Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 566 octobre 2010

ITALIE

Du PCI au Parti démocrate : un cheminement tortueux

Cf. aussi : [Italie]

Lidia Cirillo *

Le présient de la République, Sandro Pertini, aux funérailles du secrétaire du PCI, Enrico Berlinguer.

Le présient de la République, Sandro Pertini, aux funérailles du secrétaire du PCI, Enrico Berlinguer.

Héritier de la majorité du Parti communiste italien (PCI), le Parti démocrate (PD) n’a obtenu que 26,13 % des suffrages exprimés aux élections européennes de juin 2009. Aux législatives de 2008 il obtenait encore 33,2 % des voix, mais c’était déjà une perte de 5 180 000 électeurs par rapport aux élections de 2006, qui avaient permis la formation du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi. Très faible, ce dernier n’a tenu que deux ans avant de laisser la place à celui de Silvio Berlusconi (centre-droite).

Les résultats électoraux enregistrent l’ampleur de la crise de cette gauche-là. Ils ne disent rien pourtant sur sa nature et sa dynamique. La campagne électorale du PD, concentrée en grande partie sur son leader, provisoire et peu charismatique, Dario Franceschini, a été plus explicite, par les appels répétitifs aux anciens électeurs du PCI pour qu’ils ne s’abstiennent pas. Car au cours des années précédentes, le nombre de votants s’est en effet réduit et c’est la gauche qui en a perdu le plus. Une partie de ces abstentionnistes pourrait être sans doute reconquise, dans un moment de forte polarisation dans une élection d’un autre type ou en réaction à la politique menée par la droite. Mais une autre partie d’entre eux constitue un phénomène relativement nouveau pour l’Italie : une portion importante de la société, active politiquement, non seulement ne s’identifie plus avec un des partis politiques, mais considère le vote comme un rituel inutile et aliénant.

La recherche d’un contact avec l’électorat, susceptible de concurrencer le monopole médiatique de Silvio Berlusconi, fut une autre caractéristique révélatrice de la campagne électorale. Berlusconi contrôle désormais cinq des six grands réseaux de télévision, qui sont en partie sa propriété et en partie sous le contrôle de son gouvernement. Là encore la campagne était menée dans un style « à l’américaine » : le secrétaire du PD a visité personnellement les lieux les plus fréquentés de diverses villes, les a traversé à vélo en compagnie de petits cortèges de militants-cyclistes décorés des symboles du parti, serrant les mains et souriant. Mais si une telle campagne n’est pas totalement inefficace, elle ne tient pas la comparaison avec la capacité de la droite à construire avec l’électorat des rapports plébiscitaires.

Le Parti démocrate (et plus généralement toute la gauche) est atteint d’une maladie très grave : il lui manque les canaux qui le reliraient au corps social. Sur ce terrain-là, la droite a pu le concurrencer grâce aux médias et aux autres réseaux irriguant le corps social de façon diffuse, comme l’Église catholique et le crime organisé. Naturellement, ni l’Église, ni le crime organisé ne se confondent avec la droite ni ne sont à son service, mais, chacun à sa façon, contribuent à « l’épaisseur réactionnaire » (Gramsci) spécifique des forces conservatrices de la société italienne.

La crise organisationnelle du vieux PCI peut être résumée par quelques chiffres. En 1989 — année ou le parti change de nom et de symbole — il compte près d’un million et demi de membres, tout en en ayant perdu environ 50 000 depuis 1988. Un an après le virage, près de 200 000 ne renouvellent pas leur carte et, en 1992, le Parti démocratique de la gauche (PDS, nouveau nom pris par le PCI) compte 789 000 membres, soit la moitié des inscrits de 1989 et un tiers seulement par rapport à l’époque où le parti était dirigé par Enrico Berlinguer (1). En 2002, lorsque le PDS changera encore de nom pour celui de Démocrates de gauche (DS), il comptera 534 000 inscrits. Devenu Parti démocrate (PD) en 2007, il ne fournit plus d’informations sur le nombre de cartes. Il est de notoriété publique, que certaines des adhésions furent calculées sur la base du nombre de certificats délivrés à ceux qui ont voté lors des « primaires » en vue de la tête de liste aux élections législatives de 2006, au cours desquelles, en théorie (mais parfois aussi en pratique) des électeurs de centre-droite pouvaient voter également. « Plus que d’un parti souple (pour reprendre une définition véhiculée en 1989) il est désormais question d’un parti vaporeux », écrit Luca Telese en analysant l’évolution des adhésions (2).

