Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 607-608 août-septembre 2014 *

ÉTAT ESPAGNOL-CATALOGNE

11 septembre et 9 novembre : le moment de vérité

Cf. aussi : [Espagne] [Josep Maria Antentas]

Josep Maria Antentas*

Photothèque Rouge/MILO

Photothèque Rouge/MILO

Il n’y a aucun doute. Le moment de vérité approche. Lequel ? Les prochains mois vaudront des années. Pour le meilleur ou pour le pire. Ou bien ils marqueront une accélération et un point de basculement irréversible vers la rupture du cadre institutionnel créé en 1978 par l’adoption de la Constitution post-franquiste, ou bien ils verront l’effondrement du processus qui a débuté en 2012, laissant derrière lui un héritage de cynisme et de frustration sans pareil.

Les premières mesures de la partition qui va se jouer dans les semaines à venir paraissent claires. Après la mobilisation du 11 septembre (1), le gouvernement de la Generalitat de Catalogne dirigé par Artur Mas approuvera la Ley de Consultas (loi portant sur le vote sur l’indépendance) et, à partir de là, il signera le décret de convocation à la consultation, qui sera, selon toute probabilité, suspendu par le Tribunal constitutionnel.

C’est là que l’on se trouvera face à deux options. Soit maintenir jusqu’au bout la poussée de désobéissance démocratique qui, elle seule, donnera des ailes au processus indépendantiste et usera l’État ; soit faire marche arrière. Cette deuxième option débouche sur différentes possibilités allant de la recherche d’autres voies à court terme pour que permettre l’exercice démocratique du droit à décider jusqu’aux tentatives de renvoyer le processus sine die.

Respecter la décision du Tribunal constitutionnel, comme cela semble être la volonté de Mas – en dépit de ses grands gestes – serait une erreur stratégique de premier ordre. Un très mauvais signe. Défendre la consultation à tout prix doit être le premier pas de cet étape. Désobéir à une interdiction injustifiable et inexplicable, non seulement en dehors du cadre de l’Etat espagnol, mais aussi devant une partie considérable de l’opinion publique espagnole, est le défi principal des forces démocratiques catalanes.

L’Assemblée nationale catalane (ANC) et ceux qui dirigent le mouvement indépendantiste devraient parier clairement sur cette option et ne pas accepter la politique des plans B au contenu incertain. Face à l’évidence qu’il n’en va pas ainsi, il revient aux forces de gauche d’être les principaux défenseurs et protecteurs de la consultation. Au moment de vérité, il ne devra y avoir aucun doute sur qui s’est battu jusqu’au bout pour le droit de décider.

Unité ? Quelle unité ?

Il sera fondamental, dans cette situation, que se maintienne au cours des prochains mois un bloc unitaire le plus large possible de ceux qui sont partisans de la consultation. Une unité qui ne peut, cependant, être à la remorque du gouvernement d’Artur Mas. Elle doit entretenir une pression forte sur ce dernier et viser à le déborder. Il ne faut laisser aucune faille permettant une retraite ou autorisant un renvoi pour la énième fois de ce moment clé, ce qui reporterait indéfiniment le processus en cours, du moins si l’on souhaite qu’il ne perde pas de sa force, car il ne pourra se maintenir dans la durée.

L’unité en défense de la consultation ne doit pas être confondue avec le mantra de l’unité patriotique qui soumet toutes les contradictions sociales à la question nationale et qui est utilisé pour désactiver la résistance contre les politiques d’austérité. Le scandale Pujol (2) devrait servir d’avertissement définitif pour tous ceux qui défendent encore cette politique sur la base de bonnes intentions. Les problèmes sont chez nous, pas seulement de l’autre côté de l’Ebre.

