Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Document

N° 520 septembre-octobre 2006 *

ITALIE

Chambre des députés : 4 contre tous !

Cf. aussi : [Italie]

Quatre députés ont voté contre le projet du gouvernement Prodi de maintien des forces militaires italiennes en Afghanistan : Salvatore Cannavò, Alberto Burgio, Francesco Caruso et Gianluigi Pegolo. Franco Russo et Paolo Cacciari sont sortis durant le vote. Marilde Provera a annoncé que « c'est la dernière fois que je vote cela ». Tous les autres se sont prononcés en sa faveur, à la suite d'un vote regroupant la majorité et l'opposition plus vaste que jamais. Nous reproduisons ci-dessous l'intervention du député Salvatore Cannavò, de la tendance Sinistra critica (Gauche critique) du Parti de la refondation communiste.

Salvatore Cannavò : Monsieur le Président, je regrette de devoir produire une déclaration de vote en désaccord avec mon propre groupe et mon parti. Toutefois la mesure que nous votons aujourd'hui, bien qu'elle contienne l'annonce du très important retrait de l'Irak, qui est le fruit du combat d'un des mouvements pour la paix parmi les plus imposants, confirme la mission militaire en Afghanistan ; c'est une mission que non seulement celui qui vous parle considère comme une guerre, mais c'est même le point de vue de l'OTAN, qui dirige ces opérations ; une mission qui n'a nullement résolu les problèmes de la population afghane.

Il s'agit d'une mission qui viole l'article 11 de la Constitution et qui, de plus, n'était pas inscrite dans le programme de l'Union. Elle n'a donc jamais été subordonnée au jugement des électeurs ni à leur mandat, alors que par 61 % ils exigent que nos soldats rentrent dans leur patrie.

En ce qui concerne de telles missions les forces de la gauche radicale et pacifiste ont toujours exprimé leur désaccord, contrairement à ces partis du centre-gauche qui, au contraire, n'ont pas hésité à les voter avec la droite et avec le gouvernement Berlusconi [commentaires du député Fabris].

Aujourd'hui, cette unité bipartite se recompose encore d'une manière qui ne me paraît pas être naturelle ; de ce fait les pressions à notre encontre au nom de la cohérence du vote sont inacceptables ; et certaines de ces pressions sont vraiment anachroniques.

Le « non » à la guerre représente un élément constitutif de la politique. Il ne peut se satisfaire de l'hypothèse illusoire d'une réduction de la guerre. Je voterai donc contre cette mesure, sans que cela signifie pour autant un vote visant à priver la majorité de sa légitimité ni un vote de défiance envers le gouvernement [commentaires des députés du groupe Forza Italie (droite)].

J'aurais préféré pouvoir voter séparément sur les diverses missions, comme l'annonçait le programme de l'Union. Ce programme, cela saute aux yeux, est aujourd'hui violé car en engageant la responsabilité du gouvernement c'est la véritable discussion de fond sur la guerre qu'on tente d'empêcher. [commentaires des députés de Forza Italia].

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