Finalement, l’identité du parti héritier de la majorité du PCI apparaissait complètement fanée au cours de la campagne pour les élections européennes de 2009. La droite était immédiatement identifiable, d’abord par son discours contre l’immigration et, en second lieu, à travers la figure de son leader reproduisant le mythe fasciste de « l’homme du destin » et se présentant comme celui qui fait, agit, résout et gère les affaires du pays avec l’habileté de l’entrepreneur qui a réussi dans les affaires. Mais quelqu’un qui n’aurait pas lu avec attention la presse quotidienne aurait du mal à dire quelque chose au sujet des propositions du PD. Il était d’autant plus difficile de dire ce que ce parti voulait car il semble que le parti ne le savait pas lui même. Était-ce un parti du centre semblable aux moins corrompus et aux moins philocléricaux des démocrates chrétiens ? Une social-démocratie, c’est-à-dire une organisation continuant à se référer encore au travail salarié, malgré les pratiques d’adaptation innombrables qui marquent cette formation ? Le parti de Kennedy et d’Obama en Italie, comme le suggère son nouveau nom ? Cela ne veut pas dire que de telles hypothèses sont formulées explicitement ni que des courants soient porteurs de telles hypothèses. Ce problème d’identité existe objectivement et les discussions au sein du groupe dirigeant tournent autour de manière plus ou moins claire, par exemple lors de l’adhésion au Parti socialiste européen, à laquelle une partie du PD était opposée. La constitution du groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et des démocrates au Parlement européen a seulement permis de régler un aspect conjoncturel, mais non celui, plus complexe, de l’identité du PD.

Si le PD maintien encore un score électoral non négligeable, c’est parce que le leader de la droite suscite une répulsion dans une partie de l’électorat et non parce que ces électeurs partagent le discours ou la pratique politique du PD, voire même les connaissent. Toutefois, dans ses groupes dirigeants et plus généralement au sein de la gauche la crainte d’une « défaillance structurelle » du parti est vive, d’autant que les autres formations politiques ne semblent pas être en mesure de le remplacer aujourd’hui. Le fait, que la direction du PD ait accepté avec un soupir de soulagement le résultat négatif des élections européennes est de ce point de vue significatif et révèle la conscience de la profondeur de la crise.

Métamorphose et identité

Pour expliquer les raisons de la régression du plus grand parti communiste du monde occidental, finissant comme le parti « vaporeux » de Dario Franceschini, secrétaire du PD, il faudrait revenir sur l’histoire européenne et sur celle du mouvement communiste, ce qui dépasse le cadre de cet article. En bref, on se limitera à mentionner ici les dynamiques les plus récentes qui ont conduit ce parti à la perte de ses réseaux organisationnels, à son identité fanée et incertaine et à la crainte pour sa propre survie.

Le 12 novembre 1989, dans la section de Bologne, Achille Occhetto, alors secrétaire du PCI, annonçait que le parti devrait changer de nom. Cette annonce allait provoquer une révolte de la base, qui pourtant, à l’instar de Job, avait auparavant soutenu toutes les preuves et avait accepté toutes les négations concrètes de l’adjectif « communiste ». L’effet le plus tangible de cette révolte ce sera l’abandon du parti : 200 000 cartes ne seront pas reprises dès l’année suivante et l’hémorragie, comme nous l’avion vu, ne va plus s’arrêter. Les biographies, les autobiographies, les articles et les interviews ont raconté l’histoire du Tournant (avec la majuscule) de manières diverses et contradictoires. Mais au-delà des interprétations personnelles, les événements de cette période expliquent assez clairement les bonnes et les mauvaises raisons de ce choix.

