Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 515-516 mars-avril 2006 *

ITALIE

La gauche italien à un tournant

Cf. aussi : [Italie]

Salvatore Cannavò

Salvatore Cannavò, directeur-adjoint du quotidien du parti de la refondation communiste (PRC, aussi appelé Rifondazione), Liberazione, et animateur de la revue ERRE (Resistenze, Ricerche, Rivoluzioni), est membre de la Direction national du PRC en représentant la composante Gauche Critique (Sinistra Critica). Il est membre du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Au fur et à mesure que la campagne électorale avance, la violence avec laquelle Berlusconi et sa formation affrontent la compétition devient de plus en plus préoccupante. Une après l’autre, les entreprises de la « Maison des libertés » (1) nous rappellent l’urgence de leur défaite électorale et d’un tournant rapide dans la politique italienne. Parce que, bien que ténu, il y a un fil qui lie le t-shirt de Calderoli (2) au « manifeste de la race » de Pera (3), jusqu’à l’alliance avec les néo-nazis, et c’est le fil d’une droite obsédée par l’anticommunisme qui souffle sur le feu de l’affrontement social, qui titille les plus bas instincts d’une société occidentale précarisée et en crise d’identité et qui est amplement disposée à sacrifier sur l’autel du choc des civilisations les règles et les principes de l’entente sociale qu’elle dit pourtant vouloir défendre.

Si le programme réalisé par Berlusconi ne suffisait pas — celui signé à l’assemblée de Parme de Confindustria (4) en 2001 et celui souscrit auprès de la Maison Blanche — ce qui est arrivé au cours des dernières semaines suffit pour motiver une bataille résolue pour chasser les forces de droite les 9 et 10 avril prochains. Mais comme un lieu désormais commun de la gauche le répète, battre la droite n’est pas suffisant si l’on ne va pas au-delà de leurs politiques et de leur horizon, au-delà du berlusconisme qui règne dans le pays.

Cet horizon ne concerne pas uniquement la politique économique. Il s’agit également de la politique étrangère et du climat de l’opposition culturelle entre « l’occident » et le « monde islamique » qui se renforce de plus en plus. Comme le cas Calderoli l’a démontré, il s’agit d’une urgence absolue pour toute hypothèse de changement. Battre la politique du choc des civilisations est une priorité incontournable. Pour un éventuel gouvernement de centre-gauche, cela signifie savoir proposer des options et des choix profondément différents de ceux qui dominent la scène mondiale, non seulement depuis 2001 mais aussi depuis la première guerre du Golfe de 1991. En somme, si le retrait des troupes de l’Iraq est un passage obligé, il est évident que cet acte ne réglera pas tout et qu’il faudra savoir en même temps affronter la crise iranienne — le « Financial Times » vient de dévoiler l’existence d’un projet états-unien pour renverser le régime de Téhéran — et résoudre le problème palestinien. Cela ne sera pas facile, comme en témoigne l’interview outrageuse de l’ambassadeur israélien à Rome à propos de notre Ali Rashid (5). Il ne faut pas oublier non plus, sur la « frontière » du monde musulman, que l’Italie est également engagée en Afghanistan sous couvert d’une guerre à laquelle nous nous étions opposés et qui n’a résolu aucun des problèmes qu’on prétendait vouloir résoudre. En somme, le tournant face à Berlusconi passe par une nouvelle politique internationale qui récupère un rôle de médiation de la paix pour l’Italie en mesure de valoriser sa fonction de « charnière de la Méditerranée » et donc de pont vers le monde arabo-musulman. Ainsi, la manifestation du 18 mars (6) est importante car elle sera l’occasion de puiser des ressources à la fois sur le plan programmatique et en concentrant les énergies humaines.

Le problème est le suivant : le programme et la coalition du centre-gauche (7), dont le Parti de la refondation communiste (PRC) est partie prenante, réussiront-ils à changer la politique et à ouvrir une nouvelle phase et une nouvelle perspective pour les travailleurs italiens ? La réponse est évidente et, malheureusement, c’est non.

Le PRC à soutenu un accord politique gouvernemental avec le centre-gauche, en donnant vie à la coalition de l’Union. C’est un choix que, en tant que courant Sinistra Critica (8), nous avons combattu en lui opposant simplement un accord technique-électoral pour battre la droite et Berlusconi. La ligne choisie par la majorité du parti a débouché sur un accord programmatique — un texte de 280 pages — qui sert de base pour l’accord gouvernemental. La déception que provoque ce texte dépasse nos craintes même les pires (9). Il s’agit, en effet, d’une orientation libérale, qui a été « tempérée » par l’apport du PRC sans que pour autant cela conduise à un changement significatif en ce qui concerne la gestion de l’État capitaliste (et, du fait de la nature de l’alliance et du le rôle de Prodi, il ne pouvait en être autrement).

