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Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale

 

N° 619-620 septembre-octobre 2015

AFRIQUE

Nouvelle domination capitaliste et impérialisme (2/2)

Cf. aussi : [Afrique]

Jean Nanga*

Anciennes et nouvelles présences militaires

La domination impérialiste des sociétés africaines à la fin du XIXe siècle et au début du XXe ne s’est pas d’abord manifestée par un afflux de capitaux, mais par l’exercice de la force, la conquête militaire. Cette dimension militaire distingue aujourd’hui également l’émergence de nouvelles puissances capitalistes des pratiques impérialistes traditionnelles.

Parmi les puissances impérialistes traditionnelles, c’est la France qui est demeurée militairement présente en permanence dans les anciennes colonies, après la décolonisation massive du début des années 1960 (82). Une présence militaire accompagnant la préservation de son hégémonie dans ses anciennes colonies subsahariennes (83), voire pouvant favoriser l’extension de sa sphère d’influence, au-delà de son ex-empire colonial – ingérence dans la guerre du Biafra au Nigeria (84). Elle avait jugé utile de la restructurer dans le contexte post-guerre froide et de néolibéralisation du capitalisme en réduisant le nombre de bases et de troupes stationnées en Afrique. Un certain accent était mis sur la formation des armées africaines dépendantes. Ce qui pouvait aussi être partagé par l’Union européenne construisant sa force d’intervention (Eufor) qui s’est d’ailleurs retrouvée par la suite sous leadership français en RD du Congo, au Tchad et en Centrafrique (bien avant Sangaris). Par reconnaissance de sa tradition africaine, l’armée française a aussi été associée à certains des exercices que l’armée étatsunienne organisait depuis les années 1990 avec des armées africaines, signe de son intérêt post-guerre froide pour l’Afrique (même si l’expression de cet intérêt avait été atténuée par l’échec spectaculaire de l’intervention en Somalie – Provide Relief, puis Restore Hope, 1992-1994).

La superpuissance militaire, présente à Diego Garcia, une de ses principales bases hors des États-Unis, jouissait déjà de la possibilité d’usage de quelques installations militaires, à l’instar de la base aérienne de Thebephatshwa (Botswana), construite avec une aide étatsunienne au moment où se métamorphosait le grand allié sud-africain (la fin de l’apartheid étant censée conduire au pouvoir « les communistes de l’ANC »). Aujourd’hui, l’armée étatsunienne, dotée en 2007 d’un Commandement de l’US Army pour l’Afrique (Africom), est devenue la principale armée étrangère présente en Afrique : en plus de Diego Garcia, elle possède, depuis 2002, une base à Djibouti, au camp Lemonnier (ancien camp français), pour la Combined Joint Task Force – Horn of Africa (CJTF-HOA, intégrée à Africom), ainsi qu’une discrète (souvent secrète) présence dans une quarantaine d’États africains (85). Cette ubiquité, en guise de compensation à l’échec de la tentative d’installer en Afrique le quartier général d’Africom – installé par défaut à Stuttgart, avec des extensions en Espagne, en Italie et au Portugal –, dont la justification officielle, la « guerre contre le terrorisme », cache mal des intérêts/convoitises économiques, pétroliers en particulier.

Avec sa grossière arrogance, les États-Unis ont profité de la lutte contre Ebola en Afrique de l’Ouest, pour faire la promotion d’Africom en envoyant trois milliers de soldats au Liberia. Une opération de « conquête des cœurs et des esprits » par l’humanisme militaire dont les États-Unis semblaient attendre que la présidente Ellen Sirleaf Johnson (dont la volonté d’accueillir le QG d’Africom, en 2007, fut contrecarrée par l’Union africaine) en profite pour obtenir une prolongation de la présence militaire étatsunienne – comme l’a fait Michel Martelly après le tremblement de terre en Haïti.