La justification d’une stratégie indépandantiste déconnectée des revendications sociales est fondée sur l’argument qu’il faudrait, d’abord, avancer tous ensemble vers l’indépendance, pour ne pas nous diviser et nous affaiblir. Ensuite, nous discuterions de quel type de Catalogne nous voulons. Il y a plusieurs points faibles dans cette argumentation.

1° L’unité en faveur du droit à décider n’est pas incompatible avec le fait que tout un chacun puisse défendre son modèle de pays.

2° Un indépendantisme sans contenu social se montre incapable de se lier à une partie importante de la société catalane, les couches populaires, les travailleurs, qui s’identifient moins au catalanisme.

3° Aujourd’hui, ici et maintenant, nous faisons déjà face à un modèle de pays et ceux qui le dirigent le définissent jour après jour par les coupes budgétaires, les licenciements et les expulsions de locataires. Une Catalogne existe déjà, celle du pouvoir financier, la Catalogne de Mas. Pourquoi faudrait-il reporter dans le temps la défense de notre Catalogne ? Pourquoi, nous qui voulons une Catalogne sans coupes budgétaires, sans licenciements, sans expulsions de logement devrions-nous reporter nos propositions ? Peut-être ne faudrait-il pas revendiquer la même chose face à ceux qui font des coupes budgétaires, expulsent et licencient ? Il ne faudrait pas, alors, exiger que l’austérité, les licenciements et les expulsions soient également reportés en faveur de l’unité de tous ? Il n’y a aucun doute : ces trois éléments divisent la société catalane. Mais ils bénéficient à certains, et c’est ce qui compte finalement.

4° Il ne faut jamais oublier que dans un processus de transition, celui qui le contrôle détermine ce qui vient ensuite ; et que les rapports de forces entre acteurs sociaux n’y sont jamais égaux. Les concessions et les démobilisations d’aujourd’hui ne peuvent jamais se rattraper plus tard.

La subordination des revendications sociales et des transformations sociales ainsi qu’économiques aux revendications politiques a une longue tradition d’échecs dans la trajectoire de mouvements populaires de tout type. L’histoire est remplie de révolutions par étapes au sein desquels après l’étape démocratique, l’étape sociale n’arrive jamais et disparaît dans l’espace-temps des rêves brisés. Il n’y a pas besoin de remonter très loin : paradoxalement, le discours « d’abord l’indépendance, ensuite le reste » ressemble étonnamment à l’argument entendu lors de la Transition (post-dictature franquiste) « d’abord la démocratie, ensuite les droits sociaux ». Argument qui a servi à justifier les renoncements et les concessions sur lesquelles on n’a jamais pu revenir. En politique, les promesses pour l’avenir n’existent pas, elles sont aussi illusoires que fugaces. Profiter du moment opportun, de la conjoncture adéquate, est la base de tout mouvement revendicatif. Ce qu’on n’obtient pas aujourd’hui, personne ne peut le garantir pour plus tard. Mais n’oublions pas l’adage selon lequel l’être humain est le seul animal qui trébuche deux fois sur la même pierre…

L’unité nationale, en outre, loin d’être une politique conjoncturelle, finit par se transformer en une stratégie permanente qui, une fois que l’on s’y engage, n’offre pas de porte de sortie. Si l’on accepte aujourd’hui l’argument « d’abord l’indépendance, ensuite le reste », il faudra ensuite accepter, dans l’hypothèse d’une Catalogne indépendante, l’austérité imposée par l’Union européenne. « Restez tranquille, il faut faire des sacrifices pour que la Troïka nous reconnaisse, mais plus tard nous retrouverons nos droits perdus », tel sera le prochain argument. Il y a toujours une bonne excuse pour renvoyer à plus tard les politiques de redistribution et la conquête de nouveaux droits.

