Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

Politique

N° 526-527 avril-mai 2007 *

REFONDATION COMMUNISTE

Quelques repères chronologiques

Cf. aussi : [Italie]

— Novembre 1989 : Trois jours après la chute du mur de Berlin, le secrétaire du Parti communiste italien (PCI), Achille Occhetto, annonce qu'il faut un nouveau parti à la place du PCI.

— Mars 1990 : Au XIXe congrès du PCI, l'orientation d'Occhetto obtient 67 % des mandats. Il s'agit de passer du PCI à une sorte de parti progressiste dont l'orientation serait de « ne pas opposer les anti-démocrates-chrétiens aux anti-communistes » mais de les unir. Deux tendances opposées apparaissent ; l'une autour d'Ingrao et de Natte obtient 33 % en refusant le changement de nom et l'autre, autour d'Armando Cossutta, plus radicale et revendiquant la tradition communiste (mais non le stalinisme), obtient 3 %.

— Janvier 1991 : Le congrès du PCI adopte le changement de nom et la fondation du Parti démocratique de gauche (PDS). Une minorité, conduite par Cossutta et Sergio Garavini, comptant 11 sénateurs et 3 députés, scissionne et s'engage dans la formation du Mouvement de refondation communiste.

— Mai 1991 : Premières assises nationales du MRC. Aux élections locales ses candidats obtiennent en moyenne 2,6 %, mais sans être présents dans l'ensemble des localités. Dans certaines agglomérations ouvrières, le score du MRC dépasse les 10 % et dans une sa liste dépasse celle du PDS.

— Octobre 1991 : Une manifestation nationale du MRC contre la loi de finances réunit 50 000 personnes à Rome, « l'opposition est de nouveau dans la rue » affirme le MRC.

— Décembre 1991 : Congrès de fondation du Parti de la refondation communiste, auquel participent outre les militants issus du PCI, ceux provenant de Démocratie prolétarienne, des diverses organisations trotskistes, etc. 1 178 délégu-é-s (un délégué pour 100 membres), dont 532 sont d'anciens membres du PCI et 113 d'anciens membres d'autres partis.

— Avril 1992 : Aux élections, le PRC obtient 5,6 % de voix pour la Chambre des députés et 6,5 % des voix pour le Sénat (il faut avoir dépassé les 25 ans pour pouvoir voter aux sénatoriales, c'est donc un électorat plus âgé). Avec 35 députés et 20 sénateurs, le PRC va compter sur la scène politique italienne. Aux élections européennes de 1994, le PRC obtiendra 6,1 % des suffrages.

— Mars 1995 : Quinze députés du PRC votent la loi de finances néolibérale du gouvernement « technique » de Lamberto Dini (qui parvient à commencer la contre-réforme des retraites !), ce qui provoque une crise dans le parti. En juin 1995 ils scissionnent avec Garvini et Lucio Magri pour fonder le Mouvement des communistes unitaires, qui intégrera le PDS.

— Avril 1996 : Pour faire face à une loi électorale qui n'autorise l'élection à la proportionnelle que d'un quart des députés, le PRC passe un accord de désistement avec l'Olivier (une coalition formée par le PDS et le centre démocrate-chrétien notamment). Il obtient 8,6 % des suffrages, 35 députés et 11 sénateurs. Ses élus soutiennent de l'extérieur le gouvernement de centre-gauche dirigé par Romano Prodi. Mais dès fin juin 1996 ils se considèrent comme partie prenante de la majorité parlementaire…

— Décembre 1996 : Au congrès du PRC un texte d'opposition — qualifié de « trotskiste » même si la moitié des dirigeants qui l'ont signé proviennent de la tradition du PCI — obtient 15 % des mandats.

— Octobre 1997 : Le PRC refuse de soutenir le projet de budget du gouvernement Prodi, provoquant une crise gouvernementale. Après une démission de Prodi, des négociations s'ouvrent et finalement aboutissent à un accord : le PRC soutiendra le gouvernement pendant un an en échange de la promesse d'un projet de loi sur les 35 heures… pour l'an 2000.

— Octobre 1998 : Après avoir préparé le parti depuis plusieurs mois, Fausto Bertinotti prend l'initiative de refuser le vote du budget du gouvernement Prodi, contre Armando Cossutta (qui faisait partie de la majorité au congrès précédent), mais avec le soutien d'une partie de la minorité (Maitan, Turigliatto…), ce qui fait tomber le gouvernement. L'autre partie de la minorité (Ferrando, Grisolia…) présente une motion séparée allant dans le même sens, mais ne constituant pas une majorité permettant de rompre avec le gouvernement Prodi. Mis en minorité, Cossutta scissionne, forme le Parti des communistes italiens (PdCI), soutient le gouvernement de centre-gauche de D'Alema (qui remplace Prodi) et reproche au PRC d'avoir remplacé « une majorité Cossutta-Bertinotti » par « une majorité Bertinotti-Maitan ». Commence en effet un tournant à gauche du PRC qui le conduira à prendre toute sa place dans le mouvement altermondialiste et à jouer un rôle central dans la grande mobilisation contre le G-8 en juillet 2001 à Gênes, puis dans le mouvement contre la guerre. Si aux européennes de 1999 le PRC n'obtient que 4,3 % des voix (et le PdCI 2 %), aux régionales de 2000 et aux législatives de 2001, malgré un recul généralisé de la gauche, il se stabilise à 5 % des suffrages. Notons que la direction du parti n'hésite pas à confier à Gigi Malabarba, militant connu de la IVe Internationale, la charge de chef du groupe du parti au Sénat.