Le pivot militaire vers l’Asie n’affecte nullement l’Africom dont la création aussi a pesé sur l’impossibilité de faire aboutir le vieux projet de création d’une armée panafricaine, relancée en 1994 et intégrée, comme Force africaine en attente/African Standby Force, au programme de l’Union africaine. Car tout en proclamant son opposition à l’installation de nouvelles bases militaires étrangères en Afrique, l’Union africaine comptait sur le soutien financier des États-Unis et de l’Union européenne pour l’organisation de cette armée qui devrait permettre à l’Afrique de résoudre elle-même ses problèmes de sécurité. Les interventions des armées extra-africaines, faisant de l’Afrique un terrain d’expérimentation et de publicité de leurs nouveaux instruments de mort ainsi qu’un marché pour les firmes de mercenariat, perdraient toute raison d’être. L’échec de ce projet militaire panafricain explique en partie le bricolage des armées africaines en Somalie, et les interventions militaires françaises au Mali (l’opération Serval a-t-elle contribué à vendre, enfin, le Rafale ?) et en Centrafrique. Des interventions impérialistes se drapant d’humanisme grâce à une grossière instrumentalisation du Conseil de sécurité des Nations unies, alors que la situation au Mali (86) résulte non seulement de la persistance du néocolonialisme dans ce pays, mais aussi de la situation chaotique créée en Libye par l’intervention de l’Otan, ayant contrecarré la médiation de l’Union africaine.

Profitant de certaines appréciations positives de son interventionnisme militaire (assaut final du palais de Laurent Gbabgo pour y installer Alassane Ouattara, Serval, Sangaris), la France en profite pour procéder à une nouvelle restructuration de sa présence militaire. Elle va dorénavant être plus présente, en mixant la coopération et la concurrence avec les États-Unis, dont le déploiement s’accompagne d’une reconnaissance de l’expertise française dans la région. La coexistence d’une base française et d’une base étatsunienne à Djibouti la symbolise.

Site stratégique, Djibouti est devenu emblématique du nouvel intérêt militaire des puissances économiques pour l’Afrique. La protection du golfe d’Aden, fréquenté par les tankers, est en train de transformer Djibouti en hub militaire, au mépris du principe de l’Union africaine sur le non-stationnement permanent des armées étrangères. Aux armées française et étatsunienne, se sont ajoutées les bases japonaise (en 2011) et italienne (accord de 2012), alors que la Chine vient d’obtenir l’installation d’une base militaire, que la Russie et la Canada (87) négocient pour pouvoir s’y installer également et que les militaires espagnols et allemands sont présents, sans disposer de bases permanentes.

L’armée japonaise (88) dispose de 600 soldats dans sa base à Djibouti et y dépense 30 millions de dollars de loyer. C’est une armée actuellement en pleine mutation, se caractérisant principalement par le retour à une armée « normale » de puissance économique (89). L’actuel Premier ministre Shinzo Abe ne cache pas sa nostalgie du militarisme japonais tout en conservant la subordination japonaise au leadership étatsunien.

La Chine a entrepris de rompre avec une certaine retenue. L’armée chinoise veut aussi être présente en Afrique de façon indépendante des missions onusiennes (RD Congo, Soudan du Sud) ou différemment du soutien peu médiatisé apporté à la coalition de « lutte contre le terrorisme » au Mali. C’est ainsi qu’elle a obtenu l’installation prochaine d’une base militaire à Djibouti. Une présence qui se justifierait, au-delà des enjeux africains, comme une réponse aux tensions en Mer de Chine méridionale : « Beijing forge sa capacité future à entraver chirurgicalement et stratégiquement l’endiguement militaire étatsunien » (90). Il est aussi question d’une éventuelle base militaire dans le port de Walvis Bay en Namibie. Ce qui confère au volet militaire de la coopération sino-africaine une importance croissante. La vente chinoise d’armes n’étant pas soumise à la duplicité des autres champions, habiles à décréter des embargos. Même le Gabon, ce fief de l’armée française, effectue des manœuvres militaires avec la Chine. En matière militaire, encore plus qu’en matière économique, le leadership chinois dans ces rapports Sud-Sud est évident. Mais, pour le moment, à la différence de ce qui prévaut en mer de Chine méridionale entre la Chine et les États-Unis, il n’y a pas (encore ?) en Afrique de tensions militaires entre les puissances traditionnelles et celles dites émergentes.

