Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 588-589 décembre 2012

ÉTAT ESPAGNOL

La grève générale du 14 novembre… et après ?

Cf. aussi : [Espagne]

Miguel Romero *

Miguel Romero tire le bilan de la grève générale du 14 novembre en Espagne et en Europe. Succès en Espagne et au Portugal, elle a un impact très réduit en France et limité à des actions d’avant-garde en Italie. Il faut maintenant faire un nouveau pas en avant pour éviter la résignation.

Tous les correspondants, qu’ils soient habituellement optimistes ou pessimistes, sont d’accord pour dire que les manifestations du 14 novembre 2012 sont parmi les plus importantes qu’ils aient connues. Vastes, débordantes d’enthousiasme, de nombreux jeunes et très jeunes, beaucoup de petits panneaux artisanaux affichant des revendications particulières, un mélange de sigles dans les cortèges, y compris une convergence, de fait, entre les convocations alternatives et officielles (1), là où il n’était pas possible de faire un parcours unitaire…

Tout cela s’est passé sans que les organisations appelant à manifester ne fassent un grand travail de préparation. La veille, il régnait même un climat un peu froid… Autrement dit, des centaines de milliers de personnes sont sorties dans les rues, même en sachant qu’il n’y avait rien à attendre à court et à moyen terme et que les « coupes » allaient se poursuivre. Tout cela ne peut qu’être l’expression d’une vague de fond puissante et durable.

Les porte-parole du gouvernement et du patronat peuvent continuer à donner l’impression — ou d’essayer de le faire — que cela ne va pas se passer ainsi avec eux, qu’ils « continueront à mener la politique de réformes », etc. Les médias peuvent continuer à diffuser l’idée — plus ou moins modulée — de « l’échec » de la grève. A propos des médias, il faut relever que le lendemain de la grève générale, El Pais a donné un bon exemple du «langage gestuel» en ouvrant sa principale page d’opinion à Emilio Botin (2) pour qu’il ratifie la dernière devise en date : « Il n’y a pas de plan B ».

Synthèse actualisée Inprecor

Mais Mariano Rajoy ne s’affichera plus, comme il y a quelques mois, en prétendant qu’on lui « fait » des grèves générales. Il est vrai qu’ils n’ont pas de plan B. Mais ils commencent à craindre la résistance sociale qui s’oppose à eux. Cela, nous l’avons gagné ; il nous coûtera de le consolider, mais ce serait un crime de le perdre.

Mais si ce sont finalement les manifestations qui comptent, quel est donc le sens de la grève générale en tant que telle ? Elle a justement tout son sens. Pour commencer, il est clair que les manifestations font partie de la grève générale, et que sans elle on n’aurait de loin pas pu atteindre les succès déjà mentionnés. Mais surtout, la bataille afin de paralyser l’activité économique et réorganiser radicalement la vie sociale — qui sont les objectifs naturels et spécifiques d’une grève générale — continue d’être un espace de conflit politique fondamental entre « ceux d’en haut » et « ceux d’en bas ». C’est pour cette raison qu’il faut faire un bilan de ce qui a bien fonctionné et de ce qui a échoué dans ce domaine, des avancées et des reculs, afin d’en tenir compte dans l’avenir.

Des obstacles à dépasser

Le 14 novembre a montré qu’il existe des « trous noirs » qui n’ont pas été résolus, dont le principal est le secteur bancaire. Le fait que le syndicalisme de classe reste particulièrement faible dans les banques à l’heure de la financiarisation croissante de l’économie est un symbole évident des faiblesses du mouvement syndical. Nous commençons à avoir l’habitude que les grèves n’aient presque pas d’impact sur ce secteur, alors même que dans les années 1980 le syndicalisme bancaire était un des plus combatifs et des plus forts dans la gauche syndicale. Le syndicalisme du secteur bancaire a été trituré politiquement et moralement de l’intérieur ; les Commissions ouvrières en portent largement la responsabilité, en particulier Maria Jesus Paredes, qui a dirigé d’une main de fer la fédération, et son protecteur inconditionnel agissant depuis le secrétariat général, José Maria Fidalgo, ainsi que leurs complices divers, dans et hors du syndicat. Mais aujourd’hui il ne s’agit pas de cela. Il s’agit de sonner l’alarme ; nous ne pouvons pas nous résigner à ce que le secteur bancaire reste aux mains du syndicalisme corporatiste, sous quelque sigle qu’il soit.

