Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 607-608 août-septembre 2014 *

BELGIQUE

Et maintenant ? La LCR, le PTB, la gauche syndicale et les perspectives

Cf. aussi : [Belgique]

Direction nationale de la LCR-SAP*

Le 25 mai, deux candidats du PTB sont entés à la Chambre, deux au parlement wallon et quatre au parlement bruxellois, élus sur des listes PTB-GO (Gauche d’Ouverture) en Wallonie, et sur une liste bilingue PTB-PVDA-GO! à Bruxelles.

Céline Caudron candidate LCR Belgique sur la liste PTB-GO Gauche d'Ouverture! au Parlement européen. © Photothèque Rouge/MILO

Céline Caudron candidate LCR Belgique sur la liste PTB-GO Gauche d'Ouverture! au Parlement européen. © Photothèque Rouge/MILO

Le 24 août 2014

Synthèse

1. Comment la LCR apprécie-t-elle le résultat des listes PTB-GO lors des élections du 25 mai 2014 ? Que signifie ce résultat, comparé à ceux d’autres élections dans le passé ?

Le seuil d’éligibilité au parlement fédéral belge se situe à 5 % et les circonscriptions ont été élargies au niveau provincial. Les seuils pour accéder aux parlements régionaux sont parfois plus élevés (sauf là où un dispositif particulier permet le groupement technique de listes pour contourner le seuil de 5 %). Cela rend l’élection d’un-e premier-e parlementaire plus difficile que dans d’autres pays et contribue à expliquer que la Belgique était un des seuls pays européens sans élu-e de la gauche radicale.

Depuis le tournant néolibéral du début des années 1980, en dépit de nombreuses luttes sociales contre l’austérité (cogérée par le PS et Ecolo), aucune liste ou organisation à gauche du PS n’a approché de près ou de loin le seuil de l’éligibilité. Les résultats de la gauche oscillaient entre 0,5 % et 2 %. Lors des élections européennes de 1994, par exemple, la liste Gauches unies (LCR, PC et indépendants) recueillait 1,7 % et le PTB 1 %.

On a senti un frémissement lors des élections fédérales de 2010. C’est alors que le PTB a pris la première place. Du côté francophone, il recueillait 2,07 % des voix et la liste Front des Gauches 1,15 % (LCR, PC, PSL et indépendants). Mais le changement qualitatif s’est produit deux ans plus tard. Lors des élections communales d’octobre 2012, en effet, le PTB est passé de 15 à 47 élus communaux, avec des scores qui le plaçaient au niveau des partis établis dans les grandes villes et dans certaines communes ouvrières, en Flandre, en Wallonie et à Bruxelles. Dès lors, une percée centrale au niveau des parlements devenait possible.

Cette percée s’est produite le 25 mai dernier, lors des élections simultanées pour le parlement fédéral, les parlements régionaux et le parlement européen. Deux candidats du PTB entrent à la Chambre, deux au parlement wallon et quatre au parlement bruxellois. Tou-te-s ont été élu-e-s sur des listes PTB-GO (Gauche d’Ouverture) en Wallonie, et sur une liste bilingue PTB-PVDA-GO! à Bruxelles. Ces listes rassemblaient autour du PTB des personnalités indépendantes, la LCR et le PC. Elles bénéficiaient en outre de la sympathie, voire du soutien, de secteurs syndicaux.

Du côté flamand, le PTB a jugé qu’il n’y avait pas de partenaires pour une ouverture du même type. Son résultat à Anvers est excellent (4,52 %, plus de 8 % dans la ville), mais il ne décroche pas le siège de député qu’il espérait pour Peter Mertens, son président national. Au-delà de cette déception, il reste que la Belgique n’est plus une exception en Europe : la gauche radicale est entrée dans les assemblées élues.

2. Comment expliquer le déblocage des possibilités électorales pour la gauche radicale ?

La raison principale du blocage résidait dans le fait que la social-démocratie a longtemps conservé une réelle base sociale populaire. En Flandre, la plus grande partie de cette base a quitté la social-démocratie il y a plusieurs années, mais pour aller vers l’extrême droite, puis vers les nationalistes. Le champ politique est tellement dominé par la droite que le vote « utile » pour les socialistes (et surtout pour les verts, qui sont dans l’opposition à tous les niveaux) apparaît comme un moindre mal. Cette situation se répercute dans la partie francophone où le PS (et les Verts) sont majoritaires et appliquent la politique néolibérale, mais en se présentant malgré tout comme le rempart contre la droite et contre « les Flamands » (« Sans nous ce serait pire »). Pendant près de trente ans, la social-démocratie a ainsi pu garder le monopole électoral de la gauche, malgré le fait qu’elle menait au gouvernement une politique de droite et que certains de ses dirigeants étaient éclaboussés par des scandales de corruption.