Une exception : l’armée sud-africaine s’étant retrouvée en situation de concurrence avec l’armée française dans la Centrafrique de François Bozizé (91). Au titre d’un partenariat militaire, l’armée sud-africaine y avait été envoyée en soutien à ce régime chancelant ayant perdu le soutien de la France. Il s’agissait aussi d’y sécuriser les intérêts du capital sud-africain. Des soldats sud-africains ont été tués par la rébellion centrafricaine, qui a finalement renversé le régime de Bozizé. L’armée française y a retrouvé sa place dominante avec l’opération Sangaris.

Idéologie (encore plus) dominante

Le dynamisme actuel du capital extra-africain en Afrique ne s’accompagne pas seulement d’un activisme militaire de la part des puissances traditionnelles et émergentes. Il y a la dimension idéologique ou culturelle, facteur du consentement, un pilier de l’hégémonie gramscienne. Là aussi le néolibéralisme a modifié les règles de la domination.

Au temps colonial et durant les deux premières décennies postcoloniales, l’Afrique n’avait pas échappé au bouillonnement intellectuel mondial, caractérisé par une dynamique réflexive critique de l’impérialisme et du capitalisme, parfois articulé à une pratique politique. Si les intellectuels africains du camp néocolonial, y compris les « apolitiques », étaient les plus nombreux, on pouvait parler de pluralité s’exprimant localement (quand les régimes le toléraient) ou en exil.

Ce n’est plus tout à fait le cas depuis la fin des années 1980, avec le backlash amorcé au cours de la décennie précédente, ayant favorisé l’intégration de nombreux anti-impérialistes et anticapitalistes dans des structures du pouvoir au niveau national ou dans les organisations internationales. Le salariat dans celles-ci a finalement abouti à leur transformation en carriéristes. L’échec devenu incontestable du bloc dit communiste, au moment où l’ajustement structurel néolibéral s’imposait en Afrique, a aggravé la situation en rendant plus déficitaire la pluralité des idéaux socio-politiques. Le vent de la « démocratisation » a consolidé l’hégémonie des valeurs capitalistes en Afrique. La remise en question de l’ajustement structurel a été étouffée dans les conférences nationales souveraines et autres procédures de réformes politiques. Il s’agissait de graver dans le marbre l’économie de marché. C’est la Banque mondiale qui organisait la lutte contre la pauvreté extrême – produite par les programmes qu’elle imposait avec le FMI – avec l’aide des agences onusiennes, des ONG de développement, des organismes caritatifs, etc. (92). La mondialisation néolibérale était supposée rendre heureux les misérables qu’elle produisait : de la pauvreté extrême, ils allaient passer à la pauvreté, non par le développement de quelque « État social » ou « État Providence », dont certaines sociétés africaines avaient connu une version sous-développée pendant environ deux décennies, mais par le développement du secteur privé.

Ce sont aussi les fondations philanthropiques (le « philanthrocapitalisme ») qui sont appelées à sauver le monde en résolvant les grands problèmes sociaux de l’humanité. Cette supposée générosité, fiscalement bénéfique aux donateurs, participe à la propagation de la pensée unique du Consensus de Washington. Les plus riches du monde, Bill et Melinda Gates (Fondation Gates), sont montrés volant au secours des Africains malades du sida, en se subordonnant l’OMS (93). Les enfants africains vont à l’école grâce à quelques stars du show-business, avec lesquelles les Africains de l’Africa Progress Panel posent en photo, l’air honoré. Telles sont les réalités de la subordination du public au privé, alors que l’argent public est volé par des gouvernants. En soutenant de concert avec les chancelleries du capitalisme central certaines organisations ou mouvements de défense des droits humains et des libertés, ce philanthrocapitalisme impose sans effort des limites aux perspectives d’émancipation de même qu’à la critique des situations locales et des États d’enracinement des fondations sponsors.