Le commerce est un autre de ces « trous noirs », mais il semble qu’il y ait eu des avancées, notamment en ce qui concerne les petits commerces, qui ont participé volontairement à la grève. Par contre, la grande distribution continue à rester comme cuirassée par les barrières antiémeute. On n’a pas entendu parler d’actions dans le sillage des expropriations solidaires du Syndicat andalou des travailleurs (SAT) de l’été passé, ni des fermetures comme celle d’El Corte Inglés à Bilbao, le 26 septembre 2012. On espère en tout cas que la grève de la consommation a eu un impact. C’est une excellente initiative qui répond à une demande très présente dans les assemblées du mouvement du 15 Mai. Cela peut apporter une contribution importante au caractère citoyen et à l’extension de la grève générale.

La grève générale : un conflit de pouvoir

Par contre, il semble qu’il y a eu un recul dans les transports, un secteur où l’on voit à quel point l’obligation d’un « service minimum » a des conséquences dommageables lorsqu’elle est imposée par des gouvernements régionaux au lieu d’être autorégulée. En effet, cette obligation a toujours été imposée dans le but d’affaiblir la grève et non de garantir les services essentiels pour les citoyens, détruits quotidiennement par ces mêmes gouvernements qui imposent leur privatisation. Les syndicats commettent une erreur en négociant ces « minimums », en général abusifs, sur lesquels ils n’ont presque pas de marge de négociation. La CGT (3) a eu raison de ne pas les accepter. Il serait préférable que ce soit directement l’administration qui les impose… et après on verra bien.

Il y a quelques jours, les collègues de la télévision alternative madrilène Tele K ont eu la magnifique idée d’inclure dans un débat sur la préparation de la grève du 14 novembre une vidéo sur l’arrêt de la Télévision de l’État espagnol le 14 décembre 1988 à 0h00, lors de la plus « générale » des grèves du post-franquisme (14). L’impact symbolique de cet arrêt des émissions a été énorme : plus personne, ni parmi les adversaires ni parmi les sympathisants de la cause, n’a eu le moindre doute sur le fait qu’il s’agissait bien d’une grève générale.

Il ne s’agit pas de faire des comparaisons avec la situation actuelle : les arrêt des émissions de plusieurs télévisions autonomes sont très intéressants, malgré leur impact réduit. Mais, maintenant, avec les multiples possibilités de « zapper », leurs effets ne sont plus les mêmes que lorsque c’était « la » chaîne de télévision qui cessait sa diffusion. Ce qui me paraît important à souligner c’est que l’impact de ce qui s’est passé en 1988 était lié au fait que cela montrait la force et la légitimité de la grève générale face aux normes établies. L’arrêt de la diffusion a été un acte illégal (4), une insubordination aussi pacifique que puissante, qui défiait le pouvoir et conquérait un de ses outils fondamentaux, pour un jour, devant les yeux émus et/ou perplexes de tout un pays.

Il me semble que cela montre bien que le sens politique d’une grève générale ne tient pas fondamentalement au caractère de ses revendications. Il tient au fait qu’elle fait apparaître, de manière explicite ou implicite, un conflit de pouvoir : durant un temps, et dans un cadre limité, il s’agit de voir qui commande. C’est la raison pour laquelle le résultat politique d’une grève générale se mesure mal en termes quantitatifs, bien que ceux-ci soient importants. Fondamentalement il s’agit de savoir quel camp — celui du mouvement de grève ou celui de ses adversaires — s’est affaibli et lequel s’est renforcé sur le plan politique.

La légitimité et la légalité

C’est parce que les pouvoirs établis ont bien compris cela que les mécanismes « régulateurs » des grèves sont devenus de plus en plus coercitifs. La formule du vieux mouvement syndical était que « la meilleure loi concernant la grève, c’est celle qui n’existe pas ». Ce sage énoncé a été forgé par l’expérience. Par contre, les consensus liés à l’État social, renforcés par les pratiques tenaces de « dialogue social », ont engendré une réglementation de plus en plus pesante, avec un accroissement du contrôle du pouvoir politique sur le développement des grèves, alors que mouvement gréviste a peu à peu renoncé à son droit à l’autorégulation. A ces normes directes s’ajoutent les autres outils de coercition anti-grèves du pouvoir politique et patronal, de la répression policière aux amendes gouvernementales, en passant par les menaces de licenciement, etc.

