Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 633-634 novembre-décembre 2016

MEXIQUE

Que tremble la terre dans ses centres

Cf. aussi : [Mexique]

CNI et EZLN*

Déclaration du Congrès national indigène et de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN)

Aux peuples du monde

Aux moyens de communication libres

À la Sixième Nationale et Internationale (1)

Depuis le Cideci-Unitierra, Chiapas, octobre 2016

Convoqués pour la commémoration du 20e anniversaire du Congrès national indigène et de la vive résistance des peuples, nations et tribus originaires de ce pays Mexique, des langues amuzgo, binni-zaa, chinantèque, chol, chontal de Oaxaca (2), coca, nayeri, cuicatèque, kumiai, lacandon, matlazinca, maya, mayo, mazahua, mazatèque, mixe, mixtèque, nahua, nahnu, natho, popoluca, purepeche, raramuri, tlapanèque, tojolabal, totonèque, triqui, tzeltal, tsotsil, wixarika, yaqui, zoque, chontal de Tabasco et des frères aymara, catalan, mam, nasa, quiché et tacana, nous disons avec force que notre lutte est d’en bas et à gauche, que nous sommes anticapitalistes et qu’est venu le temps des peuples, le temps de faire vibrer ce pays avec le battement ancestral du cœur de notre mère terre.

Synthèse et articles Inprecor

C’est ainsi que nous nous sommes réunis pour célébrer la vie en ce 5e Congrès national indigène qui a eu lieu du 9 au 14 octobre 2016 au Cideci-Unitierra, Chiapas, au cours duquel nous nous sommes rendu compte de l’aggravation de la spoliation et de la répression qui n’ont pas cessé depuis 524 ans lorsque les puissants ont entamé une guerre qui a pour but de nous exterminer, nous ceux de la terre, et nous, ses fils, nous n’avons pas permis notre destruction et notre mort au bénéfice de l’ambition capitaliste qui ne connaît d’autre but que la destruction. La résistance pour continuer à construire la vie aujourd’hui se fait parole, apprentissage et ententes.

Au sein de nos peuples nous nous sommes construits chaque jour dans les résistances pour arrêter la tempête de l’incessante offensive capitaliste qui devient chaque jour plus agressive et s’est convertie en une menace de civilisation non seulement pour les peuples indigènes et paysans mais également pour les peuples des villes qui doivent également créer des formes dignes et rebelles pour ne pas être assassinés, spoliés, contaminés, rendus malades, esclaves, séquestrés ou disparus. Dans nos assemblées communautaires nous avons décidé, exercé et construit notre destin depuis des temps immémoriaux, en maintenant nos formes d’organisation et de défense de notre vie collective, ce qui n’est possible qu’avec la rébellion face aux mauvais gouvernements, leurs entreprises et leur crime organisé.

Nous dénonçons :

1. Le chef d’entreprise Guillermo Moreno Ibarra qui a envahi 12 hectares de forêt du peuple Coca, Jalisco, dans le secteur connu comme El Pandillo, avec la complicité des institutions agraires, utilisant la criminalisation de ceux qui luttent qui a abouti à ce que 10 membres de la communauté ont été mis en prison pour 4 ans. Le mauvais gouvernement envahit l’île de Mezcala qui est une terre communautaire sacrée en même temps qu’il refuse la législation indigène étatique au peuple coca, avec l’objectif de l’effacer de l’histoire.

2. Les peuples Otomi Nhanu, Nathö, Hui hu et Matlatzinca des États de Mexico et de Michoacán sont agressés par le mégaprojet imposé de construction de l’autoroute privée Toluca-Naucalpan et le train interurbain qui détruit maisons et lieux sacrés, achète les consciences et dénature les assemblées communautaires par la présence policière, en plus des recensements truqués qui supplantent la voix de tout un peuple, de la privatisation et de la spoliation de l’eau et du territoire sur le volcan Xinantecatl, connu comme le Nevado de Toluca, auquel les mauvais gouvernements enlèvent la protection qu’eux-mêmes avaient accordée pour le livrer à des entreprises touristiques. On sait que derrière tous ces projets il y a la volonté d’expulser l’eau et la vie de la région. Dans l’État du Michoacán on nie l’identité du peuple otomi et un groupe de gendarmerie a pénétré dans la région pour surveiller les sommets et empêcher les indigènes d’y monter et d’y couper du bois.

