rompait avec la discipline aveugle, imposée. Qu’il rejetait le clientélisme, la corruption et l’arrogance. Qu’il souhaite des solutions à la crise et non des menaces. Qu’il ne supportera plus les mensonges et la manipulation. Le peuple a parlé, annonçant qu’il veut des solutions, qu’il veut participer et qu’il veut être l’acteur principal.

Que se passe-t-il au sein du chavisme ?

La nuit du 6 décembre, tous les barrages construits sur les mensonges ont débordé. Les huit millions d’inscrits dans les « 1x10 comandados » par le maire Jorge Rodríguez (2) se sont révélés n’être que cinq millions et demi dans la froide réalité du Conseil national électoral (CNE).

Les 98 députés du PSUV-GPP (Gran Polo Patriótico Simón Bolívar) de 2010 sont passés à 55. L’effondrement électoral a été général dans l’ensemble du pays. Même là où le PSUV a gagné, il a perdu plusieurs dizaines de milliers de suffrages. Lors de ces élections, plus de trois millions de chavistes qui, en avril 2013, ont élu président Nicolás Maduro se sont opposés, ont voté nul (3) ou se sont abstenus.

En outre, depuis plus d’une semaine, sur le seul média qui n’est pas domestiqué par le chavisme, le site Aporrea.org, on pouvait lire des dizaines d’articles d’opinion appelant la direction à reconnaître ses responsabilités. Plusieurs dizaines d’autres articles, signalant les causes de la défaite, s’accordent à rendre le gouvernement responsable de la crise économique ou bien soulignent son incapacité à remporter la « guerre économique ». Des dizaines d’autres ont demandé la démission ou le renvoi de tous les ministres et dirigeants du parti. D’autres encore exigent que l’on mette un terme à la corruption et que des mesures soient prises pour répondre à la crise. Enfin, certains rejettent la bureaucratie et réclament un progrès dans la mise en œuvre d’une nouvelle forme de gouvernement.

Ce débat ne s’est cependant pas limité aux articles d’opinion puisqu’il s’est étendu avec force au sein de la base populaire. On compte par dizaines les assemblées, rencontres, réunions et discussions qui se déroulent entre les militant·e·s du processus bolivarien dans l’ensemble du pays. Au-delà de son caractère spontané ou dirigé, on y entend la musique de la critique qui, après avoir été mise sous silence et pourchassée par le parti et le gouvernement, se fraie un chemin. On y interroge l’inefficacité, la corruption, les maltraitances. On y rejette la manière de diriger le parti et de choisir les candidats. On y dénonce la fuite des suffrages que provoque la candidature de dirigeants et de hauts fonctionnaires, on y exige des audits, des mesures contre la crise et un changement du modèle productif. On revendique une participation élargie du peuple, son rôle d’acteur et plus de démocratie. On y dénonce la complicité des organismes de contrôle de l’État dans l’inflation et les pénuries scandaleuses.

Les directions, engagées dans leurs conflits de factions au pouvoir, le couteau entre les dents, n’arrivent toujours pas à comprendre ce qui se passe au sein du chavisme profond. Ils parlent d’un pouvoir populaire dans lequel ils ne croient pas. Ils poursuivent leur politique clientéliste et brandissent des menaces. Ils continuent de croire que l’on peut tout manipuler depuis les sommets. Ils ne parviennent pas à identifier ce qui se passe réellement, parce qu’ils sont incapables de le faire.

Au sein du chavisme de base, autant dans celui qui s’est exprimé par un vote sanction ou l’abstention que parmi celui qui continue à soutenir le PSUV-GPP, souvent en se pinçant le nez, les vannes d’une rébellion contre les directions qui ont échoué se sont ouvertes.

Les dangers à brève échéance

À l’inertie propre d’une crise économique aux caractéristiques inédites pour le pays, avec un prix du pétrole au plus bas depuis une décennie, s’ajoute l’impact politique du nouveau scénario institutionnel qui a surgi de ces élections. Cette dynamique d’affrontement au sommet pour le contrôle total de l’État rentier accélérera la profondeur de la détérioration du niveau de vie des populations les plus exposées, de ce peuple qui vit de son travail. La situation atteindra des niveaux intolérables.