Le mur de Berlin venait de tomber et quelques mois plus tôt, au début juin, le massacre de la place Tienanmen avait mis à jour la face la plus répugnante du « communisme ». En Italie, c’était l’époque du gouvernement « pentapartito » (3), fondé sur l’alliance de la DC et du PSI de Bettino Craxi, parrain et protecteur de l’entrepreneur Silvio Berlusconi. Les événements survenant en Chine et en Europe de l’Est constituaient un excellent prétexte pour attaquer le PCI, sur lequel les intellectuels et les amis libéraux exerçaient depuis longtemps une pression pour qu’il change son nom et ses symboles. C’est l’occasion aussi pour dire des choses sensées sur la faillite d’une expérience et sur l’exigence de ne pas être identifié à elle. Ce ne sont même pas les citations de Lénine qui manquent et il est rappelé que le dirigeant de la Révolution d’Octobre n’avait pas hésité à changer le nom de son parti pour des raisons sans commune mesure avec l’ignominie des Staline, Pol Pot et Ceaucescu.

Fondé en janvier 1991, le Parti démocratique de la gauche (PDS) sera déchiré entre les identités social-démocrate, kennedyène et « nouvelle ». En 1998, l’inclusion des morceaux d’origine, surtout, chrétienne-démocrate et socialiste, donne naissance aux Démocrates de gauche (DS). En 2007, en fusionnant avec un parti centriste (la Marguerite de Romano Prodi), il deviendra le Parti démocrate et élira Walter Veltroni au poste du secrétaire à travers des élections primaires. A cette occasion d’autres groupes et des individus du vieux système chrétien-démocrate ont rejoint le PD à la recherche de sièges dans les assemblées élues et dans un parti encore significatif. Mais ni les changements, ni l’incorporation des fragments centristes, et même de partis entiers, ne suffisent à expliquer la crise d’identité. Après tout, l’identité d’un parti est fondée sur ses pratiques et sur sa politique… Mais c’est précisément sur ce terrain que le PD est le plus faible.

En 1996, le centre-gauche a pu former un gouvernement, car il apparaissait comme le défenseur de l’État-providence, déjà mis à mal par le premier gouvernement de Berlusconi en 1994. Les pratiques des deux gouvernements de centre-gauche (1996-2001 et 2006-2008) vont liquider cette image. Le PD n’apparaît même pas comme un parti libéral garantissant les droits civiques : les groupes catholiques absorbés sur le chemin menant du PCI au PD ont empêché que le dernier gouvernement Prodi reconnaisse les droits des lesbiennes, des gays et des trans et ont même réussi à bloquer une inoffensive loi contre l’homophobie. Mais s’il n’a pas réussi les tests gouvernementaux, le PD a aussi du mal à gérer son rôle d’opposant. Il ne peut poursuivre la droite sur son terrain, même si des tentatives d’une telle orientation n’ont pas manqué. Le racisme et la politique de la peur de la droite italienne vont en effet au-delà des limites tolérables pour les modérés et la hiérarchie catholique elle-même est intervenue à plusieurs reprises en appelant à la solidarité et à la modération. Le PD ne peut pas non plus déplacer le conflit politique sur le terrain des droits des salariés, car l’attitude de toutes ses composantes (y compris celle originaire du PCI) vise à soutenir « la dynamique économique » et les intérêts des « classes productives » (comme on nomme dans le PD les petits et les grands patrons).

En outre, face à la crise économique, une identité fondée sur la modération et sur la patience (« patiemment » est l’adverbe le plus employé par l’ex-secrétaire Veltroni) n’est pas admise dans les secteurs populaires, enragés, non sans raisons, mais orientés par la droite contre le bouc émissaire de l’immigration.

