Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 500 décembre 2004 *

Congrès Marx international

Cf. aussi : [Marxisme]

Eustache Kouvélakis

La quatrième édition du Congrès Marx International, (29 septembre — 2 octobre 2004), permet de donner une vue sur la conjoncture du marxisme, en France et au-delà. Avec plus de 350 communications présentées dans une centaine d’ateliers et de séances plénières, le Congrès n’a sans doute pas d’équivalent en Europe, du moins dans la sphère universitaire. Par la provenance des intervenants et du public (originaires de la plupart des pays d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Amérique latine et d’Asie du Sud ), il mérite pleinement son titre d’" International ", malgré la sous-représentation de nombreuses aires géo-culturelles (Afrique et monde arabe pour ne mentionner que les principales). Le Congrès lui-même se structure autour d’une douzaine de " pôles " disciplinaires et/ou thématiques (de l’économie ou de la sociologie aux rapports sociaux de genre, au socialisme ou à l’écologie).

En 1995, le premier Congrès Marx International avait suscité de nombreux commentaires, notamment médiatiques, sur le " retour à Marx ", à quelques mois du mouvement social de décembre. Cette année, comme l’ont relevé de nombreux observateurs, notamment les journalistes de l’Humanité (dont il faut mentionner la qualité de la couverture accordée à l’événement), le cru a été marqué par un public plus nombreux et, fait sans doute le plus marquant, plus jeune. L’évolution de la thématique indique une immersion croissante dans la conjoncture politique, illustrée par le thème de cette dernière édition, " guerre impériale, guerre sociale ", qui a largement traversé les débats.

Il convient cependant de signaler des faiblesses, chroniques ou plus récentes. D’abord, le Congrès est le reflet des lignes de force de ce que l’on pourrait désigner la " géo-politique " du marxisme, ou de ce type de marxisme (universitaire pour l’essentiel), et qui se traduit par un large " occidentalo-centrisme ". Puis, du point de vue " franco-français ", à l’exception de l’Humanité, le Congrès a été quasiment ignoré par la presse militante. A cette articulation (partiellement) lacunaire, s’ajoute un problème, qui ne cesse de s’aggraver, de moyens matériels, qui fait douter de la capacité et de la volonté de l’institution universitaire d’accueillir, voire simplement de tolérer, ce type d’événement, fût-ce (comme c’est le cas) dans ses marges.

Notes

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