Les Africains salariés de l’Open Society de George Soros ne doivent pas dépasser sa critique superficielle du capitalisme (94) et il va de soi que sa participation à l’accaparement des terres et à l’exploitation des travailleurs n’est pas considérée comme une violence faite aux humains. Un dirigeant du mouvement sénégalais « Y en a marre » (qui a joué un rôle majeur dans la mobilisation contre la tentative de troisième mandat d’Abdoulaye Wade et pour « l’alternance démocratique ») a ainsi justifié la collaboration avec G. Soros (95) près avoir soutenu la campagne présidentielle du milliardaire libéral Macky Sall, et fait l’éloge d’Obama (« un président sympa et attentif, qui s’est montré très pragmatique » (96)) : « “Y en a marre” ne dépend ni du marxisme, ni du capitalisme, ni du communisme, nous ne dépendons d’aucun bord et nous voulons faire une philosophie d’action citoyenne fondée sur des valeurs africaines et sur nos réalités socioculturelles. Les gens qui ne conçoivent pas ça sont donc dérangés, mais ils sont libres de penser ce qu’ils veulent. » (97) Ce genre de salmigondis idéologique est dans l’air du temps. La situation n’est pas différente du côté des dirigeants du « Balai citoyen » (un des principaux collectifs acteurs du dégagement de Blaise Compaoré) et d’autres mouvements du même type ailleurs en Afrique. Certains critiques des États africains les considèrent comme « les nouveaux “tirailleurs” de l’impérialisme en Afrique » ou des « nègres de service de l’empire » (98).

La conception superficielle de la démocratie qui prévaut dans ces mouvements africains reflète aussi un contrôle des diplômés africains par l’impérialisme, sous la forme des bourses académiques et des postes d’enseignement. Les États-Unis attirent davantage de diplômés africains à travers, par exemple, le Partnership for African Universities, lancé à Dakar en 2000 et porté principalement par les Fondations Carnegie, Ford, MacArthur et Rockefeller. Une décennie plus tard, des intellectuels africains demandent davantage de « partenariat » des universités africaines avec les fondations étatsuniennes (99), actrices majeures de la nouvelle organisation de l’enseignement supérieur hostile au principe d’acquisition du sens critique, qui s’était fait une petite place dans certaines universités. Les laboratoires de recherche agronomiques sont de plus en plus subordonnés aux financements de l’agrobusiness. La réflexion sur la société est de plus en plus appréciée selon les paradigmes promus par quelques think tanks et s’imposant aux revues rendues les plus influentes. Un économiste africain qui ne se revendique pas révolutionnaire déplorait il y a quelques années : « On est dans des situations caractérisées par l’absence de discussion des paradigmes macroéconomiques et par l’improvisation face aux défis sociaux. Les universitaires africains, du moins en Afrique francophone, celle que je connais, ne discutent absolument pas des paradigmes. Il n’ y a pas, à l’heure actuelle, de débat sur la science économique […] Ceux qui sont à la tête des institutions ne mènent pas de réflexion théorique poussée et ceux qui sont dans les universités n’ont pas de prise avec le réel. […] La dissidence a un coût, et c’est pourquoi l’orthodoxie est si peu remise en cause. On est dans des logiques “de ventre”où il y a captation. » (100) En la matière, les puissances émergentes se contentent d’une rivalité en matière d’offre de bourses, la Chine en tête, mais sans être prête à égaler les anciennes puissances coloniales.

Parmi les moyens d’influence de l’impérialisme ou néocolonialisme en son temps, Kwame Nkrumah incluait Hollywood, symbole des « industries culturelles » propagatrices de l’ « american way of life ». Il écrivait : « Même les scénarios d’Hollywood sont des armes. Il suffit d’écouter les applaudissements des spectateurs africains quand les héros hollywoodiens massacrent les Indiens ou les Asiatiques pour se rendre compte de la puissance d’un tel moyen. » Cette puissance des industries culturelles impérialistes s’est accrue de façon exponentielle, y compris sous la forme d’adaptations locales : la chaîne de télévision chinoise CCTV installée à Nairobi (101), les télénovelas, les films de Bollywood et de Nollywood…

Cependant, pour Nkrumah, l’une « des méthodes les plus insidieuses employées par le néocolonialisme est peut-être l’évangélisme. À la suite du mouvement de libération, on a assisté à un véritable raz-de-marée de sectes religieuses, en grande majorité américaines. » (102) Ce processus s’est intensifié à partir des années 1980-1990, comme un « arôme spirituel » des conséquences sociales de la crise de la dette et des « remèdes » des institutions de Bretton Woods. L’expansion des églises de réveil ou du pentecôtisme s’accompagne assez évidemment d’une place centrale accordée à l’argent consacrée par les fortunes colossales des pasteurs, disciples de Dieu et de Mammon en même temps.