On cherche ainsi à désactiver politiquement la grève, à empêcher qu’elle soit capable d’affaiblir ou de léser les pouvoirs établis. C’est la raison pour laquelle, pour qu’une grève réussisse, elle doit être fondée sur sa propre légitimité, laquelle, inévitablement, se heurte à la légalité. Ce qui suppose d’assumer des risques importants, individuels et collectifs et d’être capables de protéger ceux qui les prennent ; le Ministre de la Justice, Alberto Ruiz Gallardon, est déjà en train de préparer l’artillerie législative pour pouvoir pénaliser durement les partis et les syndicats quand cela lui conviendra.

Voilà où en sont les choses. Ce n’est pas par hasard si lors des grandes mobilisations de l’automne 2010 en France, c’est la grève des raffineries qui a déclenché les signaux d’alarme du système et suscité les plus grandes menaces : c’était une action légitime, mais illégale parce qu’elle ne respectait pas de manière radicale la règle du « service minimum », mettant les pompes à essence à sec et, de plus, ouvrant un nouveau front très efficace dans la lutte pour le contrôle des transports. Il ne faut cependant pas oublier que les centrales syndicales majoritaires ont reculé devant cette épreuve de force. Et ce recul a fini par affaiblir tout le mouvement gréviste.

Je pense que l’on devrait incorporer le conflit légitimité/légalité en tant que question centrale et de caractère pratique dans la préparation des futures grèves générales. Ce qui signifie, dès maintenant, organiser un front de refus efficace contre toute la législation antigrève que mijotent le gouvernement et le patronat, organiser une protection des victimes de la répression légale déjà en vigueur et de ceux qui subissent la coercition patronale sur leur lieu de travail, « invisible » mais qui est fort efficace. Ces menaces commencent bien avant le jour de la grève. Elles devraient donc engendrer une riposte également anticipée. Mais au-delà des tâches immédiates, il existe un défi politique incontournable : on ne peut rien conquérir de significatif en soumettant la lutte sociale aux dispositions légales. A son échelle, c’est là une des leçons de la lutte des Plateformes des victimes des hypothèques (5).

Les défis devant nous

Un domaine où il y a incontestablement eu une avancée importante — qui a été précédée par d’autres allant dans le même sens — réside dans l’extension sociale de la mobilisation. Ignacio Fernandez Toxo (6) a déclaré que, sans l’appui social, la bataille aurait été perdue. Il ne s’agit pas d’un opportunisme de circonstance, même si cette idée est difficile à traduire dans des montages comme le Sommet social, fondé sur le fait de s’entourer de semblables, à l’exclusion de ceux qui, s’ils ont une capacité éprouvée de mobilisation, ne sont pas prêts d’être des signataires de déclarations pré-élaborées ou des figurants sur des photos et des tribunes.

L’extension sociale est en réalité la conséquence de mouvements tels les « marées » (7) provoquées les agressions contre les services publics essentiels. Organisées de manière autonome, ayant appris à résoudre leurs propres problèmes et nous apprenant à affronter les problèmes partagés (par exemple avec l’incorporation des Associations de parents d’élèves aux mobilisations de la « marée verte », et de celle des enseignants).

Cette extension exprime également le mûrissement politique du Mouvement du 15 Mai (8), qui est définitivement sorti du repli sur soi (qui le menaçait pendant une étape) et qui, surtout à partir des mobilisations pour « cerner le Congrès » à la fin septembre 2012, a assumé un rôle de « J’accuse » collectif dirigé contre le régime de la Transition (9). Il faut également noter une bonne surprise de dernière minute : le soutien de Euskal Herria Bildu (10) aux manifestations convoquées le 14 novembre par les syndicats ESK, CNT, CGT et d’autres collectifs dans les grandes villes basques. Les camarades de cette région nous diront si ce signe et d’autres peuvent indiquer une modification de l’approche de la gauche abertzale par rapport aux mobilisations de portée nationale. On verra.

C’est ainsi que s’est développée une situation paradoxale dans laquelle l’indignation sociale augmente malgré le manque de perspectives politiques en faveur de changements significatifs par rapport à l’orthodoxie socio-économique dominante. De telles conditions pourraient, et peuvent encore, conduire à la passivité de la majorité de la population. Mais pour le moment, l’indignation est plus forte que la résignation. Pour le moment. Mais cela ne durera pas éternellement. Les défis du « jour d’après » sont chaque jour plus pressants.