Le sol mouvant de la société italienne

Le vieux Parti communiste et ses héritiers ont traversé les ruptures et les processus de transformation de la structure sociale en comprenant peu ou rien de ce qui se passait. Ils ont pris la fin des trente années d’ascension économique (1945-1975) pour une crise conjoncturelle. Ils ont interprété le processus de mondialisation et de financiarisation comme la confirmation de l’irréductible vitalité du capitalisme. Ils n’ont pas réalisé la puissance destructrice de l’agression patronale contre le travail salarié. Bien évidemment ce n’est pas avant tout d’incompréhension qu’il s’agissait : le PCI-PDS-DS-PD a joué le même rôle que la social-démocratie dans le reste de l’Europe en collaborant activement à la défaite du mode du travail.

Au cours des dernières décennies, les liens du parti avec les classes populaires, déjà distendus au cours des années 1980, ont été rompus. En Italie, comme ailleurs, les défaites, la précarisation, l’externalisation, etc. ont contribué à déstabiliser le terrain sur lequel le PCI était enraciné. Mais en Italie, plus qu’ailleurs, la crise des grandes usines a rendu difficile toute forme de réorganisation du travail salarié. A la fin des années 1960, lorsque les luttes des travailleurs ont connu une forte montée, l’Italie disposait d’un réseau de complexes industriels parmi les plus grands en Europe, qui est devenu le point de référence des luttes sociales jusqu’au milieu des années 1980. Mais ces grandes usines sont aussi entourées d’entreprises petites et très petites, souvent submergées par la préoccupation d’échapper au fisc, aux obligations légales et aux conflits syndicaux. La liquidation des grandes usines a donc désintégré et fragmenté ce tissu, rendant plus graves les conséquences d’un phénomène qui n’était pas seulement italien.

En Italie, comme ailleurs, la déstructuration du travail salarié a affaibli les syndicats, même si la CGIL conserve encore une certaine capacité de réaction et reste encore le seul canal permettant au PD de préserver des contacts indirects avec les secteurs populaires.

Plus que dans d’autres pays, la crise des syndicats italiens a représenté une perte irréparable. Durant un peu moins de vingt ans, depuis 1969, les syndicats y ont été organisés dans des conseils élus par les travailleuses et les travailleurs et ces conseils ont joué un rôle fondamental lors des épisodes majeurs de lutte et de résistance. Le déclin et la fin du « syndicalisme des conseils » ont été non seulement l’effet mais aussi la cause de la déstructuration sociale. La classe ouvrière des grandes usines (Fiat, Alfa Romeo, Italisider, etc.) a perdu le bras de fer avec le patronat parce que les conseils ont perdu le leur avec la bureaucratie syndicale. Un seul des deux camps — la bureaucratie, bien sûr — était pleinement consciente de ce conflit dont vous pouvez trouver des traces claires dans la presse syndicale des années 1980.

La mutation du modèle du parti

La fragmentation et la dispersion du salariat rendaient de toute façon difficile sa réorganisation. Mais au-delà de ces difficultés objectives, le PD, né d’une série de métamorphoses, ne s’est même pas posé les problèmes que ses structures n’étaient de toute façon pas capables de résoudre. C’est cette particularité qui a condamné les gauches, qui apparaissaient aussi au sein du parti, à la défaite permanente. Elles étaient souvent conscientes des conditions nécessaires pour arrêter l’écroulement du rapport de forces social, mais elles s’adressaient alors à un parti qui n’avait ni les moyens ni l’intérêt pour tenter de les réaliser.

Depuis 1997, la formation des courants est autorisée au sein du parti, mais ceux-ci se chevauchent et se confondent avec un autre phénomène, celui de groupes de pouvoir. Le vieux parti monolithique s’est progressivement transformé en un espace balkanisé au sein duquel les journaux, revues, fondations, associations, etc. se forment autour d’un leader en vue de promouvoir sa carrière personnelle. Une logique très semblable à celle des « notables » de la vieille Démocratie chrétienne, celle des personnalités qui contrôlent les cartes et les clientèles. Mais il serait erroné de croire que ce sont avant tout les anciens démocrates chrétiens qui portent la responsabilité de cet état de choses. Pour une large part il s’agit d’un phénomène de mutation interne de la bureaucratie du PCI qui n’est pas sans rappeler celle des bureaucrates qui étaient au pouvoir en Europe de l’Est. L’adaptation invariable à l’environnement politique et social tel qu’il se présente et les critères de cooptation des dirigeants ont sélectionné un personnel politique dont les motivations sont bassement matérialistes et les habitudes fort particulières. L’intérêt particulier de ces dirigeants, préoccupés avant tout par les luttes intérieures pour les postes et par les places dans les institutions, s’oppose au travail fatigant et incertain de reconstruction des liens entre les travailleurs. De plus la quasi-disparition du modèle traditionnel du militant du parti a fait disparaître l’indispensable intermédiaire entre l’appareil et la société. Le parti démocrate dispose toujours des sections, mais elles fonctionnent comme des comités électoraux et sont beaucoup moins efficaces que dans le passé.