3.. On expulse les peuples originels résidents dans la ville de Mexico des territoires qu’ils ont conquis pour gagner leur vie en travaillant, on leur vole leurs marchandises en utilisant la force policière. On les méprise et les réprime parce qu’ils utilisent leurs vêtements et leur langue, et en plus on les criminalise en les accusant de vendre de la drogue.

4. Le territoire du Peuple Chontal d’Oaxaca est envahi par des concessions minières qui démantèlent les terrains communaux, ce qui affectera 5 communautés, leurs habitants et leurs ressources naturelles.

5. Quant au Peuple Maya de la péninsule de Campeche, du Yucatan et du Qintana Roo, on les expulse des terres pour y semer du soja transgénique et des palmiers africains, on contamine les eaux et nappes avec les intrants agricoles chimiques, on construit de parcs d’éoliennes, des parcs solaires, on développe l’écotourisme et les entreprises immobilières. De même il faut résister contre les tarifs élevés de l’électricité ce qui entraîne des agressions et des ordres d’arrestation. À Calakmul, Campeche, 5 communautés sont spoliées par l’imposition d’aires naturelles protégées, par le paiement de services environnementaux et la capture du carbone. À Candelaria, Campeche, la lutte continue pour garantir la possession de la terre. Dans les trois États, il y a une forte criminalisation de tous ceux qui défendent le territoire et les ressources naturelles.

Synthèse et articles Inprecor

6.. On continue d’expulser de leurs territoires les Peuples Maya du Chiapas, tzotzil, tzeltal, tojolabal, chol et lacandon, pour imposer la privatisation des ressources naturelles ce qui se traduit par des emprisonnements et assassinats de ceux qui défendent leur droit à demeurer sur leur territoire, on les discrimine et réprime constamment quand ils se défendent et s’organisent pour continuer à construire leur autonomie, ce qui accroît les violations des droits de l’homme par les forces policières. Il y a des campagnes de fragmentation et de division au sein des organisations, et des assassinats de compagnons qui ont défendu leur territoire et leurs ressources naturelles à San Sebastián Bachajón. Les mauvais gouvernements continuent d’essayer de détruire l’organisation des communautés, bases d’appui de l’EZLN, et de couvrir de nuages l’espoir qui émane d’elles et offre une lumière au monde entier.

7. Le peuple Mazatèque d’Oaxaca été envahi par des propriétés privées où on exploite le territoire et la culture pour faire du tourisme, à Huautla de Jiménez on impose l’appellation de « Village magique » pour rendre légales la spoliation et la commercialisation de savoirs ancestraux, accompagnées de concessions minières et d’exploration des grottes par des spéléologues étrangers. Ils l’imposent par le biais d’agressions croissantes de la part des narcotrafiquants et de militarisation du territoire. Les meurtres et viols des femmes dans la région augmentent et toujours avec la complicité muette des mauvais gouvernements.

8. Les peuples Nahua et Totonèque de Veracruz et Puebla affrontent les fumigations aériennes qui rendent malades nos peuples. Il y a l’exploration et l’exploitation des mines et hydrocarbures au moyen de la fracturation hydraulique et 8 vallées sont en péril à cause de nouveaux projets qui contaminent les rivières.

9. Les peuples Nahua et Popoluca du sud de Veracruz sont confrontés aux assauts du crime organisé et subissent les risques de destruction territoriale et de disparition en tant que peuple par la menace de la mine, de l’éolien et surtout de l’exploitation des hydrocarbures par la fracturation hydraulique.