Si, dans ce contexte, l’irresponsabilité des sommets conduit à de l’aventurisme, la coupure entre la direction et la base du processus sera irréversible. Et ces dirigeants remettront à l’adversaire, sur un plateau d’argent, non seulement le résultat d’une élection, mais l’ensemble du processus.

De même que nous nous opposerons à toute tentative de la droite d’utiliser le nouveau rapport de forces au sein de l’Assemblée nationale pour s’en prendre aux droits acquis par le peuple, en violation de la Constitution, nous n’approuverons en aucune manière qu’après avoir lancé un appel démagogique au « pouvoir populaire » (4), que nous défendons, on entende imposer un parallélisme artificiel, en fonction des intérêts de la bureaucratie, qui aggraverait encore plus la crise grave que nous traversons.

Au sein de l’espace bolivarien, parmi ses bases et ses cadres véritablement préoccupés par le déroulement des événements, il est important de comprendre :

• Qu’il y a, pour l’instant, un changement des rapports de forces ;

• Que la direction du parti et le gouvernement ont conduit le « processus » dans une impasse où il a reçu un coup dur ;

• Que, si le processus n’a pas été mis en échec de manière définitive, dominent aujourd’hui la confusion et la nécessité de débattre d’un plan d’action qui aboutisse à un nettoyage complet des directions corrompues et autoritaires ;

• Que face à l’échec de l’actuelle direction, on s’oriente vers la reconstruction d’une direction alternative.

Il est indispensable de cesser la propagande vide et la fausse polarisation. Il est temps de revenir à la politique et développer des initiatives de lutte – qui ont un rapport avec les problèmes réels des travailleurs et qui permettent de gagner en force – afin de limiter la crise et de renverser la situation présente.

Front de lutte pour imposer aux directions l’engagement d’affronter la crise. Cinq mesures urgentes

La cause principale à l’origine de ces résultats électoraux et du processus qui les a alimentés, réside dans l’incapacité flagrante, démontrée par le gouvernement, de résoudre la crise économique qui affecte le peuple travailleur, les masses populaires. La détérioration du niveau de vie de la population est alarmante. Elle menace de s’approfondir. Mais ce n’est pas cette préoccupation qui occupe l’esprit des directions politiques. Tandis que le gouvernement annonce que, cette fois-ci, la révolution économique se fera et alors que la MUD prépare une attaque graduelle et masquée contre les conquêtes encore en vigueur obtenues par le processus bolivarien, la crise détériore jour après jour la qualité de vie de notre peuple.

Pour affronter la crise, nous appelons tous les mouvements sociaux, les syndicats, les mouvements de travailleurs, les conseils communaux, les organisations du pouvoir populaire, les Communes (5) réellement existantes, les organisations culturelles et de jeunesse, à construire un Front uni de lutte. Son but : un plan d’action qui imposera aux directions un engagement public, dont le respect doit être contrôlé par la société, d’appliquer un programme d’urgence minimum pour limiter la crise. À notre avis, ce Front uni de lutte devrait exiger les cinq éléments suivants :

1. Limiter le pillage de la nation. Pour un audit public et citoyen.

Divers acteurs du processus bolivarien ont démontré le pillage dont souffre la nation. L’ampleur de l’escroquerie met en cause un ensemble de hauts fonctionnaires de l’État, ainsi que d’importants entrepreneurs et banquiers. Sans une décision claire, il est impossible de mettre fin à cette pratique et de trouver un point d’appui pour dépasser la crise.

L’une des pratiques les plus communes de ces malversations réside dans le mécanisme de surfacturation des importations et d’entreprises factices importatrices (6). Nous proposons comme première étape de cet audit public avec participation citoyenne, un audit immédiat des 100 plus importantes firmes, qui ont reçu des dollars au cours de toute la période de contrôle des changes. Cela permettra de déterminer l’ensemble des responsabilités.

Un autre audit urgent : celui des revenus et la destination des dollars tirés de la vente du pétrole. Ainsi que sur la gestion économico-financière de PDVSA (7).