Que feront maintenant les CCOO et l’UGT ? Vont-ils continuer à évoquer un référendum (11) ? Celui-ci aurait peut-être pu jouer un rôle il y a quelques mois, pour autant qu’on l’ait organisé avec des critères d’auto-organisation, en s’inspirant par exemple de la lutte contre la privatisation de Canal de Isabel II (12). Mais actuellement on ne voit pas quel avenir il pourrait avoir. Si on veut un objectif central contre la politique du gouvernement, pourquoi ne pas se concentrer sur le refus du paiement de la dette ? Ce serait d’ailleurs un objectif magnifique pour une nouvelle action ibérique, voire avec d’autres pays européens.

Ce qui a de l’avenir, c’est le fait de savoir que le 14 novembre on a fait un pas en avant et qu’il faut maintenant préparer le suivant, de manière à ce que ce soit également un pas en avant. Ce n’est peut-être pas une perspective enthousiasmante, mais c’est tout ce qu’on a.

La crise sévit déjà depuis cinq ans et ce sont eux qui sont en train de gagner. La situation ne changera pas du jour au lendemain. Mais ici et là on peut percevoir des indices de changement, de nature très différente : de Syriza (13) au 14 novembre, en passant par les inappréciables expériences de la « marée verte » et maintenant de la « marée blanche ».

Il s’agit donc de tirer les leçons de ces expériences, de reconnaître les problèmes, de travailler pour résoudre ce qui n’a pas fonctionné… Par exemple, les CCOO et l’UGT ont fait une énorme erreur en acceptant la réforme des retraites du gouvernement Zapatero. Maintenant, Rajoy s’appuie sur cette dernière pour préparer une nouvelle salve contre le droit à une retraite digne, droit fondamental pour les personnes qui travaillent. Les CCOO et l’UGT ont maintenant une magnifique occasion de rectifier le tir. Ce n’est qu’en faisant cela qu’ils seraient cohérents avec le 14 novembre.

Dimensions européennes

Autre exemple : la dimension européenne du 14 novembre n’a pas très bien fonctionné, même si c’était un pas dans la bonne direction qui a dû provoquer pas mal d’inquiétude dans les salons de la Troïka. Pour l’essentiel on en est en effet resté à une grève ibérique (les nouvelles qui arrivent du Portugal sont assez bonnes : une large sympathie de la part de la population ; un impact de la grève semblable à celui d’ici, avec une plus grande incidence dans les transports publics ; des manifestations moins massives, mais la Confédération générale des travailleurs portugais — CGTP — n’a pas une tradition d’associer des manifestations aux grèves et, si elle l’a fait cette fois, c’est en grande partie sous la pression du Bloc du gauche. Par ailleurs, il y a deux jours il y a eu de très importantes manifestations contre la visite de Merkel…). On peut comprendre qu’en Grèce, après les grèves du 6 et du 7 et celles qui ont suivi, le 14 novembre n’ait pas eu une grande répercussion.

Plus inquiétant est l’impact très réduit en France et limité à des actions d’avant-garde en Italie. La Confédération européenne de Syndicats (CES) fera ses décomptes triomphalistes, mais nous sommes encore très loin de la grève générale européenne. Et pour l’organiser, il faudra bien davantage qu’une date et un communiqué, qui sont les seules choses qu’on peut attendre de la CES. Il est urgent d’organiser des outils adéquats pour avancer dans la convergence des luttes sociales dans le cadre de l’Union européenne, en utilisant toutes les occasions qui se présentent, y compris bien sûr les convocations de la CES.

Nous sommes également loin, en ce qui concerne la gauche politique dans l’État espagnol, de ce « modèle Syriza » qui, avec le temps, semble se débarrasser des tentations opportunistes pour se concentrer sur ce qui est fondamental : la nécessité de construire des alternatives unitaires de gauche qui déchirent le corset du bipartisme et de créer des perspectives de changements radicaux et crédibles au sein de la société.

Cette nécessité n’est pas un horizon à long terme. C’est une question de politique actuelle. La présence ou l’absence d’une alternative de ce type, ses réponses aux problèmes concrets que nous affrontons, influe sur le développement des luttes sociales qui sont nécessaires maintenant. Le changement dans les rapports de force sociaux dont on a besoin ne se produira pas sans qu’il y ait un changement dans les rapports de force politiques au sein de la gauche. Ce sont des processus imbriqués, même si relativement autonomes, avec des tâches et des responsabilités spécifiques dans chaque espace.