Ce mécanisme a commencé à se fissurer après la longue crise politique consécutive aux élections fédérales de 2010. Au terme de celle-ci, en effet, le président du PS, Elio Di Ruppo, a enfin pu concrétiser son ambition de devenir Premier ministre. Le fait que son gouvernement fédéral n’avait pas de majorité en Flandre, et était attaqué par les libéraux nationalistes de la NVA (Alliance néo-flamande, qui avait percé comme premier parti) a conduit Di Rupo à appliquer la politique néolibérale avec un zèle tout particulier. De janvier 2012 à mai 2014, il a imposé une « thérapie du choc » dans l’espoir de permettre à la droite classique flamande (Démocrates chrétiens et flamands : CD&V ; Libéraux et démocrates flamands : OpenVLD) et au Sp.a (le PS en Flandres) de regagner une majorité contre la NVA. Son calcul était que le PS aurait ainsi toutes les chances de rester au gouvernement.

C’est le monde du travail qui a payé la facture de ce calcul politicien, et elle a été salée. Les syndicats ont été poussés dans le coin, les salaires ont été bloqués pour deux ans, la carrière a été allongée, Maggie De Block (1) a eu carte blanche pour serrer la vis aux demandeurs d’asile, aux sans-papiers et aux étrangers, la politique sécuritaire des SAC (2) a été imposée envers et contre tout. Pour boucher le trou creusé par le sauvetage des banques sous le gouvernement Leterme, vingt-deux milliards d’euros d’économies ont été imposés à la hussarde, sur le dos notamment des chômeuses et chômeurs, des allocataires sociaux et du secteur public.

Cette politique a suscité un mécontentement d’autant plus profond qu’elle était menée sous la houlette d’un Premier ministre PS. C’est la première raison du déblocage des possibilités électorales pour la gauche, et la plus importante. Au cours de la campagne, sur le terrain, les militant-e-s s’en sont rendu compte : une partie de la base sociale traditionnelle du PS a voulu punir celui-ci et exprimer son désir d’une alternative sociale.

La deuxième raison est le ton général de la campagne PTB-GO ! (et PVDA+ en Flandre). Le discours tenu, les arguments avancés, les revendications concrètes proposées, la manière de s’exprimer devant la masse des gens : tout cela « collait » assez bien au niveau actuel de radicalisation. Le mérite en revient principalement au PTB, et pas seulement à ses porte-parole. En effet, ce discours et ce ton sont le produit de la centralisation de l’expérience de terrain des membres du PTB dans les quartiers, les entreprises, les associations. Alors que des militants, dans les années 1990, baissaient les bras devant l’offensive idéologique néolibérale, le PTB a maintenu l’idée de construire un parti pour contester la social-démocratie dans sa propre base sociale populaire, et cette persévérance est aujourd’hui récompensée. Quelles que soient les critiques à faire au programme, à l’idéologie et au fonctionnement du PTB, c’est une leçon pour toute la gauche.

La troisième raison est l’image de rassemblement créée du côté francophone par la « Gauche d’Ouverture » (la LCR, le PC, les personnalités) et ses importants appuis syndicaux. Des années 1970 jusqu’à récemment, toute la gauche belge avait été contaminée peu ou prou par le sectarisme outrancier du PTB, qui est sa principale composante. Grâce au « GO », l’électeur de gauche a eu le sentiment que les vieilles querelles étaient en train d’être dépassées, de sorte que le vote pour les listes PTB-GO lui permettrait d’exprimer simplement son adhésion à des mots d’ordre, des principes et des valeurs fondamentaux de toute la (vraie) gauche tels que la justice sociale, la justice fiscale et la solidarité. Malgré ses manques ou ses imperfections, PTB-GO était la seule réponse à l’appel lancé le 1er Mai 2012 par la FGTB (3) de Charleroi-Sud-Hainaut, qui demandait un rassemblement anticapitaliste afin de présenter une alternative politique au PS. C’est pourquoi les autres listes de gauche présentes dans ces élections (4) ont été complètement marginalisées.

3. Le succès est-il dû avant tout au rassemblement ?

Non, les trois éléments d’explication ont joué et les deux premiers sont décisifs. Mais il est indiscutable que les sondages ont décollé tout de suite après la conférence de presse de présentation du GO, fin janvier. L’impact de cette conférence de presse a été très important. Les membres du Comité permanent de la FGTB de Charleroi y étaient présents, non pour appuyer le PTB (comme la presse l’a dit), mais pour se féliciter qu’un premier pas soit fait dans le sens de leur appel du 1er Mai 2012. Cette intervention de Daniel Piron et de ses camarades a eu un poids énorme, non seulement dans les médias mais aussi et surtout à la base, dans les entreprises.

Vu le score atteint en province de Liège, il est fort probable que Raoul Hedebouw aurait été élu même sur une liste PTB+, sans l’appoint du rassemblement concrétisé dans la « Gauche d’Ouverture ». Mais il est certain que, sans la dynamique du GO, il n’aurait pas été rejoint par Marco Van Hees. En effet, la liste PTB-GO ! pour la Chambre dans le Hainaut ne dépasse le seuil d’éligibilité que de 1 300 voix environ. Or, les deux candidat-e-s de la LCR amènent 2 500 voix à la liste, et celui du PC près de mille en plus. Surtout, c’est dans cette province que la gauche syndicale s’est mouillée le plus explicitement, et elle l’a fait parce qu’il y avait ouverture.

