Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Dossier

N° 534-535 janvier-février 2008 *

Résolution finale de la première Conférence nationale de Sinistra Critica

Cf. aussi : [Italie]

Document

Nous reproduisons ici la résolution approuvée à l’unanimité à la fin des débats de la Première conférence nationale de Sinistra Critica (Gauche critique).

Traduit de l’italien par le site web de la LCR, section belge francophone de la IVe Internationale (http://www.lcr-lagauche.be/).

La première Conférence nationale de Sinistra Critica (Gauche critique) approuve le rapport introductif et en particulier :

1. Déclare conclue l’expérience menée dans le Parti de la Refondation Communiste et se dispose à construire un nouveau projet politique. Une séparation née de la constatation que deux projets distincts prennent désormais des chemins différents : d’un côté, le PRC clôture de fait sa propre histoire avec une nouvelle identité, timidement réformiste à vocation gouvernementale ; de l’autre côté, Sinistra Critica, qui se propose de poursuivre la construction d’une gauche de classe, anticapitaliste, oppositionnelle, centrée sur les mouvements sociaux et avec la volonté de se réapproprier l’espace théorique et pratique d’une gauche révolutionnaire moderne laissé vide aujourd’hui par le PRC. Une gauche d’opposition au Parti Démocrate (1) et par là même en opposition résolue au gouvernement Prodi.

2. Au cours des prochains jours, les militant/es et dirigeant/es de Sinistra Critica démissionneront du PRC et ceux d’entre eux qui exercent des responsabilités institutionnelles constitueront un groupe indépendant dans la Chambre des députés tandis qu’au Sénat ce groupe est déjà constitué. Ce choix sera annoncé dans le Conseil Politique National du PRC au travers d’une lettre ouverte et la même démarche sera réalisée au niveau local, où nous organiserons des rencontres provinciales afin d’expliquer nos options aux membres du PRC.

3. Sinistra Critica ne se constitue pas en parti mais en Mouvement politique activement orienté vers les mouvements sociaux. Elle constituera des groupes territoriaux et thématiques ainsi que des coordinations au niveau des provinces. A partir de janvier, elle mettra en marche une campagne d’adhésion et d’autofinancement.

4. Avec le projet de construire une force politique à la hauteur des enjeux du moment, elle organisera une Constituante anticapitaliste à la gauche de l’Arc-en-ciel (2) afin de rassembler et maintenir le meilleur de l’expérience du projet de la Refondation communiste, des secteurs des mouvements sociaux, du syndicalisme qui s’oppose à la concertation, du féminisme radical, de l’écologie et surtout des forces de la jeunesse. Une Constituante qui représente un projet fécond et réel, capable de donner immédiatement vie, de manière exemplaire ou partielle, à une Coalition de la Gauche anticapitaliste de classe, reposant sur au moins trois axes :

a) Le lien avec les mouvements sociaux, avec leurs dynamiques et objectifs ;

b) Une alternative politique à la droite, mais également en totale indépendance au gouvernement de centre-gauche et donc au Parti Démocrate ;

c) Aucune dépendance vis-à-vis des institutions dans le travail politique, mais sans exclure le terrain électoral et les instruments nécessaires, y compris le symbole du marteau et de la faucille qui une fois de plus, aujourd’hui, semble à abandon (3).

5. Afin d’avoir une vie réelle, la Constituante anticapitaliste doit être liée aux trajectoires et dynamiques des mouvements, c’est pour cela que Sinistra Critica travaillera dans l’immédiat à :

a) Mobiliser pour obtenir la plus vaste participation à la manifestation du 15 décembre à Vicenza contre la base militaire états-unienne et travailler à la construction du mouvement anti-guerre à partir du Pacte du 25 novembre (4) qui donnera lieu à une nouvelle journée de mobilisation le 26 janvier

b) Le développement et l’articulation du Pacte contre la précarité (5) élaboré après la grève syndicale du 9 novembre et qui devra être capable d’élargir la mobilisation au-delà des rangs syndicaux de base

c) Donner une continuité à la rénovation du protagonisme féministe qui s’est exprimé le 24 novembre dernier à partir de la lutte contre la violence machiste et qui aura un nouveau rendez-vous important le 12 janvier prochain

d) Soutenir et construire le mouvement contre l’ingérence vaticane et la discrimination sexuelle, pour les droits civils et la laïcité de l’État, à partir des mobilisations LGBT et de la journée « No Vat » (Non au Vatican) du 9 février

e) Poursuivre la lutte pour les biens communs et la défense écologiste du territoire, en généralisant les problématiques et en proposant de larges espaces de coordination et de continuité des luttes

f) Renforcer le combat antiraciste et pour l’auto-organisation des migrants à partir de la nécessaire opposition au « paquet de mesures sécurité » de Prodi-Veltroni.

6. Pour terminer, Sinistra Critica décide de donner mandat à sa Coordination nationale afin de préparer une campagne nationale basée sur la centralité du travail, des droits sociaux, de la défense de l’environnement contre la logique du profit. En particulier, la centralité du travail, réaffirmée aujourd’hui par les assassinats à Turin (6), exemples de la dureté quotidienne que représente la guerre menée par le Capital contre les travailleurs/euses. Cette campagne nationale sera un instrument de construction de Sinistra Critica qui doit se conclure par une grande journée de mobilisation au printemps prochain.

Notes

1. Le Parti Démocrate est le résultat de la fusion entre les Démocrates de Gauche (DS, ex-PCI), les chrétiens-démocrates de la « Marguerite » et d’autres formations plus petites. Son secrétaire général, élu à travers le système des primaires, et probable candidat aux prochaines élections législatives, est l’actuel maire de Rome, Walter Veltroni

2. « La Sinistra-L’Arcobelano » (La Gauche Arc-en-ciel) s’est constituée également les 8-9 décembre dernier à Rome comme résultat de la fédération entre le PRC, le PdCI (Parti des communistes italiens, issu d’une scission du PRC lors du tournant gauche de ce dernier en octobre 1998), les Verts et Sinistra Democratica (une minorité des Démocrates de gauche, DS — ce dernier parti est issu du tournant adaptationniste de la majorité du PCI en 1991 — dirigée par Fabio Mussi, actuel Ministre des universités et de la recherche)

3. Le marteau et la faucille ont toujours été le symbole du mouvement communiste italien, utilisé jusqu’à présent par le PRC et le PdCI. Le nouveau logo proposé pour « La Sinistra-L’Arcobelano » est l’Arc-en-ciel. C’est à cet abandon que se réfère le présent document.

4. Il s’agit d’une alliance de mouvements sociaux, organisations syndicales de base et organisations politiques, contre la guerre et le militarisme.

5. Adopté le 12 septembre 2007 à Rome par une assemblée de 400 représentants de mouvements sociaux, des syndicats de base et d’organisations politiques contre l’accord signé par le gouvernement, le patronat et les directions syndicales CGIL-CISL-UIL le 23 juillet 2007.

6. En décembre 2007 quatre ouvriers — Antonio Schiavone, Angelo Laurino, Roberto Scola, Bruno Santino — sont morts à la suite d’un accident de travail à l’usine ThyssenKrupp de Turin. Le 10 décembre lors d’une manifestation funéraire des milliers de travailleurs accusaient le patronat de l’avoir assassiné. Un procès pour meurtre est en cours contre ThyssenKrupp.

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