10. Le Peuple Nahua qui se trouve dans les États de Puebla, Tlaxcala, Veracruz, Morelos et les États de Mexico, Jalisco, Guerrero, Michoacán, San Luis Potosi et Ville de Mexico mène une lutte constante pour contenir l’avancée du « Projet intégral Morelos » qui comprend des gazoducs, des aqueducs et de la thermoélectricité. Les mauvais gouvernements, qui veulent arrêter la résistance et la communication entre les peuples, tentent d’expulser la radio communautaire d’Amiltzingo, Morelos. De même la construction du nouvel aéroport de la Ville de Mexico et les travaux complémentaires menacent les territoires autour du lac de Texcoco et la vallée de Mexico, principalement à Atenco, Texcoco et Chimalhuacán. Tandis qu’au Michoacán le peuple Nahua affronte le saccage des ressources naturelles et des minéraux par les mercenaires accompagnés de la police ou de l’armée et la militarisation et para-militarisation de leurs territoires. Tenter d’arrêter cette guerre a coûté aux leaders des communautés l’assassinat, la persécution, l’emprisonnement et le harcèlement.

11. Le Peuple Zoque d’Oaxaca et du Chiapas affronte l’invasion des concessions minières et des prétendues propriétés privées sur les terres communautaires dans la région de Chimalapas ; ainsi que trois centrales hydroélectriques et l’extraction d’hydrocarbures par fracturation hydraulique. Il y a des « corridors pour les éleveurs » et par conséquent une coupe excessive des forêts pour les pâturages, on cultive aussi des semences transgéniques. En même temps il y a des Zoques qui migrent dans plusieurs États du pays et qui y reconstruisent leur organisation collective.

12. Le Peuple Amuzgo de Guerrero est confronté au détournement du fleuve San Pedro pour des zones résidentielles et l’approvisionnement de la ville de Ometepec. Sa radio communautaire a été l’objet d’une persécution et d’un harcèlement constants.

13. Le Peuple Rarámuri du Chihuahua souffre de la perte d’aires de cultures à cause de la construction de routes, de l’aéroport de Creel et du gazoduc qui va à Chihuahua en provenance des États-Unis, en plus il y a des exploitations minières japonaises, des barrages et du tourisme.

14. Le Peuple Wixárika de Jalisco, Nayarit et Durango affronte la destruction et privatisation de ses lieux sacrés desquels dépendent tous ses liens sociaux, politiques et familiaux, l’expulsion de ses terres communautaires en faveur des caciques profitant des limites mal définies entre les États de la République et des campagnes de division orchestrées par les mauvais gouvernements.

15. Le Peuple Kumiai de Basse-Californie continue de lutter pour la restitution de ses terres ancestrales, contre les invasions de particuliers, la privatisation de ses lieux sacrés et l’invasion des territoires par les gazoducs et autoroutes.

16. Le Peuple Purépecha de Michoacán subit la déforestation effectuée avec la complicité des mauvais gouvernements et les groupes narco-paramilitaires qui saccagent les forêts et le bois. Pour ceux-là l’organisation par en bas des communautés est un obstacle à leur pillage.

17. Pour le Peuple Triqui d’Oaxaca, la présence des partis politiques, d’entreprises minières, de paramilitaires et des mauvais gouvernements provoque la désintégration du tissu communautaire dans le but de piller les ressources naturelles.

18. Au Peuple Chinantèque d’Oaxaca on détruit ses formes d’organisation communautaire avec le remembrement agricole, l’imposition de paiements pour services environnementaux, la capture du carbone et l’écotourisme. Le projet d’une autoroute à quatre voies traverse son territoire et le divise. Sur les rivières Cajono et Usila, les mauvais gouvernements projettent trois barrages qui affecteront les peuples chinantèques et zapotèques. Il y a des concessions minières et l’exploration de puits pétroliers.

19. Le Peuple Náyeri de Nayarit affronte l’invasion et la destruction de ses terres sacrées sur le site appelé Muxa Tena sur le fleuve San Pedro à cause du projet hydroélectrique Las Cruces.

20. Le Peuple Yaqui de Sonora maintient une lutte sacrée contre le gazoduc qui traversera son territoire et en défense des eaux du fleuve Yaqui que les mauvais gouvernements ont décidé de détourner vers la ville d’Hermosillo, Sonora, allant même à l’encontre de décisions judiciaires et de recours internationaux qui ont démontré la légalité et la légitimité de sa cause, en s’appuyant sur la criminalisation et le harcèlement des autorités et porte-parole de la tribu yaqui.