Le programme soutient le Pacte de Stabilité et le Consensus de Lisbonne et possède une vision euro-libérale de l’Union européenne (UE) en continuité avec la gestion de Prodi de la Commission européenne. Dans le domaine de la politique extérieure, le texte propose, en effet, le retrait des troupes d’occupation en Irak — même si c’est après consultation avec le gouvernement irakien — mais il soutient la politique d’alliance atlantique avec les États-Unis et la perspective d’une armé européenne pour contrebalancer la force de Washington. Le texte parle expressément des privatisations et libéralisations de l’économie — sauf l’eau qui doit rester publique — et, au contraire des expectatives des mouvements sociaux, il ne s’engage pas à abroger le pires lois du gouvernement Berlusconi (la loi sur la précarité du travail, la loi sur l’école, etc.). C’est donc une orientation libérale que la direction du PRC présente comme un acquis et une victoire dans la confrontation avec les partis sociaux-libéraux de l’Union (Démocrates de gauche et Marguerite), alors qu’au contraire, ces derniers donnent le ton à l’alliance.

Le pacte des producteurs

Ce rôle est visible dans l’offensive que les forces néolibérales son en train de jouer dans la campagne électorale, où le PRC est le plus fidèle supporteur du programme commun...

Le premier niveau de cette offensive est plus nettement économique. Prodi a déjà fait un pas explicite sur ce terrain, en annonçant la réduction des charges fiscales sur l’emploi (10) qui est en continuité avec les politiques antérieures, vu l’avantage quasi exclusif qu’il comporte pour les entreprises. Mais le piège est plus complexe et il se cache dans les plis du budget public. Le montant du rapport entre le déficit et le PNB, que le gouvernement Berlusconi lègue à son successeur et que L’Union européenne a déjà mis sous observation, reste inconnu. En 2005 il a été de 4,3 %, alors que l’Italie s’est engagée envers l’Union européenne à porter ce chiffre au-dessous de 3 % en 2007. Pour 2006, le gouvernement a prévu 3,5 %, mais il n’y a aucune certitude que cette manœuvre financière atteindra ce résultat. Cela peut signifier un lourd héritage pour le prochain gouvernement, parce que tout point de pourcentage du PNB vaut environ 13 milliards d’euros… Il est donc facile de faire les comptes. Cette situation paraît préoccupante, si nous regardons comment Prodi l’explique à la presse internationale : « Si nous gagnons les élections — a-t-il dit au quotidien français « Les Échos » — notre engagement fondamental est justement de donner un signal d’assainissement des finances publiques. Notre objectif est de revenir progressivement à un déficit satisfaisant et de faire beaucoup mieux que les critères de Maastricht d’ici à cinq ans » (11).

Le deuxième niveau correspond à une restructuration du système industriel italien, en mesure de faire face à la concurrence internationale. Confindustria ne veut pas céder quant aux règles qui introduisent la précarité, continue à exiger des subventions et aides diverses et a besoin d’un système de négociation qui permette à l’Italie de faire ce que l’Allemagne a pu réaliser et qui, aux yeux des entrepreneurs, justifie la reprise. Cela, alors que le capital italien a entamé une profonde réorganisation financière, comme le démontre l’affrontement dans le système bancaire. De ce fait, la majorité des groupes bancaires, du moins les plus importants, comme Intesa et Unicredit, se sont rangés du côté de l’Union. Cette offensive se nourrit de deux rengaines idéologiques : la première est que pour retrouver la compétitivité il faut réduire les coûts d’entreprise — ce qui semble évident mais est démenti par tout ce qui est arrivé au cours des derniers vingt ans — et la seconde est que pour aider les entreprises à mieux évoluer sur le marché mondial il faut libéraliser les services (c’est la rengaine qui est derrière Bolkestein). En somme, c’est la question du « déclin » qui, pour beaucoup, y compris pour le centre-gauche, signifie la perte de productivité, tandis que pour d’autres, la minorité, y compris nous, il s’agit avant tout du déclin des salaires. Pour ne pas être ambigu, Prodi a répondu positivement à l’appel, lancé par le président du patronat italien, Luca Cordero di Montezemolo, qui a demandé plus d’aide aux entreprises, plus de réduction du coût du travail, plus de liberté d’action dans les usines, plus de flexibilité du travail, plus de compétitivité. En même temps, Prodi s’est présenté au congrès de la CGIL, le principal syndicat italien, pour gagner son soutien et pour présenter, sous les plus chaleureux applaudissements, la même recette sociale. Le but est évident : la stratégie de Prodi et de l’Union est le renouvellement d’une ligne « de concertation » entre les syndicats et le patronat, une sorte de « pacte des producteurs » moderne, qui s’explique aussi avec le projet d’augmenter la taxation sur les revenus rentiers tout en diminuant, en même temps, le coût du travail alors même que sa productivité est supposée croître.