Deux semaines avant le vote, les 150 membres du comité de la MWB Hainaut-Namur (métallos FGTB) votaient une résolution qui se terminait par ces mots : « La gauche au pouvoir, à force de composer, s’est décomposée et s’est diluée dans la droite (…). Après une législature marquée par l’austérité et le démantèlement des droits sociaux, il est temps d’amorcer un virage à 180 degrés à gauche : la vraie gauche anticapitaliste porteuse d’espoir pour le monde du travail ». Ce texte a été diffusé par de nombreuses délégations d’entreprise (c’est une des causes du score étonnant des listes PTB-GO en province de Namur : 4,86 % !). Dans le Hainaut occidental, les métallos de la FGTB ont carrément porté la campagne PTB-GO, notamment en organisant le 25 avril un débat public avec Marco Van Hees et Raoul Hedebouw (PTB), Freddy Mathieu (LCR) et François d’Agostino (PC). Un soutien moins visible mais réel a été apporté par d’autres syndicalistes, notamment des militant-e-s de la CNE (5) qui avaient organisé avec la FGTB de Charleroi la réunion pour une alternative anticapitaliste à la Géode, en mars 2013.

4. Le PTB était à l’origine une organisation mao-stalinienne très sectaire, farouchement anti-trotskiste et dirigée de manière autoritaire. Le voici devenu un vrai petit parti politique avec quelques milliers de membres. Mais n’est-il pas en train de suivre la trace du SP des Pays-Bas, qui n’est plus anticapitaliste et participe à des coalitions avec le parti libéral ? D’autre part, le GO n’a-t-il pas permis au PTB de se dédiaboliser à bon compte, sans rompre explicitement avec son passé ?

Le passé du PTB est en effet jalonné de prises de position effrayantes : la mobilisation contre « le social-impérialisme soviétique, ennemi principal des peuples » ; la dénonciation de Cuba comme « cinquième colonne » de cet « impérialisme » ; le soutien aux crimes de Staline, des Khmers rouges, de Karadzic, de Kim Il Sung, etc. Sans compter les zig-zags impressionnants sur l’attitude face aux syndicats : né en dehors du mouvement ouvrier, le PTB à l’origine était violemment antisyndical.

Mais le PTB vient du mao-stalinisme, ce qui n’est pas tout à fait la même chose que le stalinisme proprement dit. La référence maoïste explique notamment l’attachement du PTB au travail de masse dans les couches populaires (par le biais des maisons médicales où les patients sont soignés au tarif remboursé par la mutuelle) et sa capacité à mener des enquêtes pour « rectifier » ses erreurs.

Au début des années 2000, constatant qu’elle ne perçait pas électoralement en dépit des succès de ses campagnes et de ses « médecins du peuple », notamment, la direction du PTB a mené une enquête qui l’a conduite à rectifier son image pour la rendre moins sectaire et moins « extrémiste ». En même temps, la secrétaire générale a impulsé une tentative de percer par le biais de listes pilotées par le PTB mais élargies et qui ne portaient plus le sigle du parti. Lors des élections de 2003, une liste « Resist » a ainsi été déposée en alliance avec la Ligue arabe européenne. Comme ce fut un échec cinglant, un conflit aigu éclata entre la secrétaire générale et le président-fondateur, Ludo Martens. La première fut écartée mais le second tomba gravement malade, puis mourut.

Les cadres du parti ont alors élaboré une nouvelle orientation. Adoptée en 2008, elle est portée en grande partie par une nouvelle génération, dont plusieurs figures sont des enfants de cadres historiques du PTB. Les éléments clés en sont le maintien d’une image non sectaire et non extrémiste, axée sur des revendications immédiates très concrètes, un gros effort de communication pour profiler le PTB en tant que tel dans les médias (la parenthèse des listes « Resist » et autres est refermée), une pratique « unitaire » dans les mouvements sociaux, l’absence de toute critique publique des grandes organisations (notamment des bureaucraties syndicales) et une grande prudence dans la propagande de masse face aux « questions qui fâchent » (racisme, immigration, sans-papiers, homosexualité, etc.) – ce qui ne signifie pas que le PTB se taise sur ces questions ou soit absent des mobilisations.

Cette transformation a permis au PTB de recruter de plus en plus largement des affilié-e-s et des militant-e-s, affilié-e-s et militant-e-s qui ont renforcé les campagnes de masse (pour la baisse de la TVA sur l’énergie, par exemple). Celles-ci se sont appuyées sur le travail d’un bureau d’études efficace, l’attention des grands médias a été attirée, et la percée politique s’est amorcée.