Soyons clairs, le PD est encore capable de réunir des grandes foules, d’organiser des primaires auxquelles des centaines de milliers de personnes participent et de convoquer des manifestations massives. Mais il s’agit d’événements exceptionnels et le « peuple » indifférencié de membres et sympathisants qui y participe reste passif jusqu’à la prochaine occasion.

Une autre histoire

Pour comprendre vraiment l’épilogue de l’histoire du Parti communiste italien il faudrait aussi parler de ceux qui ont refusé le « Tournant » et qui ont fondé le Parti de refondation communiste (PRC). Le récit parlerait d’une longue série de scissions, d’exclusions et de ruptures.

Cet héritage du PCI est aujourd’hui divisé entre ceux qui ont gardé le nom du PRC et ceux qui ont suivi l’ancien secrétaire, Fausto Bertinotti, en créant la Gauche et la liberté (SL). Bien que leur histoire soit différente de celle du PD, les résultats sont assez similaires : échec électoral (ni le PRC, ni la SL n’ont obtenu des élus au Parlement italien, ni au Parlement européen), identité troublée de défenseurs des travailleurs, avec ou sans le marteau et la faucille, le même manque de racines sociales, balkanisation, liquéfaction des structures militantes, luttes intérieures pour le pouvoir, préoccupations centrées sur les postes électifs et plus généralement sur les institutions. ■

* Lidia Cirillo, membre de la Coordination nationale de Sinistra critiqua et rédactrice de la revue Erre, militante de la IVe Internationale depuis 1966, animatrice de la Marche mondiale des Femmes en Italie, est aussi fondatrice de la revue féministe Quaderni Viola (Cahiers violets). Écrivaine et analyste, elle a publié : Meglio Orfane (Plutôt orphelines), Lettera alle Romane (Lettre aux Romaines), La luna severa maestra (La lune maîtresse sévère), Da Vladimir Ilic a Vladimir Luxuria (de Vladimie Ilitch à Validimir Luxuria), La Straniera (L’étrangère) et L’emancipazione malata (L’émancipation malade).

Petite chronologie du PCI

(établie par J.R.)

• 1921 21/01 : Congrès de Livourne. Les socialistes et les communistes se séparent. Fondation du PC italien issu d'une aile gauche minoritaire du Parti socialiste italien. La nouvelle formation est dirigée par Amadeo Bordiga. Pierre Tresso (Blasco) en est l'un des fondateurs.

• 1925 : Amadeo Bordiga est écarté du poste de secrétaire général pour "gauchisme".

• 1926 Italie : Interdiction du PCI.

• 1926 08/11 : Antonio Gramsci, intellectuel communiste et un des fondateur du PCI, est arrêté et condamné à 20 ans de prison.

• 1930 : Pierre Tresso (Blasco) est exclu du PCI, avec deux autres camarades. Ils fondent la Nouvelle opposition italienne qui rejoint l'Opposition de gauche.

• 1937 27/04 : Gramsci meurt en prison à Rome.

• 1944 mars : L'URSS reconnaît le gouvernement monarchiste du maréchal Badoglio. Togliatti, dirigeant du PCI, entre dans ce gouvernement.

• 1947 mai : le PCI est exclu du gouvernement De Gasperi.

• 1948 18/07 : Togliatti, dirigeant du PCI, victime d'un attentat, est sérieusement blessé. Cet attentat déclenche une crise politique et une grève générale suivie d'une forte répression. Le PCI rassemble 2,5 millions d'adhérents.