Le troisième niveau de l’offensive est politique et démocratique, et touche en général le rôle des mouvements, de la citoyenneté active et du conflit social. Il est insupportable de constater comment des porte-parole influents de l’Union et les principaux quotidiens italiens favorables à celle-ci traitent les habitants du Val de Susa (12). Cette attitude — face à toute une population en lutte — est un indice du rapport établi en général envers toute forme de ferment social qui n’entre pas dans les canons de comptabilité établis par les dirigeants de la Marguerite ou par les principaux porte-parole de DS. Ce n’est pas un hasard que Rifondazione soit la cible, vu ses liens avec le mouvement No Tav (contre le train à grande vitesse) et son engagement au sein du mouvement pacifiste et du mouvement altermondialiste. Il y a là une articulation délicate qui, par exemple, a rendu impossible, que le programme de l’Union soit vraiment « participatif » et qu’il soit discuté à un niveau de masse. Il y a un droit à la désapprobation, qui semble être octroyé par en haut et qui met la camisole de force à tout ce qui échappe aux compromis possibles et aux équilibres intérieurs à la coalition, spécialement quand il s’agit de politique internationale.

Enfin, il y a un quatrième niveau, celui de la culture démocratique et des droits civiques. L’Union a réussi à se mettre à dos presque toutes les associations homosexuelles et aussi une partie du mouvement des femmes. Son option quant aux unions civiles a laissé non seulement de l’amertume mais même de la déception et de la rage. Le refus d’Arcilesbica (13) de s’engager pour le vote en faveur de l’Union est symptomatique d’un état d’esprit plus diffus et le prix payé à la hiérarchie catholique pourrait être très élevé.

Le PRC ferme un cycle

Tout cela ne démontre pas seulement l’impossibilité d’un accord gouvernemental avec la gauche libérale qui satisfasse les aspirations des travailleurs, mais aussi l’ampleur du tournant pris par le PRC italien. Rifondazione ferme ainsi un cycle de son histoire : le parti a choisi se s’intégrer à une coalition politique qui soutient les intérêts du patronat pro-européen italien et ce n’est pas un hasard si ce choix correspond à deux autres données importantes : le processus, déjà en cours, qui doit porter à la formation d’un nouveau sujet politique qui s’appellera « Section italienne de la Gauche européenne » et qui représente une dissolution « de facto » du PRC ; et le choix de la « non-violence » comme élément identifiant ce nouveau projet politique. En plus, le choix d’écarter la candidature de Marco Ferrando — représentant de l’autre composante trotskiste du PRC — à cause de ses déclarations publiques sur la résistance irakienne, est symptomatique d’un parti plus prêt à satisfaire ses alliés de l’Union (qui ont demandé l’élimination de Ferrando) que de défendre l’intégrité du parti lui-même.

La situation de la gauche italienne va donc changer rapidement et cela produira une torsion dans notre attitude et dans notre projet politique. Ce n’est donc pas par hasard qu’en tant que Gauche Critique nous sommes en train de discuter un « Manifeste programmatique » pour élaborer les coordonnées d’une Gauche Anticapitaliste nouvelle et moderne. Ce débat est mené dans le parti et il a pour but de s’étendre a tout(e)s les militant(e)s. Mais, en même temps, il est un instrument pour nous préparer en vue d’un scénario incertain et qui évoluera rapidement.

Nous avançons cette initiative dans le cadre de la campagne électorale. Après, elle se posera, au travers des propositions et des choix, dans le futur parlement, où nous sommes en train d’accéder en tant que représentants de la Gauche Critique. Il s’agira d’une bataille très dure et importante parce que le PRC est prêt à soutenir un gouvernement bourgeois et que cela ne manquera pas d’avoir un impact sur nous mêmes. C’est dans cette perspective, très difficile, que nous sommes en train de discuter de l’évolution de la Gauche Critique, de son autonomie, de son rôle pour maintenir une perspective anticapitaliste et révolutionnaire dans la politique italienne.

Rome, le 15 mars 2006

1. Casa delle liberta (Maison des libertés) est le nom de la Coalition électorale autour de Silvio Berlusconi, qui regroupe notamment Forza Italia (le parti créé par Berlusconi), l’Alliance nationale (parti d’extrême droite post-fasciste domestiqué), la Ligue du Nord (parti xénophobe qui avait réclamé l’indépendance de l’Italie du Nord), l’Union démocrate chrétienne (les morceaux les plus conservateurs de l’historique Démocratie chrétienne, qui a éclaté à la suite des procès contre la corruption — Mani pulite, Mains propres en italien — de 1992), le Nouveau parti socialiste italien (tradition conservatrice du PSI qui a sombré dans la corruption) et le Parti républicain italien. Le 17 février 2006 Silvio Berlusconi a signé un accord électoral avec Allessandra Mussolini, petite-fille du dictateur, intégrant ainsi l’organisation néo-fasciste Alternative sociale qu’elle dirige à la Maison des libertés.