— Avril 2002 : Au congrès le PRC adopte une orientation de construction des mouvements sociaux et d'une alternative de gauche. Une minorité conduite par Ferrando et Grisolia obtient 16 % des mandats, alors que les militants de la IVe Internationale choisissent d'amender l'orientation majoritaire et de construire une direction de parti unitaire.

— Juin 2003 : Plus de dix millions de personnes (87,3 % des suffrages exprimés) votent lors d'un référendum d'initiative populaire en faveur de l'élargissement des droits des travailleurs, en particulier dans les petites entreprises. Mais la participation n'atteint pas les 50 % qui obligerait le gouvernement Berlusconi à adopter une loi issue de ce vote. Car la campagne référendaire ne fut menée que par le PRC et les mouvements sociaux, avec un soutien tardif et sans mobilisation de la part de la direction de la CGIL, principale confédération syndicale, et une attitude négative du centre-gauche. Pour Bertinotti, c'est la preuve de l'échec de l'orientation adoptée en 2002. A la veille d'une réunion de la direction nationale, il annonce dans la presse une inversion de la ligne du parti vers un accord programmatique avec l'Olivier en vue des élections de 2006. Aux européennes de 2004, le PRC obtient 1 926 000 voix (6,1 %), bénéficiant encore de son orientation gauche.

— Février 2005 : Le PRC intègre la coalition de centre-gauche appelée Unione (Union). Le leader de cette coalition devant être élu lors d'une élection primaire, c'est Romano Prodi qui l'emporte haut la main avec les trois quarts de voix, en octobre 2005 (Bertinotti arrive en second, avec 14,7 %).

— Mars 2005 : Au congrès du PRC Bertinotti s'assure une majorité de 59,17 %. Quatre courants minoritaires combattent son orientation : « Être communiste », s'inspirant de la tradition de Palmiro Togliatti, a obtenu 26 %, « Projet communiste » animé par Ferrando et Grisolia (qui s'est divisé avant de quitter le PRC en plusieurs vagues avant les élections d'avril 2006) a obtenu 6,5 %, « Gauche critique » a obtenu 6,5 % et « Faucille et Marteau », lié au courant trotskiste international du britannique Ted Grant, a obtenu 1,6 %.

— Avril 2006 : L'union remporte difficilement les élections législatives, ne disposant au Sénat que d'une voix de majorité. Le gouvernement Prodi, pléthorique (101 membres en comptant les vice-ministres et les sous-secrétaires) compte un ministre du PRC : Paolo Ferrero au ministère de la solidarité sociale.

— Juillet 2006 : Première crise lors du vote des crédits de missions militaires extérieures, car si Prodi retire les troupes d'Irak c'est pour renforcer la présence militaire italienne en Afghanistan. De plus, Prodi présente la motion de confiance sur ce vote, pour forcer l'ensemble de la gauche à voter en faveur de la guerre en Afghanistan ou faire tomber le gouvernement à peine élu. Le mouvement pacifiste se remobilise lentement, les élus de la Gauche critique — Salvatore Cannavò à la Chambre, Gigi Malabarba (qui laissera sa place dès le mois d'août à Mme Haidi Giuliani, dont le fils Carlo a été assassiné par la police lors de la manifestation de Gênes en juillet 2006) et Franco Turigliatto prennent l'initiative d'une pétition contre la guerre signée par 16 sénatrices et sénateurs qui annoncent voter cette fois-ci encore la confiance — et donc la guerre — mais ne plus voter une seconde fois pour la guerre.

— Février 2007 : Cent mille personnes manifestent contre l'agrandissement de la base militaire étatsunienne de Vicenza. Franco Turigliatto du PRC-Gauche critique, ainsi qu'un sénateur du PdCI, Fernando Rossi, ne vote pas cette fois-ci en faveur de la guerre en Afghanistan et de la base de Vicenza. Sa voix manque à la majorité Prodi et c'est la crise gouvernementale. Turigliatto présente sa démission du Sénat. La direction du PRC l'expulse du parti.

— Mars 2007 : A l'initiative de la Gauche critique, plus de mille personnes participent aux réunions des « incompatibles avec la guerre et le néolibéralisme » qui se déroulent dans tout le pays en solidarité avec les choix politiques de Franco Turigliatto : 400 personnes à Turin (où F. Turigliatto est élu), 350 à Rome, plusieurs centaines à Brescia, Milan, Riccione, Bari…

— 14 avril 2007 : rassemblement national et manifestation à l'initiative de la Gauche critique à Rome.

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