Le paradoxe de la situation est que, en dépit du fait que lors des grandes mobilisations du 11 septembre 2012, 2013 et celle qui est en préparation pour cette année, la revendication nationale est séparée explicitement du social, celui-ci est présent de manière latente. La plupart de ceux qui revendiquent l’indépendance le font parce qu’ils pensent qu’elle sera synonyme de plus de démocratie et de plus d’égalité. C’est là précisément ce qui permet de tirer le fil en faveur d’un processus constituant partant d’en bas et participatif qui, souvenons-nous en, ne figure en aucune manière à l’agenda officiel.

Au sein du processus indépendantiste s’entremêle un double conflit. Le premier, à la superficie, réside dans le choc institutionnel entre l’appareil étatique central et le gouvernement catalan. Un deuxième, plus profond, consiste en l’opposition entre la politique de la rue, de la participation et la démocratie réelle, d’un côté et, de l’autre, la politique d’en haut. Ce type de conflit oppose ouvertement le mouvement populaire catalan à Mariano Rajoy (3). Mais aussi, moins ouvertement, à ceux qui veulent gérer, dans le meilleur des cas, le droit à décider du haut vers le bas, en gardant le processus sous contrôle, comme un simple acte ponctuel, cela à l’opposé d’une logique constituante et de démocratisation. Il faut contester une double raison d’État, celle de l’État espagnol réellement existant et celle de l’État catalan inexistant. Les deux possèdent un potentiel anesthésiant. Les combattre exige de s’affronter ouvertement à la première, sans se laisser instrumentaliser par la seconde.

Crise politique et reconfigurations

Sous l’impact conjugué des politiques d’austérité et du processus indépendantiste, le système catalan traditionnel des partis s’est autodétruit. Ses deux grands piliers – CiU et le PSC (4) sont en crise. Le deuxième, sans aucune crédibilité autant sur le plan social que national, glisse sur la pente du non-retour dont l’aboutissement porte un nom : PASOK (5). Le premier, bien qu’il se trouve dans une meilleure position, souffre d’une usure irréversible, parce que l’austérité le fracture et parce que sa crédibilité concernant le processus indépendantisteest relative.

À la différence du système de partis de l’État espagnol (6), où le Parti populaire et le PSOE sont en chute mais n’ont été dépassés par aucune force émergente – bien que les deux sentent derrière eux le souffle de Podemos (7) –, en Catalogne, la crise de CiU et du PSC est plus profonde. Ces deux derniers partis ont perdu le leadership politico-électoral. Mais, en raison de la centralité du débat sur la question nationale, celui qui bénéficie de la crise politique, ERC [Gauche républicaine catalane], est une force qui incarne un projet de rupture sur le plan national, mais se situe dans la continuité au plan de l’économie. Ce n’est pas une force contre l’austérité comme l’est Syriza en Grèce ou Podemos dans l’État espagnol. C’est là le grand paradoxe de la crise politique catalane.

Dans ce contexte, il est indispensable de construire une vaste alternative politique, indépendantiste et opposée à l’austérité. La proposition défendue par le Procés Constituent d’Arcadi Oliveres et Teresa Forcades depuis avril 2012 est, en ce moment, plus nécessaire que jamais. Face au déclin de CiU et du PSC et face à l’ascension d’ERC, il manque un acteur nouveau qui puisse se transformer en point d’appui de la vie politique catalane et incarner la critique des politiques d’austérité et de la politique traditionnelle, telle qu’elle a éclaté le 15 mai 2011 (8).

Ni ICV-EUiA (9), ni Podem (10), ni la CUP (11), ni même Procés Constituent, n’ont la force de se convertir chacun de son côtéen une alternative qui puisse déstabiliser à gauche la vie politique catalane. C’est donc le moment d’envisager des formules de convergence et de travail commun. Mais, attention, un nouvel acteur de ce type ne pourra pas être uniquement une addition de sigles. Il exige à la fois une convergence de personnes non organisées et d’organisations existantes. Et, encore plus important, cela exige qu’une telle « formation » incarne une rupture nette avec la politique traditionnelle et la culture institutionnelle qui a fait tant de dommages à la gauche, de la Transition jusqu’à aujourd’hui. Sans aucun doute, le neuf et la rupture doivent prédominer dans tout futur bloc et proposition de convergence.