2. Roberto Calderoli, ministre des Réformes au gouvernement Berlusconi, de la Ligue du nord xénophobe, a créé le scandale en arborant le 14 février un t-shirt avec les caricatures danoises du prophète. Il a dû démissionner le 18 février à la demande de Berlusconi. La Ligue du Nord aspire à un « choc des civilisations » et réclame du pape qu’il prenne la tête d’une « croisade » contre l’Islam…

3. Le « Manifeste pour l’Occident » du président du Sénat Marcello Pera — pour l’Occident… mais contre les valeurs laïques ! Signalons que Liberazione a publié un contre-manifeste le 5 mars 2006.

4. Confindustria est l’organisation patronale italienne.

5. Ali Rashid, un intellectuel et représentant politique palestinien qui a pris récemment la nationalité italienne, est candidat aux élections législatives pour le Parti de refondation communiste (PRC). Dans une interview donné à « Il Giornale » (propriété de la famille Berslusconi) du 28 février, l’ambassadeur israélien à Rome, Ehud Gol, l’a outrageusement insulté.

6. Le 18 mars, troisième anniversaire de la guerre en Irak, est une journée internationale de mobilisation contre la guerre. Après une semaine de mobilisations dans toute l’Italie, une manifestation nationale est prévue à Rome ce 18 mars 2006.

7. La Coalition de centre-gauche porte le nom de « l’Unione » (l’Union). Elle est composée de la Fédération de l’Olivier, qui constitue sa colonne vertébrale, de plusieurs petites organisations — l’Union des démocrates européens (démocrates chrétiens), du Parti des communistes italiens (PdCI, une scission de droite du PRC), de la Fédération des Verts, de l’Italia dei Valori, la Rose au poing (une alliance des sociaux-démocrates italiens et des radicaux) — satellisés par l’Olivier et du Parti de la refondation communiste (PRC). La Fédération de l’Olivier pour sa part allie les Démocrates de gauche (DS, ex-PDS, ex-PCI), la Marguerite (d’origine démocrate chrétienne, dirigée par de Francesco Rutelli) et les Républicains européens (également démocrates chrétiens).L’Unione est dirigée par Romano Prodi, qui a été Président du conseil des ministres italien (mai 1996 - octobre 1998) et Président de la Commission européenne (1999 - 2004), à nouveau candidat pour diriger le gouvernement.

8. Sinistra critica (Gauche critique) est apparue en tant que courant autour de la revue ERRE (Resistenze, Ricerche, Rivoluzioni) et a présenté une motion alternative à celle de la majorité lors du VIe Congrès du PRC en mars 2005, obtenant alors 6,5 % des mandats. Les militants qui ont formé ce courant avaient rejoint en octobre 1998 la majorité du PRC de Fausto Bertinotti, en accord avec lui pour que le PRC cesse de soutenir la politique néolibérale du précédent gouvernement Prodi. Ils ont repris leur autonomie lorsque Bertinotti a opéré un tournant vers la coalition de centre-gauche en 2004.

9. On lira avec intérêt à ce sujet le document de Sinistra Critica présenté à la réunion de la Direction nationale du parti lors de laquelle le programme de l’Union a été approuvé, que nous reproduisons en p. …

10. Interrogé sur sa promesse emblématique de réduire le coût du travail de 5 %, Prodi a parlé aux « Échos » de la « diminution du niveau d’imposition de l’heure travaillée qui, en Italie, est parmi les plus élevées de l’Europe » (Les Échos du 22 février 2006). On voit ainsi que, quel que soit le pays concerné, les néolibéraux trouvent toujours que « les charges » (la partie sociale du salaire) y sont plus élevées qu’ailleurs…

11. Les Échos du 22 février 2006.

12. Une liaison ferroviaire à grande vitesse entre Lyon et Turin est en projet. Elle devrait conduire à la construction d’un tunnel de 53 kilomètres débouchant dans la vallée de Susa (Val de Susa), dont la population est massivement mobilisée contre ce projet… En novembre dernier une grève générale a paralysé la vallée.

13. Plusieurs des ARCI (Associations récréatives et culturelles italiennes), autrefois liées au Parti communiste italien, sont des associations progressistes importantes. Arcilesbica www.arcilesbica.it est celle des lesbiennes en Italie.

Traduction : Maria Gatti (de l'italien)

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