21. Les Peuples Binizza et Ikoot s’organisent pour contenir l’avance des projets éoliens, miniers, hydroélectriques, barrages, gazoducs et particulièrement dans ladite Zone économique spéciale dans l’isthme de Tehuantepec. Ils ont été traités de « talibans de l’environnement » et de « talibans du droit des indigènes » selon les mots utilisés par l’Association mexicaine pour l’énergie pour qualifier l’Assemblée populaire du peuple Juchitèque.

22. Le Peuple Mixtèque d’Oaxaca souffre de la spoliation de son territoire agraire, ce qui affecte ses us et coutumes, au moyen de menaces, de morts et d’emprisonnements qui cherchent à faire taire les voix des insoumis en promouvant des groupes paramilitaires armés par les mauvais gouvernements comme c’est le cas à San Juan Mixtepec, Oaxaca.

23. Les peuples Mixtèque, Tlapanèque et Nahua de la montagne et de la côte de Guerrero affrontent l’imposition de mégaprojets miniers appuyés par les narcotrafiquants, leurs paramilitaires et les mauvais gouvernements qui se disputent les territoires des peuples originels.

24. Le mauvais gouvernement mexicain continue de mentir et d’essayer d’occulter sa décomposition et son absolue responsabilité dans la disparition forcée des 43 étudiants de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero.

25. L’État maintient séquestrés les compagnons Pedro Sánchez Berriozábal, Rómulo Arias Míreles, Teófilo Perez González, Dominga González Martínez, Lorenzo Sánchez Berriozábal et Marco Antonio Pérez González de la communauté Nahua de San Pedro Tlanixco dans l’État de Mexico, le compagnon zapotèque de la région Loxicha Álvaro Sebastián, les compagnons Emilio Jiménez Gómez et Esteban Gómez Jiménez prisonniers de la communauté de Bachajón, Chiapas, les compagnons Pablo López Álvarez et en maintenant en exil Raúl Gatica García et Juan Nicolás López du Conseil indigène et populaire d’Oaxaca Ricardo Flores Magón, les compagnons Samuel Ramírez Gálvez, Gonzalo Molina González et Arturo Campos Herrera de la Coordination régionale des autorités communautaires – Police communautaire. Récemment un juge de première instance a émis une sentence de 33 ans de prison pour le compagnon Luis Fernando Sotelo parce qu’il avait exigé la présentation en vie des 43 étudiants disparus d’Ayotzinapa. De même on maintient en prison des centaines d’indigènes et non-indigènes dans tout le pays pour avoir défendu leurs territoires et exigé justice.

26. Pour le peuple Mayo, le territoire ancestral est menacé par des projets routiers pour relier Topolobampo à l’État du Texas, aux États-Unis ; en même temps qu’on élabore des projets touristiques ambitieux dans la Barranca del Cobre.

27. La nation Dakota a vu son territoire sacré envahi et détruit par des gazoducs et des oléoducs, raison pour laquelle elle maintient un piquet permanent pour protéger ce qui est son bien.

À cause de tout ce qui précède nous réaffirmons que la protection de la vie et de la dignité, c’est-à-dire la résistance et la rébellion par en bas et à gauche est notre obligation à laquelle nous ne pouvons que répondre de façon collective. La rébellion donc, nous la construisons depuis nos petites assemblées dans les localités qui se rejoignent en de grandes assemblées communautaires des ejidos (3), dans des juntes de bon gouvernement et des accords de peuples qui nous unissent sous une identité. Dans le fait de partager, d’apprendre et de construire, nous qui sommes le Congrès national indigène nous nous voyons et nous sentons dans nos douleurs, mécontentement et nos fondements ancestraux.

Pour défendre ce que nous sommes, nous avons consolidé notre cheminement et apprentissage en renforçant nos espaces collectifs pour prendre des décisions, recourir à des procédures juridiques nationales et internationales, à des actions de résistance civile et pacifique, en laissant de côté les partis politiques qui n’ont fait que générer mort, corruption, achat de dignité, en faisant des alliances avec divers secteurs de la société civile, en construisant nos propres moyens de communication, nos polices communautaires et d’autodéfense, nos assemblées et conseils populaires, coopératives, pour exercer et défendre la médecine traditionnelle, exercer et défendre l’agriculture traditionnelle et écologique, nos propres rituels et cérémonies, pour rétribuer la mère terre et continuer à cheminer avec elle et en elle, avec les semailles des semences natives, pour assurer les forums, les campagnes de diffusion et les activités politico-culturelles.