L’ampleur du vol, rendu public, donne froid dans le dos. Cela n’a jamais été démenti par les autorités. Au contraire, elles l’ont souvent accepté. De son côté, la direction de l’opposition parle également de corruption mais, bien sûr, sans fournir de données ni de preuves. Nous pouvons considérer que cette corruption relève d’une conduite commune, d’un schéma mafieux de l’accumulation de capital.

Pour cette raison les entreprises soumises à l’audit doivent se voir appliquer le principe juridique d’inversion de la charge de la preuve, lequel se fonde sur la présomption de culpabilité et oblige l’entreprise soumise à l’enquête à prouver son innocence. Le même principe doit être appliqué aux fonctionnaires de haut niveau, responsables de l’assignation de ces devises.

2. Impunité zéro pour la grande corruption.

En parallèle des affaires obscures des banques et des entreprises, il est incontestable que des fonctionnaires du plus haut niveau du gouvernement sont impliqués dans les vols et les malversations. Rafael Isea (8) et Alejandro Andrade (9)… ce ne sont que deux noms qui mettent à nu la corruption qui saigne les ressources du pays. Des fonctionnaires du gouvernement, dont les preuves de corruption sont apparues après qu’ils ont abandonné le pays et joui de ce dont ils ont volé. Manifestement, cela suppose l’existence d’un accord de complicité et d’impunité, générant ainsi une matrice qui alimente, encourage et stimule les pratiques criminelles. Nous devons exiger une enquête immédiate sur tous les fonctionnaires à la tête de charges importantes dans le domaine financier afin d’éviter ces fuites. Enquêter sur leurs biens, leurs comptes, leurs investissements, etc. ainsi que sur ceux de leur famille et amis proches. Les sanctions doivent être exemplaires.

3. Garantir la fourniture d’aliments et de médicaments.

L’engagement national que nous exigeons des directions et en faveur duquel nous appelons à la lutte, doit avoir comme point prioritaire la fourniture de biens essentiels. Actuellement, le ravitaillement d’aliments et de médicaments doit être considéré comme la première des priorités. Cette composante du plan d’urgence doit primer sur le paiement de la dette externe ainsi que sur le reste des investissements de l’État, comme le FONDEN (Fonds national pour le développement) et sur les Accords internationaux. Cet engagement national doit être assumé publiquement par toutes les forces politiques ayant des élus, sous strict contrôle citoyen et social de sa réalisation.

4. Un salaire qui correspond au coût du « panier de base », article 91 de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela (10).

Nous revendiquons en premier lieu que les institutions qui sont responsables de présenter les statistiques nationales se conforment à la Constitution et qu’elles publient à nouveau les indicateurs de notre économie (11). Aucun pays ne peut élaborer une réponse à une crise aussi grave en dissimulant les chiffres véritables.

Nous savons, comme l’indiquent de nombreuses sources officieuses en provenance de la Banque centrale du Venezuela, que l’inflation atteindra cette année 220 % et que ce chiffre sera dépassé l’année prochaine. Des enquêtes particulières démontrent que le panier alimentaire d’une famille approchait en octobre dernier les 70 000 bolivars (BsF), alors que le salaire minimum intégral atteint à peine 15 000 BsF (12).

Pour les familles populaires, cette situation est devenue insupportable. Par conséquent, l’un des points centraux de la lutte à laquelle nous appelons est de revendiquer qu’en partant d’une égalisation du salaire minimum avec le panier alimentaire, débute le chemin qui aboutira à un établissement d’un salaire minimum égal au panier de base, ainsi que le stipule l’article 91 de la Constitution.

5. Défense de tous les droits et garanties démocratiques, sociales, politiques et économiques établies par la Constitution.

Les chambres du commerce et les députés élus par l’opposition font entendre des messages inquiétants quant à une modification de droits acquis, tels que la loi organique du travail (LOTTT). Il en va de même des sommets du gouvernement, dont les pratiques antidémocratiques et autoritaires menacent et violent dans les faits ces mêmes conquêtes, droits et garanties établis par notre Constitution.