Au cours de la campagne, certains ont reproché à la LCR de « se coucher devant le PTB » et de participer à une « aventure post-stalinienne ». Plutôt que de mener campagne avec le PTB, on nous a exhortés à construire quelque chose comme le Syriza grec ou le Bloc de Gauche portugais. Or, Syriza est une création du Synaspismos, l’aile eurocommuniste et droitière du Parti communiste grec : ce mouvement est donc né d’une « aventure post-stalinienne ». Quant au Bloc de Gauche, sa principale composante à la création était l’UDP maoïste, parti-frère du PTB à l’époque… Soit dit en passant : la plupart des organisations qui viennent du stalinisme ou du mao-stalinisme n’ont jamais fait un bilan en profondeur du stalinisme, des conditions de sa victoire et de ce qu’il aurait fallu faire pour le combattre. Cela ne les a pas empêchées d’évoluer de telle manière que la collaboration devienne possible et même nécessaire.

En réalité, nombreuses parmi les personnes qui ont dénoncé la LCR étaient celles qui pensaient que pas d’élus de gauche valait mieux que des élus du PTB. Certains ont tenté de pousser le PTB à l’écart de la dynamique ouverte par l’appel de la FGTB de Charleroi, et même d’instrumentaliser cet appel pour qu’il serve seulement à regrouper les « antistaliniens » et à les renforcer face au PTB. La LCR a combattu ces idées et ces tentatives. Nous avons estimé au contraire que le PTB nouveau avait un rôle clé à jouer dans la dynamique, et que sa participation était décisive pour que l’appel des syndicalistes de Charleroi débouche sur l’élection de parlementaires à gauche du PS et d’Ecolo.

Cela n’élimine ni nos désaccords avec le PTB ni les questions que nous nous posons sur sa rupture avec son passé mao-stalinien. Mais les conjonctures changent, les organisations évoluent. La politique n’est pas un jeu de copier-coller atemporel mais une activité concrète basée sur l’analyse des situations concrètes dans leur possible évolution. Il y a des moments où il faut appliquer la maxime de Napoléon : on s’engage et puis on voit… Par conséquent, sans pour autant oublier le passé, nous avons décidé de juger le PTB sur ce qu’il dit et fait aujourd’hui.

Quant au futur, il semble clair que le PTB s’est inspiré de l’expérience de son ancien parti-frère, le SP hollandais. Mais il est trop tôt pour dire qu’il évoluera tout à fait dans le même sens que celui-ci. Le contexte belge est fort différent, du fait notamment du poids spécifique du mouvement syndical en général, et du mouvement syndical socialiste en particulier. D’autres possibilités semblent donc ouvertes, dont certaines pourraient être plus intéressantes pour la gauche. Sur la scène internationale – en Grèce, au Portugal, aux Philippines, par exemple – les trajectoires d’autres organisations de la mouvance mao-stalinienne montrent une grande diversité.

5. Maintenant que la LCR ne juge plus le PTB sur son origine idéologique, comment voit-elle les points forts et les points faibles du PTB actuel, y compris de son régime interne ?

La réponse découle de ce qui a été dit plus haut. Les points forts : la volonté de construire un parti, plusieurs milliers d’adhérent-e-s, quelques centaines de cadres dévoués, des revendications immédiates concrètes, un bureau d’études produisant des analyses de qualité, un travail de terrain souvent remarquable (dans les quartiers, les entreprises), une communication efficace, de bons porte-parole, un investissement réel dans les mouvements sociaux, un vrai effort d’appréhension de la question écologique, un discours qui cherche à rassembler sur les valeurs de la gauche… Sur plusieurs de ces points, nous avons beaucoup à apprendre.

Les points faibles : la relative mise en sourdine du discours socialiste, la sous-estimation des revendications anticapitalistes pour jeter un pont entre les objectifs immédiats et le changement de société (les 32 heures/semaine ne figuraient pas au programme électoral du PTB, la nationalisation de tout le secteur financier non plus), le caractère trop timoré de certaines revendications immédiates (1 000 euros/mois minimum, c’est insuffisant pour lutter contre la pauvreté) et le suivisme vis-à-vis des bureaucraties syndicales. Ce dernier point est clé : le PTB ne semble pas voir qu’il y a un combat entre gauche et droite dans le syndicat. En tout cas, il fait comme si ce combat n’existait pas, comme si le PTB était l’expression politique de tout le mouvement syndical. Selon nous, c’est une erreur.

Un autre point crucial est que le PTB ne semble pas vraiment mesurer l’importance des luttes féministes et LGBT. Cette sous-estimation est apparue clairement dans la campagne, notamment à travers la composition des listes. L’enjeu se situe à plusieurs niveaux. Au niveau des luttes et des programmes, parce que les femmes sont en première ligne des attaques d’austérité. Au niveau des formes d’action, car l’auto-organisation des femmes s’impose pour lutter contre l’oppression spécifique. Au niveau idéologique, parce que la régression sociale va toujours de pair avec la restauration des valeurs réactionnaires. Au niveau du projet de société, enfin, parce que le combat contre l’oppression patriarcale devra se poursuivre dans une société non capitaliste. On sent le PTB réticent sur toutes ces questions qu’il semble percevoir comme des facteurs de division. Et en effet, les luttes des femmes (comme celles des LGBT, mais aussi celles des nationalités opprimées) mettent en cause la vision monolithique du combat de classe, donc aussi la vision monolithique du parti, qui sont deux caractéristiques du stalinisme.