Il est vrai que, comme nous sommes dans une période de solidarité ibérique, nous n’avons peut-être pas besoin d’aller aussi loin pour chercher des références : il nous suffit de prêter davantage d’attention au Bloc de gauche portugais, qui n’est pas loin de nous.  ■

Madrid, 15 novembre 2012

* Miguel Romero, militant de Izquierda anticapitalista (Gauche anticapitaliste, section espagnole de la IVe Internationale), est rédacteur en chef de la revue Viento Sur. Cet article a été d’abord publié sur le site web de Viento Sur : http://www.vientosur.info/spip/spip.php?article7427. Pour réaliser sa traduction française nous avons utilisé les traductions publiées par A l’Encontre et par le bimensuel SolidaritéS (à paraître dans le n° 218), toutes les deux reproduites sur le site Europe solidaire sans frontières (http://www.europe-solidaire.org/).

Notes

1. C’est-à-dire celles des deux grandes centrales syndicales, les Commissions ouvrières (CCOO) et l’Union générale des travailleurs (UGT).

2. Emilio Botin est le PDG de la Banque Santander, la principale banque espagnole.

3. La Confédération générale du travail (CGT) est un syndicat combatif de tradition syndicaliste révolutionnaire.

4. Ses responsables ont pris le risque des sanctions très graves qui, finalement, ont été annulées, ce qui montrait aussi la force de cette grève.

5. Organisées pour empêcher les expulsions de leur logement de ceux qui ne parvenaient pas à payer leurs dettes hypothécaires (les banques s’appropriaient leurs logements et, du fait de la baisse des prix immobiliers, considéraient qu’ils continuent à devoir leurs créances), ces plateformes (PAH) ont contraint le gouvernement Rajoy à faire quelques concessions : un moratoire de deux ans a été instauré sur les expulsions immobilières. Cependant, ce décret ne concerne que les familles qui gagnent moins de 19 200 euros par an et qui ont un enfant de moins de trois ans ou une personne dépendante à charge, c’est-à-dire qu’il exclut la majorité des familles expulsées ou menacées de l’être. C’est néanmoins une première victoire des mobilisations contre les expulsions…

6. Ignacio Fernandez Toxo est actuellement secrétaire général des Commissions ouvrières (CCOO)

7. Il s’agit de mouvements en défense des services publics (« marée blanche » en défense de la santé publique, « marée verte » en défense de l’éducation) construits « par en bas » à la fois par les salariés et les usagers, qui ont pris une importance croissantes ces derniers mois.

8. Appelé aussi le mouvement des indignés.

9. Par « Transition » on entend en Espagne la sortie contrôlée du régime dictatorial franquiste.

10. Euskal Herria Bildu (EH Bildu) est un mouvement politique indépendantiste basque de gauche, constitué en juin 2012 par les partis Eusko Alkartasuna, Aralar, Alternatiba et Sortu. Lors des élections au Parlement Basque du 21 octobre 2012, EH Bildu est arrivé en seconde position (derrière le Parti nationaliste basque), obtenant 25 % des suffrages exprimés et 21 élus.

11. Le 7 octobre dernier les secrétaires généraux de CCOO et de l’UGT, Ignacio Fernandez Toxo et Cándido Méndez, ont déclaré que le budget général de 2013 provoquera « plus de récession et plus de chômage » et ont exigé que le pouvoir exécutif organise un référendum sur les coupes budgétaires car la situation sociale est « explosive et intenable ».

12. Canal de Isabel II est une entreprise hydraulique qui fournit l’eau et s’occupe des égouts de la quasi-totalité de la Communauté de Madrid. En décembre 2008 le gouvernement de la Communauté de Madrid l’a transformé en une société anonyme, se gardant 51 % d’actions. Depuis un mouvement poursuit la lutte contra la privatisation de l’eau. Un référendum organisé par les organisations populaires le 4 mars 2012, auquel 167 000 personnes ont participé, a donné 99 % de « Non » à la privatisation.

13. Il s’agit de la percée électorale de Syriza (gauche radicale) en Grèce, en mai et juin 2012.

14. En décembre 1988, le gouvernement socialiste modifie le « statut du travailleur » de 1978 qui faisait du CDI la norme. Le 14 décembre, grève générale UGT et CCOO. Le gouvernement est contraint de retirer son projet sur l'emploi.

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