Le Front uni de lutte que nous proposons doit également obtenir un engagement minimum des directions en ce qui concerne l’ensemble de ces droits et garanties. Un élément fondamental est celui des droits démocratiques : liberté d’expression, de circulation, de réunion, d’organisation sociale et politique. Il faut garantir l’interdiction des détentions et des sanctions pour des prétendus délits d’opinion ainsi que pour motifs politiques, sans que cela implique une impunité des crimes contre le peuple et le patrimoine public ainsi que pour tout ce qui relève des délits de lèse humanité. Les institutions policières et de renseignement ont obtenu une incroyable autonomie face aux citoyens, elles les effrayent et les poursuivent sans respecter la loi, elles doivent être placées sous contrôle public.

Ces mesures sont urgentes. Nous ne faisons pas confiance aux élites pour qu’elles nous les octroient ou les réalisent. Leur seul but est de lutter pour le pouvoir afin de maintenir ou de conquérir les privilèges que leur offre l’État rentier ainsi que leurs amis. C’est pour cela que nous appelons à lutter dans l’unité pour imposer, contrôler et préserver ces conquêtes.

Il est, en outre, nécessaire d’ouvrir et d’approfondir, là où il a lieu, un grand débat national sur le modèle productif. Celui-ci ne peut rester uniquement aux mains des dirigeants ou des experts. Il faut mettre en œuvre tous les mécanismes constitutionnels ainsi que les instances de participation qui font partie de la tradition de notre peuple, afin de réaliser un tel débat.

Les différentes propositions qui surgissent de ce débat doivent être soumises à un référendum afin que le peuple, qui participe et qui discute également, décide sur l’ensemble de ces thèmes.

Il est temps de bâtir une alternative politique

L’effondrement électoral du PSUV-GPP démontre l’inutilité du sectarisme, liquide le mythe de l’infaillibilité des appareils et vide de substance l’exigence d’une fausse unité, qui ne fonctionne que sans démocratie, sans critique ni débat, sous les ordres des dirigeants qui ne se trompent jamais. Le mépris envers la créativité du peuple dans l’action démocratique est l’une des raisons à l’origine de cet effondrement.

La volonté d’interdire ou d’exclure de représentation politique des courants du processus comme Marea socialista a un seul nom : l’autoritarisme. Des courants de pensée et de propositions existent au sein de notre peuple. Que cela plaise ou non aux sommets.

Pour cela, malgré les persécutions, la répression et les menaces ainsi que la violence exercée contre nos camarades, Marea socialista a obtenu dans cette lutte inégale son droit d’exister et va l’exercer. Nous ne nous rendons pas, nous ne trahissons pas nos idées et nous ne nous vendons pas.

Nous nous préparons actuellement à réaliser la décision de notre première conférence nationale ouverte réalisée à Parque Central, à Caracas, en juillet 2014. Nous nous dirigeons vers un nouveau pas de notre processus constituant vers la fin du premier trimestre de l’année 2016, ce qui implique la tenue de dizaines d’assemblées constituantes régionales, au niveau de l’État, des municipalités et des quartiers ainsi qu’une grande Assemblée constituante nationale de Marea socialista.

Nous savons que nous ne sommes pas seuls… Nous connaissons nos faiblesses et nos limites… Nous avons testé notre propre force et nous sommes conscients que nous devrons affronter de nombreuses épreuves. Mais c’est parce que nous en sommes convaincus que nous faisons partie de ce processus émergeant qui parcourt aujourd’hui le peuple vénézuélien qui vit de son travail : nous lançons un appel à parcourir ensemble ce chemin à tous ceux qui aspirent à construire, de concert, une alternative politique, autonome par rapport à la bureaucratie et au capital – aux personnalités, aux dirigeants, aux collectifs et aux groupes. ■

* Marea socialista (Maréee socialiste) est un courant politique et syndical marxiste-révolutionnaire, observateur dans la IVe Internationale, qui était entré dans le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) lors de la fondation de ce parti et en est sorti en mai 2015, à la suite de « l’étouffement » exercé par les sommets du PSUV. Nous reproduisons ici l’éditorial n° 11 de l’Équipe opérationnelle nationale de Marea socialista – issu du débat du 12 décembre 2015 de la Coordination nationale de l’organisation avec la participation des directions des équipes d’initiatives de l’ensemble du pays – publié le 18 décembre 2015 sur le site http://mareasocialista.com.ve/?p=394 (Traduit de l’espagnol et publié d’abord en français par la revue électronique À L’Encontre le 21 décembre 2015 : http://alencontre.org).