Face à cette emprise de l’impérialisme capitaliste, désormais renforcée par les puissances capitalistes émergentes, complices et concurrentes de l’impérialisme traditionnel, ainsi que par la croissance du capitalisme africain, les peuples africains, exploités et opprimés, ne se résignent pas à l’assujettissement, malgré tout. Comme le prouvent les luttes menées ici et là, dans cette région du monde, contre l’exploitation humaine et écocide par les transnationales pétrolières et minières (103), l’accaparement de terres communes et l’imposition de semences asservissantes, les injustices et inégalités reproduites par les cliques alternantes de gouvernants voleurs, acteurs du capitalisme africain, la discrimination censitaire concernant l’accès à l’enseignement supérieur, aux soins de santé, l’instrumentalisation politicienne et mortifère des identités ethniques/raciales et confessionnelles, les oppressions se fondant sur des conceptions néocoloniales et obscurantistes des « traditions africaines », etc. Des luttes que, trop souvent, le dispositif néocolonial, au service du bloc capitaliste (impérialisme traditionnel, puissances émergentes, capital africain) parvient à isoler les unes des autres aussi bien au niveau local que panafricain, voire international extra-africain, à contenir, à orienter selon ses intérêts. Sans la construction et la consolidation des solidarités populaires et des convergences dans les luttes contre les différents tentacules de la pieuvre capitaliste en Afrique, autrement dit une dynamique panafricaine anticapitaliste, il n’y aura pas d’émancipation du peuple africain exploité et opprimé et de participation à la construction d’une humanité du bon vivre.

* Jean Nanga est correspondant d’Inprecor en Afrique.

Notes

1. Pierre Dockès, « Mondialisation et “impérialisme à l’envers” », in Wladimir Andreff (dir.), La mondialisation, stade suprême du capitalisme ? – en hommage à Charles-Albert Michalet, Nanterre, Presses universitaires de Paris Ouest, 2013, pp. 129-151, disponible en ligne sur http://halshs.archives-ouvertes.fr

2. Le maintien du statut de puissance capitaliste émergente de la Chine relève de l’idéologie selon laquelle une puissance capitaliste est exempte de poches de sous-développement, alors que le développement très inégal mais combiné est une caractéristique constante de la société étatsunienne, faisant coexister dans la même nation les réserves « indiennes », les ghettos noirs et Beverly Hills.

3. Achille Mbembé (entretien avec Valérie Marin La Meslée), « Mbembé : “ Le temps de l’Afrique viendra” » : http://www.lepoint.fr/culture/mbembe-le-temps-de-l-afrique-viendra-11-02-2013-1626319_3.php

4. Nelson Mandela « Africa’s Time has Come : The role of The United States In Aid and Development Efforts », communication faite à la Brookings Institution, May 16, 2005, http://www.brookings.edu

5. Antoine Glaser, Africafrance : quand les dirigeants africains deviennent les maîtres du jeu, Paris, Fayard, février 2014.

6. Jean Batou, « Le redéploiement de l’impérialisme français en Afrique et la sidération humanitaire de la gauche », Inprecor n° 601/602, janvier-février 2014.

7. Robert D. Kaplan, « Coming Anarchy », Atlantic Monthly, february 1994, http://www.theatlantic.com/doc/199402/anarchy

8. Dev Kar and Joseph Spaniers (Global Finance Integrity), Illicit Financial Flows from Developing Countries : 2003-2012, Global Integrity, Washington D. C., December 2014, www.gfintegrity.org. Cf. aussi : James K. Boyce, Léonce Ndikumana, Is Africa a Net Creditor ? New Estimates of Capital Flight from Severely Indebted Sub-Saharan African Countries, 1970-1996, Working Paper Series n° 5.