• 1964 21/08 : mort de Togliatti, dirigeant du PCI. Il est remplacé par Luigi Longo.

• 1973 septembre Italie : Berlinguer lance l'idée du "compromis historique" avec la Démocratie chrétienne, comportant le maintien du statu quo économique et social du pays.Echec de la tentative de créer un gouvernement de coalition. Cette ligne politique suscite des oppositions internes.

• 1976 20/06 : Elections. Sous la direction d'Enrico Berlinguer, le PCI obtint son meilleur score électoral (33,4 % et 227 députes ; 33,8 % et 116 sénateurs).

• 1977 04/07 : accord entre le PCI, la DC et quatre autres partis constitutionnels sur le programme de gouvernement.

• 1984 11/06 Italie : Mort d'Enrico Berlinguer, dirigeant du PCI.

• 1984 24/07 : aux élections européennes, le PCI obtient 33,3 % des voix. Il devance pour la première fois la Démocratie chrétienne.

• 1989 12/11 : dans la section de Bologne, Achille Occhetto, secrétaire du PCI, annonce que le parti doit changer de nom. Cette annonce va provoquer une révolte de la base. 200 000 cartes ne seront pas reprises dès l’année suivante et l’hémorragie ne va plus s’arrêter.

• 1991 31/01-14/02 : Congrès du PCI à Rimini. Le PCI, dirigé par Achille Occhetto, est remplacé par le parti démocratique de la Gauche (PDS).

• 1991 décembre : L'aile gauche du PCI crée le Partito della Rifondazione Comunista (PRC) dirigé par Armando Cossuta. Des courants d'extrême gauche (Democracia Proletaria, dont les militants de la section italienne de la IVe internationale en font partie).

• 1996 21/04 : Victoire électorale de la coalition de centre-gauche de l'Olivier qui apparaît comme le défenseur de l’État-providence, mis à mal par le premier gouvernement de Berlusconi. Le nouveau gouvernement de Romano Prodi dispose d'une majorité instable et a besoin des voix du Parti de la refondation communiste (PRC).

• 1998 octobre : le gouvernement Prodi tombe après la décision d'une partie de Refondation communiste de ne pas appuyer le projet de loi de finances pour 1999.

• 2006 09-10/04 : Élections législatives. Le PRC (Refondation communiste) obtient près de 6% des voix. Formation du deuxième gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi. Ce gouvernement comprend des ministres du PRC. Le gouvernement ne tiendra que deux ans .

• 2008 13-14/04 : Élections législatives anticipées. Le Parti démocrate (PD), héritier de la majorité du Parti communiste italien (PCI), obtient 33,2 % des voix, une perte de 5 180 000 électeurs par rapport aux élections de 2006. La Gauche-L'arc-en-ciel, coalition conduite par Fausto Bertinotti, principal dirigeant de Refondation communiste (par ailleurs président de la Chambre sortante), subit un échec retentissant, les petits partis de gauche perdant tous leurs représentants au Parlement. La direction du PRC démissionne et un comité de gestion, chargé notamment d'organiser un débat national sur les causes de cette défaite, lui succède.

Traduction : J.M., de l'italien

Notes

1. Enrico Berlinguer a été secrétaire général du PCI de 1972 à sa mort en 1984. Il a autonomisé le PCI vis-à-vis de l’Union soviétique et fut à l’origine de « l’eurocommunisme ». Sous sa direction le PCI obtint, en juin 1976, son meilleur score électoral (33,4 % et 227 députes ; 33,8 % et 116 sénateurs).

2. Luca Telese, Qualcuno era comunista, Sperling & Kupfer, 2009, p. 90.

3. L’expression employée pour définir la coalition qui gouvernait l’Italie entre 1980 et 1992, composée de cinq partis : la Démocratie chrétienne (DC), le Parti socialiste italien (PSI), le Parti socialiste démocratique italien (PSDI), le Parti républicain italien (PRI) et le Parti libéral italien (PLI).

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