Ce n’est que dans la mesure où il sera possible d’élaborer un tel instrument politique nouveau que la crise du système politique catalan traditionnel sera achevée et aura cédé le passage à un système de partis original. Ce serait un désastre si, sur les débris de CiU et du PSC, n’apparaissait aucune force disposant d’un poids social, électoral et institutionnel ayant un projet pour le pays qui ne passe pas par l’obéissance à la finance et à la Troïka, et si la nouvelle hégémonie d’ERC était facilitée, non contestée par une gauche fragmentée en multiples options, sans vocation à s’affirmer majoritaire. Pour la première fois depuis des décennies, ceux qui désirent non seulement un changement politique, mais aussi un changement de modèle économique et social ont la possibilité de jouer un rôle important dans la politique catalane. C’est une chose qui n’arrive pas souvent. C’est une chose qui était inimaginable il y a trois ans. C’est une chose qu’il est encore difficile de croire. Laisser passer ce type d’occasion aurait un prix, à la longue, bien plus élevé que les apparents sacrifices et difficultés rencontrées, à brève échéance, dans le processus de construction de convergences.

Dedans et dehors

La consultation du 9 novembre 2014 est loin d’être une affaire purement catalane. À l’opposé de ce que croit le sens commun majoritaire au sein de l’indépendantisme catalan, ce qui se passe hors de Catalogne est déterminant.

Sans allié à l’extérieur, l’exercice du droit à décider est bien plus complexe et la pression à l’unité avec les patriotes dont l’argent est placé à Andorre est bien plus forte. Et, en revanche, contrairement à ce que pense une bonne partie de la gauche espagnole, le processus indépendantiste catalan, loin d’être une obsession de casse-pieds dérangés, une cause suspecte dont on ne préfère pas parler, c’est, tout bien réfléchi, une occasion fabuleuse de flanquer un bon coup au navire mal en point de la Transition. Une occasion unique pour ouvrir une voie d’eau définitive sur l’Hispanic.

Il faut le dire et le répéter : ceux qui veulent faire obstacle au droit de décider du peuple catalan le 9 novembre sont les mêmes qui n’ont pas laissé le peuple espagnol décider entre la monarchie et la République, les mêmes qui diminuent les budgets de la santé et de l’éducation, qui donnent la priorité à la protection des banques plutôt qu’à celle des familles, et qui se couvrent mutuellement dans les affaires de corruption.

Bien que cela ne soit malheureusement pas explicitement formulé et compris, il y a beaucoup de points d’intérêts communs entre un grand nombre de ceux qui exigent l’indépendance de la Catalogne et ceux qui s’opposent au bipartisme du PP-PSOE et aux politiques que mènent ces deux partis. Si Rajoy (et le PSOE de Pedro Sanchez, nouveau leader) perdent le bras de fer catalan, leur autorité dans tout l’État sera affaiblie. La sensation de naufrage sera généralisée.

C’est précisément sur la base de cette double compréhension stratégique, en Catalogne comme à l’extérieur de la Catalogne, que doit naître le germe d’une volonté de libre cohabitation et de bon voisinage ainsi que d’une alliance entre peuples souverains face au pouvoir financier national et international. Contrairement aux passions à l’œuvre, il ne faut pas aborder la question nationale du point de vue identitaire ou émotif, mais plutôt démocratique et stratégique. C’est là que réside la clé pour ne pas se perdre en chemin, se tromper d’amis et d’adversaires, se tromper sur les priorités et, ainsi, faire le jeu de ceux qui veulent que rien ne change ou qui veulent que tout change pour que tout reste semblable.