Il s’agit en outre de ne pas oublier les questions internationales. Il en a été peu question pendant la campagne mais elles sont évidemment d’une très grande importance. Bien qu’il ait rompu avec la Corée du Nord, le PTB reste fortement marqué par une vision du monde en noir et blanc, qui consiste à estimer que les ennemis de nos ennemis sont forcément, sinon nos amis, du moins nos alliés. À la LCR, nous pensons que cette vision simpliste ne permet pas de s’orienter correctement. Nous luttons en priorité contre notre propre impérialisme, mais sans choisir automatiquement de soutenir « le camp » d’en face. Notre camp, c’est celui des exploité-e-s et des opprimé-e-s. Nous pensons que l’évolution de la situation internationale nous donne raison. On le voit en Ukraine, en Syrie et en Irak, par exemple. Ce n’est pas parce que les USA bombardent l’État islamique que la gauche doit se ranger « dans le camp » de l’État islamique, qui est une organisation criminelle.

Quant au régime interne du PTB, nous ne tenons pas à nous y immiscer. Nous constatons que le PTB n’est plus une organisation monolithique et que l’ambiance dans ses activités publiques est ouverte et sympathique. Il semble régner une grande liberté de discussion, et même d’action. Mais ces éléments positifs ne sont pas nécessairement incompatibles avec le cloisonnement et le verticalisme.

6. La campagne de la FGTB de Charleroi pour une alternative politique de rassemblement à la gauche du PS a-t-elle joué un rôle pour amener le PTB à accepter la coopération avec deux organisations beaucoup plus petites comme le PC et la LCR/SAP ?

Le 1er Mai 2012, la FGTB de Charleroi (102 000 affilié-e-s) a dénoncé la politique néolibérale de la social-démocratie et appelé à un rassemblement afin de construire une alternative politique anticapitaliste, à gauche du PS et des Verts. C’est un événement historique, sans précédent dans l’histoire de notre mouvement ouvrier. Ce n’est pas la première fois qu’un secteur syndical en Belgique rompt avec le PS, mais c’est la première fois que des responsables sortent du « syndicalisme pur » pour agir sur le terrain politique dans l’intérêt de leurs affilié-e-s, tout en maintenant leur indépendance syndicale.

La position de Charleroi est intéressante car elle renverse les rôles entre le social et le politique, entre les mouvements sociaux et les partis. Pour peu qu’elle s’accompagne d’un combat en faveur de la démocratie syndicale la plus large – et c’est le cas à Charleroi, cette conception nous semble porteuse de pratiques émancipatrices (au sens où Marx disait que « l’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes »).

Il est important de souligner que la FGTB de Charleroi ne s’est pas contentée d’un « coup de gueule ». Ses instances exécutives ont discuté et adopté deux documents programmatiques qui ont été tirés en brochures à dix mille exemplaires. L’une de ces brochures est une explication pédagogique des raisons pour lesquelles le syndicat devrait agir ouvertement sur le terrain politique, sans renoncer à son indépendance vis-à-vis des partis (cette stratégie est opposée explicitement à celle de « l’aiguillon » sur les « amis politiques »). L’autre est un programme anticapitaliste d’urgence, en dix objectifs.

Sur ces deux documents, la FGTB de Charleroi a organisé, en collaboration avec la CNE *, une assemblée ouverte qui a réuni quatre cents militants de tous horizons. De plus, elle a convoqué toutes les organisations politiques qui soutiennent son initiative à se réunir dans un comité de soutien, dont elle a présidé et animé les travaux.

Non seulement le PTB, mais toutes les organisations de gauche ont été mises face à leurs responsabilités. Le mouvement syndical garde un poids considérable dans notre pays, de sorte que l’Appel de la FGTB de Charleroi a suscité partout un espoir et un enthousiasme certain. Celles et ceux qui étaient là le 1er Mai 2012 ont eu l’impression qu’une brèche s’ouvrait enfin dans le contrôle que la social-démocratie exerce sur le syndicalisme. Celles et ceux qui ont cru pouvoir aller aux élections comme si de rien n’était, en snobant pour ainsi dire la FGTB de Charleroi, ou en voulant dicter eux-mêmes les conditions du rassemblement, ne pouvaient que se casser la figure.