9. Les États du capitalisme central traditionnel se prétendant vertueux ne semblent pas bien disposés à combattre réellement ce fléau, comme ils l’ont prouvé récemment à Addis Abeba où les États du capitalisme périphérique ont proposé l’instauration « de nouvelles normes fiscales mondiales. Mais les pays riches refusent leur proposition d’un organisme fiscal international sous l’égide de l’Onu », « À Addis Abeba, la lutte contre l’évasion fiscale des multinationales divise », Agência Angola Press, 14 juillet 2015, http://www.portalangop.co.ao/angola/fr_fr/noticias/africa

10. Irving Kristol (idéologue co-fondateur du néo-conservatisme) affirmait en 1997 : « Aucune nation européenne peut – ou veut réellement – avoir sa propre politique étrangère. Il n’y a même pas de signes que les nations européennes veulent une politique étrangère européenne indépendante des États-Unis. Ce sont des nations dépendantes, même si elles disposent d’une large autonomie locale. Le terme “empire” décrit cette mixture de dépendance et d’autonomie. », « The Emerging American Imperium », Wall Street Journal, 18.08.1997, disponible sur : http://www.aei.org/article/society-and-culture/citizenship/the-emerging-american-imperium

11. CNUCED, Le développement économique en Afrique – Endettement viable : oasis ou mirage ?, Genève, 2004, p. 9 et 11. En 2013, le stock de la dette extérieure africaine subsaharienne est encore de 367,5 milliards de dollars selon l’édition 2015 de l’International Debt Statistics de la Banque mondiale, p. 27.

12. Pierre Gottiniaux, Daniel Munevar, Antonio Sanabria & Éric Toussaint, Les chiffres de la dette 2015, CADTM, p. 50. Cf. aussi Health Poverty Action et alii, Honest Accounts ? The true history of Africa’s billion dollar losses, July 2014.

13. Abdoulaye Wade, « Europe-Afrique : la coopération en panne », Passerelles, novembre-décembre 2007, p. 2.

14. Isabelle Ramdoo, Accords de partenariat économique CEDEAO et SADC. Une analyse comparative, European Centre for Development Policy Management, Document de réflexion n° 165, Septembre 2014, p. vii. : www.eddpm.org/dp165fr

15. Colonialisme/néocolonialisme que manifestent les régimes douaniers/commerciaux auxquels sont soumises les importations métropolitaines de la production ultramarine pourtant « nationale ». Sont concernés par cette persistance : Espagne, France, Hollande, Portugal, Royaume-Uni, voire le Danemark (Groenland).

16. James Mackie, Anna Rosengren, Quentin de Roquefeuil et Nicola Tissi, « En route vers le Sommet de 2014. Enjeux pour les relations Afrique-UE en 2013 », Aperçu des politiques et de leur gestion, n° 4, janvier 2013, p. 9, www.ecdpm.org/insights4fr

17. AIA, « L’Association Industrielle Africaine s’oppose à la conclusion des Accords de Partenariat Économique », 24.04.2007, www.africanindustrial.org

18. K. Marx, « Aperçu d’un rapport sur la question irlandaise à l’Association d’éducation communiste des travailleurs allemands de Londres », cité par Jean Batou, « Accumulation par dépossession et luttes anticapitalistes : une perspective historique longue » : http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article34355

19. CNUCED, « Le développement économique en Afrique. De l’ajustement à la réduction de la pauvreté : Qu’y a t-il de nouveau ? », Genève 2002. Cf. aussi Clémence Vergne, « L’Afrique subsaharienne peut-elle converger sans usines ? », Le Monde, 24.07.2015.

20. Bruno Alomar et Thierno Seydou Diop, « Refonder la relation Afrique-Europe autour de l’économie » : http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/08/25/refonder-la-relation-afrique-europe-autour-de-l-economie-pour-un-nouveau-consensus-de-bruxelles_4476391_3232.html

21. Jean Nanga, « Quel boom des classes moyennes en Afrique ? », 24.12.2014, www.cadtm.org/Quel-boom-des-classes-moyennes-en.

22. Jean Batou, op. cit.

23. Hubert Védrine, Lionel Zinsou, Tidjane Thiam, Jean-Michel Severino, Hakim El Karoui (rapporteurs), Un partenariat pour l’avenir : 15 propositions pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique et la France, Ministère de l’Économie et des Finances (France), décembre 2013. Cf. l’analyse qu’en fait Jean Batou, op. cit.

24. Freshfields Bruckhaus Deringer, A decade of growth. Foreign investment in Africa, july 2013. En 2013, l’investissement britannique a été de 4,6 milliards de dollars selon l’Ernst & Young 2014 Africa Attractiveness Survey.