Personne ne sait ce qui se passerait dans le cas d’un choc frontal entre les institutions de l’État espagnol et les Catalans. Personne ne peut voir clairement les résultats d’une collision frontale. Mais une bonne secousse ne peut pas faire de bien au régime déjà mal en point. Par contre, beaucoup de possibilités peuvent s’ouvrir pour les forces démocratiques et anti-austérité dans tout l’État, à condition qu’elles sachent comprendre et saisir le moment et qu’elles ne laissent pas l’initiative à ceux qui font tout pour maintenir, contre vents et marées, un cadre politique et institutionnel qui chancelle. ■

* Josep Maria Antentas, professeur de sociologie à l'Universitat Autònoma de Barcelona (UAB). Cet article a d’abord paru danys Publico.es, le 27 août 2014 et a été traduit de l’espagnol et publié par A l’encontre le 29 août 2014 (traduction revue par Inprecor)

Notes

1. Le 11 septembre marque la « Diada », soit la date choisie par les nationalistes catalans pour commémorer la perte de « l’indépendance catalane », lors de la prise de la ville de Barcelone par le nouveau roi Bourbon – Philippe V – lors de la guerre de succession d’Espagne, le 11 septembre 1714. Cette date a été l’occasion de manifestations massives ces dernières années. Le 11 septembre 2014, selon la police catalane 1,8 million de personnes ont manifesté à Barcelone pour exiger le droit de voter pour l’indépendance.

2. Jordi Pujol, 84 ans, figure « historique » de la droite nationaliste catalane, ancien président de la Generalitat d’avril 1980 à décembre 2003, membre du même parti, Convergence et Union (CiU), que Mas. Il est impliqué dans un scandale de corruption et d’évasion fiscale, notamment à travers des comptes en Suisse.

3. Mariano Rajoy est président du gouvernement de l’État espagnol depuis décembre 2011 et membre du Parti populaire.

4. Le Parti socialiste catalan (PSC) est contre la consultation.

5. Allusion à l’effondrement des scores électoraux – et de l’influence – du Mouvement socialiste panhellénique (Pasok), passé de plus de 40 % des suffrages exprimés lors d’élections législatives de 2009, à 8 % lors des dernières élections européennes de mai 2014.

6. Le système bipartiste repose sur le Parti populaire (PP, au gouvernement et disposant depuis 2011 d’une majorité absolue au Parlement qui lui permet de faire adopter toutes les lois) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE, qui a été au pouvoir entre 2004 et 2011, sous la direction de Zapatero).

7. Podemos, formé en janvier 2014, a réuni plus de 8 % lors des européennes. Il est arrivé en troisième position dans plusieurs communautés autonomes, dont celle de Madrid. Cf. Inprecor n° 605/606 de mai-juin-juillet 2014.

8. Début de l’occupation de la Puerta del Sol à Madrid (mouvement des indignés). Cf. Inprecor n° 573/574 de mai-juin 2011.

9. Déclinaison catalane de Izquierda Unida (Gauche unie), coalition dominée par le Parti communiste espagnol.

10. Podemos en catalan.

11. CUP-Alternativa d’Esquerres (Candidature d’unité populaire - Alternative des gauches). La CUP est une organisation politique des assemblées municipales, anticapitaliste et indépendentiste. Aux élections municipales de 2003, 2007 et 2011, la CUP a obtenu des conseillers municipaux, obtenant quatre mairies en 2011 (Arenyus de Munt, Navás, Viladamat et Ceirá), parfois en alliance avec d'autres organisations anticapitalistes. En 2012 la CUP a pour la première fois décidé de présenter une liste aux élections du Parlement de Catalogne, avec le soutien des organisations En Lucha, Corriente Toja, Lucha Internacionalista et Revolta Global-Esquerra Anticapitalista (qui fait partie de la section de la IVe Internationale dans l'État espagnol). Elle a obtenu 126 219 suffrages et 3 sièges à l’Assemblée catalane le 25 novembre 2012.

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