Plutôt que de spéculer sur les débats internes soulevés au sein du PTB par l’initiative des syndicalistes, nous préférons mettre l’accent sur notre bilan comme LCR :

a) nous avons constaté que cet appel allait tout à fait dans le sens de notre « lettre ouverte aux syndicalistes » rendue publique trois mois plutôt ;

b) nous avons soutenu immédiatement et de toutes nos forces l’appel des syndicalistes de Charleroi ;

c) nous avons considéré que le PTB était incontournable pour commencer à avancer concrètement dans le sens de cet appel ;

d) les rapports des forces nous ont amenés à conclure à la nécessité d’un rassemblement autour du PTB, dans lequel ce parti jouerait forcément un rôle décisif. Le PTB étant ce qu’il est, nous avons donc écarté toute idée de liste alternative, mais aussi toute idée de cartel avec le PTB ou de liste unitaire sous un nom spécifique. C’est ainsi que nous avons collaboré activement à mettre sur pied ce qui allait devenir « PTB-GO ».

Dans la pratique, ce rassemblement « sui generis » n’a pas toujours été confortable pour la LCR. Le PTB a par exemple imposé un nombre maximum de candidat-es LCR et PC par liste et a décidé seul de leur place. Cependant, les choses se sont en gros bien déroulées. Surtout, l’essentiel à nos yeux était de faire en sorte que l’appel du 1er Mai 2012 trouve au moins un début de concrétisation, afin que la gauche syndicale sorte renforcée de l’épreuve. La social-démocratie spéculait sur un échec, la droite syndicale aussi. Il est d’une importance stratégique cruciale que ces forces aient été battues et la LCR a pris ses responsabilités pour cela, sans s’effacer pour autant.

7. La LCR/SAP, tout en militant pour le PTB/GO, avait au sein de cette alliance le droit de faire circuler son propre matériel, de mettre ses accents propres dans la campagne électorale. Quel ont été le profil et l’apport spécifique de la LCR/SAP dans la campagne électorale commune ?

En fait, il y a eu fort peu de campagne commune. En particulier, il n’y a pas eu de plateforme commune. Le seul document commun a été l’appel « Il est des rendez-vous à ne pas manquer », lancé par le comité de soutien aux listes PTB-GO. Le programme que le PTB a édité sous le label PTB-GO n’engageait ni les indépendants, ni la LCR, ni le PC. Cette situation était en partie le résultat du manque de temps, en partie le résultat du fait que le PTB se considérait comme seul dirigeant du GO. C’est le revers de la médaille.

L’autre aspect, c’est que nous avons eu toute liberté de mener notre propre campagne sur notre propre programme, avec notre propre matériel et en appelant à voter pour nos propres candidat-e-s. Nous l’avons fait dans les deux parties du pays, y compris en Flandre où, quoiqu’il n’y ait pas eu de « GO », nous avons néanmoins présenté des candidats sur les listes du PTB (PVDA en néerlandais).

Notre profil a été plus radical que celui du PTB : anticapitaliste, féministe, écosocialiste et internationaliste. Nous avons notamment défendu les 32 heures sans perte de salaire, la nationalisation sans indemnités du secteur bancaire et de l’énergie, défendu un programme féministe conséquent, etc. Nous n’avons pas agi ainsi dans un esprit de surenchère, mais parce que ce programme radical est objectivement nécessaire pour relever les défis de la période. C’est d’ailleurs aussi ce que dit la FGTB de Charleroi, dont nous avons appuyé explicitement les « 10 Objectifs ».

Le point fort de notre campagne a été notre meeting à Bruxelles, avec Olivier Besancenot (NPA), Aurélie Decoene (tête de liste PTB à l’Europe), plusieurs personnalités du « GO » et une série de nos candidates et candidats.

Il faut préciser que tous les apports de la LCR n’ont pas été visibles : nous avons notamment joué un rôle discret mais considérable pour que le « GO » soit possible, pour amener des personnalités et des syndicalistes à soutenir ce rassemblement.

8. Quel est votre bilan de la campagne électorale et de la coopération au sein de PTB-GO ? Avez-vous pu renforcer votre présence publique et médiatique, multiplier vos contacts, tisser des liens de camaraderie avec des militants du PTB et du PCB, gagner de nouveaux membres ?

En trois mois de campagne, la LCR a été davantage présente dans les médias qu’au cours des dix années précédentes. Le bilan de ce point de vue là est très positif.

Nous avons noué des liens de camaraderie avec des membres du PTB, et même avec des responsables de cette organisation. Mais nous n’avons pas pour objectif d’aller à la pêche aux membres dans les rangs du PTB, ni de faire de « l’entrisme » dans cette organisation. Si des membres du PTB veulent venir chez nous, ils-elles sont bienvenu-e-s, mais sur base de l’adhésion à notre programme et à notre stratégie. Être mécontents de tel ou tel aspect du fonctionnement du PTB n’est pas une raison suffisante.