Notes

1. Mesa de la Unidad Democratica (MUD, Table d’unité démocratique) est une coalition de partis politiques de la droite, opposée aux avancées sociales de la révolution bolivarienne, qui a été fondée officiellement en janvier 2008, mais qui existe en pratique depuis 2006.

2. Jorge Rodríguez, maire de la ville de Libertador dans le district fédéral de Caracas, a été le chef de la campagne électorale du PSUV. Le 5 décembre il a annoncé à la télévision de l’État que 8 001 138 personnes s’étaient inscrites dans les équipes militantes, appelées « 1x10 comandados ».

3. Le nombre de votes nuls est estimé à 1,5 million.

4. Cette perspective a été confirmée par Diosdado Cabello, qui a affirmé la création d’un « pouvoir communal » parallèle qui « traduirait directement la volonté des bases ». Diosdado Cabello, n°2 du régime, mais en réalité son n°1, président sortant de l’Assemblée nationale, a défendu le 16 décembre la création d’un « Parlement communal », un organe parallèle qui siégera dans une salle voisine de l’Hémicycle. Selon lui, « Le Parlement communal est une subversion pacifique contre un parlement bourgeois, Ils croient qu’ils vont gouverner sur les décombres de notre patrie, mais ils ne vont ni gouverner ni voir ces ruines. »

5. Au Venezuela, les communes sont régies par la loi organique des communes et par la loi organique du système économique communautaire. Cependant, dans l’actuelle Constitution de la République bolivarienne aucun article ne se réfère à la commune en tant qu’institution valide de la légalité constitutionnelle. Cela affaiblit le statut juridique des communes. Dans son programme de gouvernement pour la période 2013-2019, le président Chávez a expliqué que le système économique communal devait être développé à travers des formes diverses d’organisation socio-productives, telles les entreprises de propriété sociale, des unités familiales, des regroupements d’échanges solidaires et d’autres formes de travail associé.

6. Ces entreprises factices permettent d’accumuler des dollars obtenus à un taux de change préférentiel.

7. La PDVSA est l’entreprise étatique d’extraction pétrolière.

8. Rafael Isea, ancien ministre des finances, gouverneur d’Arangua et, pour quelques mois en 2013, président de la banque de l’ALBA, est accusé d’avoir détourné plusieurs millions de fonds publics.

9. Alejandro Andrade, ancien garde du corps de Chávez, à la tête de diverses administrations publiques et banques, a été mis en cause par la publication des listes Falciani de la banque HSBC à Genève.

10. Article 91 de la Constitution : « Tout travailleur ou travailleuse a droit à un salaire suffisant qui lui permette de vive dignement et de couvrir pour lui et sa famille les nécessités matérielles, sociales et intellectuelles fondamentales. Le principe d’un salaire égal pour un travail égal est garanti et la participation qui doit correspondre aux travailleurs et travailleuses aux bénéfices de l’entreprise sera déterminée. Le salaire ne peut être saisi et sera payé régulièrement et en temps voulu en monnaie au cours légal, à l’exception de l’obligation alimentaire, conformément à la loi. L’État garantira aux travailleurs et travailleuses du secteur public et privé un salaire minimum vital qui sera ajusté annuellement, en prenant en compte comme l’une des références le coût du panier de base. La loi établira la forme et la procédure. »

11. Par exemple, les données sur l’inflation ne sont plus publiées.

12. « Le prix du panier alimentaire familial (Canasta alimentaria familiar, CAF) se situait à 69 868,08 bolivars en octobre 2015, ayant augmenté de 7 970,17 BsF, soit une augmentation de 12,9 % par rapport au mois de septembre et de 365,6 % entre octobre 2014 et octobre 2015. Selon ces données, fournies par le Centre social de documentation et d’analyses de la Fédération vénézuélienne des enseignants (CENDAS-FVM), il faut 9,4 salaires minimum pour acquérir le panier pour une famille de cinq personnes.  » (http://informe21.com/economia/canasta-alimentaria-de-octubre-roza-los-70-mil-bolivares).

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