C’est cela le pouvoir d’en bas qui nous a maintenus vivants et c’est pourquoi commémorer la résistance et la rébellion c’est également ratifier notre décision de nous maintenir vivants en construisant l’espérance d’un futur possible uniquement sur les ruines du capitalisme.

Synthèse et articles Inprecor

Considérant que l’offensive contre les peuples non seulement ne cessera pas mais qu’en plus ils prétendent l’aggraver jusqu’à en finir avec l’ultime trace de ce que nous sommes, nous peuples de la campagne et de la ville, porteurs de profonds mécontentements qui rebondissent aussi en de nouvelles, diverses et créatives formes de résistance et de rébellion, ce 5e Congrès national indigène a décidé d’initier une consultation dans chacun de nos peuples pour démanteler d’en bas le pouvoir qu’ils nous imposent d’en haut et qui nous offre un panorama de mort, de violence, de spoliation et de destruction.

Compte tenu de tout ce qui précède, nous nous déclarons en assemblée permanente et nous soumettrons à consultation dans chacune de nos aires géographiques, territoires et dans toutes les directions l’accord de ce 5e CNI pour nommer un conseil indigène de gouvernement dont la parole sera matérialisée par une femme indigène, déléguée du CNI comme candidate indépendante qui combattra au nom du Congrès national indigène et de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) dans le processus électoral de l’année 2018 pour la présidence de ce pays.

Nous réaffirmons que notre lutte n’est pas pour le pouvoir, nous ne le cherchons pas, mais que nous appellerons les peuples originels et la société civile à s’organiser pour arrêter cette destruction, à se renforcer dans nos résistances et rébellions, c’est-à-dire dans la défense de la vie de chaque personne, chaque famille, collectif, communauté ou quartier, à construire la paix et la justice en retissant les liens entre nous, par en bas, de là où nous sommes, depuis ce que nous sommes.

C’est le moment de la dignité rebelle, de la construction d’une nouvelle nation pour et par toutes et tous, de renforcer le pouvoir d’en bas et de la gauche anticapitaliste, c’est le moment pour que payent les coupables de la douleur des peuples de ce Mexique multicolore.

Finalement, nous annonçons la création d’une page officielle du CNI : www.congresonacionalindigena.org

Pour la Reconstitution intégrale de nos peuples !

Jamais plus un Mexique sans nous ! ■

* Le Congrès national indigène (CNI) est le rassemblement des délégués des peuples et tribus indigènes, de l’État du Chiapas et de nombreux autres États du pays, crée avec le soutien de l’EZLN (qui n’en est pas membre en tant que tel). Le premier CNI a eu lieu en 1996. Les peuples qui envoient des délégués à ce congrès ne sont pas tous « zapatistes » et ce congrès ne regroupe pas tous les peuples indigènes en lutte du Mexique. L’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN) est un groupe politico-militaire insurgé basé dans l’État du Chiapas. Il affirme lutter non seulement pour les droits des populations indigènes, mais aussi ceux de toutes les minorités. Le soulèvement du 1er janvier 1994, organisé par l’EZLN, symbolise le début de la lutte altermondialiste. (Traduit de l’espagnol par Fabrice Thomas.)

Notes

1. La Sixième Nationale et Internationale est le nom du réseau zapatiste à l’échelle du Mexique et dans le monde, regroupant ceux qui déclarent adhérer aux différentes déclarations des assemblées organisées régulièrement dans la forêt du Chiapas par l’EZLN.

2. Il s’agit de l’État d’Oaxaca. Le Mexique est une fédération de 32 États.

3. Les ejidos sont les terres communautaires qui, après avoir été terres des colons espagnols et des grands propriétaires mexicains, ont été concédées aux peuples indigènes à la suite de la révolution de 1910-1920.

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