Dans la gauche en général, on l’a déjà dit, notre décision d’opter pour un rassemblement autour du PTB n’a pas été unanimement appréciée. Certains sont restés très sceptiques, d’autres ont été carrément hostiles. Mais beaucoup de militant-e-s de gauche ont adhéré à notre démarche. S’exprimant sur notre site, une responsable syndicale nous a remerciés de lui offrir la possibilité de voter à la fois selon son cœur et sa raison. Son commentaire résumait bien l’état d’esprit de nombreuses personnes qui ont fait le pas de militer avec la LCR dans cette campagne.

Du fait de la possibilité de décrocher des élu-e-s, la campagne sortait de la sphère de la propagande pure. Grâce à sa présence dans PTB-GO, la LCR a participé à un combat social et politique concret. Nous l’avons mené à notre façon, c’est-à-dire à partir de notre ligne (la nécessité d’un nouveau parti de classe) et à partir de notre analyse (sur l’importance majeure de la lutte entre gauche et droite dans le syndicat et de l’engagement de la gauche syndicale dans l’arène politique). C’est une de nos spécificités.

Peu de personnes qui ne nous connaissaient pas ont pris contact avec nous sur base de notre matériel de propagande. Par contre, des dizaines de personnes qui nous connaissaient ont mené ce combat avec nous et veulent continuer à le mener. Cela nous ouvre des possibilités de renforcement, dont certaines se sont déjà concrétisées en nouvelles adhésions.

L’élément de bilan le plus important concerne nos liens avec la gauche syndicale. Au cours de la campagne, nous avons confirmé le statut de la LCR comme une organisation qui prend ses responsabilités dans l’intérêt du renforcement de cette gauche, parce que c’est en dernière instance l’intérêt de toutes les travailleuses, de tous les travailleurs, de tous les opprimé-e-s. Le fait que nous ayons maintenu ce cap, même dans une période électorale, est très apprécié. Des relations de confiance et de collaboration se sont renforcées. Cela ne se mesure pas nécessairement en nombres d’adhérent-e-s, mais c’est décisif pour l’avenir.

9. La coopération avec le PTB se poursuivra-t-elle au niveau du travail extra-parlementaire, des mobilisations, des meetings publics, des débats communs ?

Nous plaidons en ce sens, et les personnalités du « GO » également. Le PTB n’y semble pas vraiment opposé, mais met fortement l’accent sur sa propre construction ainsi que sur le front social le plus large dans la lutte contre l’austérité. Nous sommes évidemment pour ce large front social, mais il faut, en même temps, continuer la lutte pour une alternative politique anticapitaliste, dans le sens de l’appel de Charleroi. Pour cela, il faut consolider la Gauche d’Ouverture avec le PTB, montrer ensemble que nous voulons continuer. Certains craignent que le PTB cherche à noyer le poisson, à refermer la porte du rassemblement parce qu’il considère que ses élu-e-s, et les résultats financiers de la victoire électorale, n’appartiennent qu’à lui. On y verra plus clair dans quelques semaines ou mois.

Il est très important que chacun analyse soigneusement la nouvelle situation politique. Il est probable que se mette en place un gouvernement fédéral de droite homogène. La social-démocratie tentera de redorer son blason dans l’opposition, en misant sur le fait qu’une partie des électeurs qui l’ont quittée reviendront au bercail du « moindre mal », ce qui pourrait faire perdre les élus PTB-GO. Au nord du pays, la social-démocratie est absente de tous les niveaux de pouvoir, les Verts également. Il est clair pour nous que cette situation renforce la nécessité de poursuivre dans la voie du rassemblement du côté francophone, et incite à ouvrir un débat sur la possibilité d’un rassemblement du côté flamand également. C’est d’ailleurs ce que souhaite la gauche syndicale : tout au long de la campagne, ses représentants ont déclaré qu’ils ne soutenaient pas le PTB, que PTB-GO était un premier pas dans le sens de leur appel, et qu’il en faudrait d’autres par la suite.

10. Quelle perspective s’ouvre pour de prochains pas sur le chemin de la construction d’un parti à vocation de masse pour défier la social-démocratie sur sa gauche et créer un instrument politique capable de défendre les intérêts des salariés et de tous les opprimés ?

Les pas en avant dans cette direction dépendront essentiellement du développement de la gauche syndicale, de sa capacité – ou non – de se lier à d’autres mouvements sociaux et de la capacité – ou non – des organisations politiques de gauche et des intellectuels indépendants de favoriser ce développement et d’interagir avec lui.

Il y a plusieurs aspects à la question. Un aspect géographique d’abord : l’appel de Charleroi a reçu trop peu de soutien dans d’autres régions, et rien de semblable ne bouge dans le mouvement syndical en Flandre. Un aspect intersyndical en suite : au début, les responsables les plus lucides de la FGTB de Charleroi avaient favorisé les contacts et la collaboration avec des syndicalistes chrétiens de la CSC, notamment ceux de la Centrale nationale des employés. Ainsi, ils montraient clairement leur volonté de porter un projet pour l’ensemble de la classe ouvrière. Malheureusement, ils ont dû reculer devant les préjugés sectaires et la logique d’appareil de certains de leurs propres collègues. Ces deux dimensions – géographique et intersyndicale – sont liées, en particulier en Flandre où le syndicat chrétien est majoritaire et lié organiquement au parti social-chrétien (CD&V), de sorte que la question du prolongement politique se pose de façon très spécifique.

Mais le développement le plus important concerne l’investissement de la base syndicale. L’appel de la FGTB de Charleroi a été lancé par les instances du syndicat. Il l’a été sur base de nombreuses discussions en assemblées syndicales, où le besoin d’une alternative politique se faisait sentir, et les deux brochures ont été débattues dans des instances comptant de nombreux délégué-e-s d’entreprises. Cependant, le combat a été pris en charge essentiellement par les secrétaires. Parmi ceux-ci, certains ont reculé à l’approche de l’échéance électorale, sans que cette marche arrière réponde nécessairement à une demande de leurs affilié-e-s et de leurs délégué-e-s. D’une manière plus générale, la pression de la droite syndicale bureaucratique est très forte.

Ces difficultés ne peuvent être surmontées que si la base s’organise pour s’emparer de la question stratégique, la lier à ses luttes, et faire en sorte que le débat ait lieu à tous les étages et dans toutes les centrales professionnelles. La question « Comment élargir la brèche politique ouverte le 25 mai ? » (on pourrait même dire: « Comment empêcher que le PS la referme ? ») se ramène en fin de compte à cette autre : « Comment élargir la gauche syndicale ? ».

Toute la gauche est interpellée. En particulier le PTB, dont la responsabilité est proportionnelle à sa force. Quelle sera son orientation ? D’une part, il compte de nombreux syndicalistes combatifs, ce qui le met en mesure de jouer un rôle dirigeant. D’autre part, il se présente systématiquement comme le relais politique des syndicats en général et évite toute critique publique des appareils (même quand la répression bureaucratique frappe ses propres membres)… ce qui risque de l’entraîner sur une pente glissante que d’autres ont dévalée avant lui et qui mène à la social-démocratie. Un investissement actif de la base syndicale sera le meilleur moyen de l’encourager à faire le bon choix, ce qui serait dans l’intérêt de toute la gauche anticapitaliste, sociale et politique.  ■

* La Ligue communiste révolutionnaire – Socialistische Arbeiderspartij (LCR-SAP) est la section belge de la IVe Internationale. Nous reproduisons ici un texte de la direction nationale de LCR-SAP, publié en brochure.

Notes

1. Maggie De Block, membre de l’OpenVLD, était secrétaire d’État à l’asile, à l’immigration et à l’intégration sociale dans le gouvernement Di Ruppo.

2. Le 30 mai 2013, à l’initiative de la ministre de l’Intérieur Joëlle Milquet (Centre démocrate humaniste, Cdh) la loi sur les amendes administratives (dites Sanctions administratives communales) a été réformée. Dorénavant ces sanctions sont applicables aux mineurs à partir de 14 ans et la liste des incivilités sanctionnées pourra être allongée sans vote de loi. Des fonctionnaires communaux peuvent infliger aux jeunes des amendes jusqu’à 250 € et leur interdire de se rendre dans certaines zones de la commune.

3. La Fédération générale du travail de Belgique (FGTB) (en néerlandais Algemeen Belgisch Vakverbond = ABVV) est le syndicat d’origine social-démocrate. Il compte actuellement 1,5 million d’adhérents. La centrale régionale de Charleroi & Sud Hainaut est la deuxième régionale de la FGTB wallonne en nombre d’affiliés. Sur l’appel, voir Inprecor n° 592/593 de mars-avril-mai 2013 et n° 598 d’octobre 2013.

4. Le Mouvement de Gauche (MG), fondé en 2012 par des personnes issues d’Ecolo et du PS, obtint 0,07 % des suffrages ; le Mouvement Vega, fondé par l’ancien député Ecolo Vincent Decroly en 2013, obtint 0,23 % des suffrages aux élections européennes (collège francophone), 1,02 % à la régionale de Liège et 0,51 % à la régionale de Bruxelles ; le front « Gauches Communes » du Parti socialiste de lutte (PSL) et du Parti humaniste (PH) obtint 0,02 % des suffrages et 0,21 % à la régionale de Bruxelles.

5. La Centrale nationale des employés (CNE) est la plus importante centrale syndicale en Belgique francophone (167 000 affiliés et 60 permanents). Elle représente les employés et les cadres (industrie, commerce, finance, secteur non-marchand...). Elle est affiliée à la Confédération des syndicats chrétiens (CSC), la plus importante confédération en Belgique (1,7 million d’adhérents). Lors de son dernier congrès le CNE a modifié ses statuts, supprimant, entre autres, les références aux encycliques papales.

Vous appréciez ce site ?
Aidez-nous à en maintenir sa gratuité
Abonnez-vous ou faites un don
Qui sommes-nous ? |  Contact | Abonnement | Design et codage © Orta