25. Christian Aid, « UK profits from sub-Saharan Africa despite aid debt pledges », 5.07.2006, www.christianaid.org.uk/news/media/pressrel/060705p.htm.

26. L’ex-Premier ministre britannique fait actuellement partie des prétendus consultants ou conseillers qui escroquent les États africains en se faisant payer à prix d’or en échange d’une aggravation de leur dépendance à l’égard du capital impérialiste plutôt que d’une souveraineté économique.

27. David Leigh and Rob Evans, « BAE corruption investigation switches to Tanzania », The Guardian, 12 April 2008 : http://www.theguardian.com/world/2008/apr/12/bae.baesystemsbusiness

28. https://www.gov.uk/government/publications/the-engine-of-development-the-private-sector-and-prosperity-for-poor-people. Le Business Action for Africa’s 2010 Report (Business partnerships for development in Africa. Redrawing the boundaries of possibility, publié avec la Corporate Social Responsability Initiative de la Harvard Kennedy School) présente le paysage avant cette assomption publique de la subordination du DFID (www.businessactionforafrica.org). Concernant les rapports entre DFID et les ONGs britanniques, cf.: Tina Wallace, « NGO Dilemmas : Trojan Horse for Global neoliberalism ? », Socialist Register 2004, p. 202-219.

29. Isabella Mosselmans, « British mining companies exploitation of Sierra Leone », Africa at LES, 23.12.2013, http://blogs.lse.ac.uk/africaatlse/2013/12/23/british-mining-companies-exploitation-of-sierra-leone. Cf. aussi : Sam Jones, « £600m of UK aid fuelling corporate scramble for Africa, claims critics », The Guardian, 1 April 2014, http://www.theguardian.com/global-development/2014/apr/01/uk…

30. Afua Hirsch, « Ghana accuses UK recycling firm Environcom of illegal fridge imports », The Guardian, 4 November 2013, http://www.theguardian.com/world/2013/nov/04/ghana-uk-environcom-of-illegal-fridge-imports.

31. National Security Review 30 : American Policy Toward Africa in the 1990s (nsr30), 1992, Disponible sur le site de la Bush [père] Library : http://bushlibrary.tamu.edu/research/pdfs/nsr/nsr30.pdf.

32. Cité dans La Tribune : http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20130629…

33. Jagdish Bhagwati et A. Panagariya : « A Trojan Horse for Africa », Financial Times, 29 June 2000, disponible sur le site : http://www.columbia.edu/~ap2231/ET/ft-jb-ap-trojan-horse-june29-00.htm.

34. « L’aide du Compte du millénaire sera réservée aux pays responsables », Washington File, mars 2003, http://iipdigital.usembassy.gov/st/french/article/2003/03/2003030.

35. Firestone a été acquise en 1988 par la championne mondiale des pneumatiques, la japonaise Bridgestone. Les plantations libériennes faisaient partie du patrimoine de la multinationale états-unienne. Mais l’acquisition par la multinationale japonaise n’empêche pas la Firestone Natural Rubber Company de faire partie du Corporate Council on Africa (CCA) états-unien.

36. W. E. Burghardt Du Bois en avait fait un modèle de mépris de la souveraineté nationale d’un État africain par une entreprise capitaliste soutenue par son État d’origine (« Liberia, the League and the United States », Foreign Affairs, July, 1933, http://www.foreignaffairs.com/articles/69368/w-e-burghardt-du-bois/liberia-the-league-and-the-united-states). Bridgestone a continué la tradition Firestone au Liberia, d’où une plainte concernant le travail de quasi-esclavage dans ses plantations « sécurisées » par une firme de sécurité privée (Robtel Neejai Pailey, « Visage Moderne de l’Esclavage au Libéria », Pambazuka, 02-08-2006, http://pambazuka.org/fr/category/comment/36325) et une dénonciation de la nouvelle concession (« Recommendations for future concession contract negociations drawn from the amended Firestone contract », december 2008, www.globalwitness.org/pages/en/liberia.html)

37. Peter Kenworthy, « Living on the Coke side of life in Swaziland », Pambazuka News, 2011-06-22, http://pambazuka.org/en/category/features/74253 ; « Coca-Cola “supports swazi dictator” », Swaziland Newsletter, 3 january 2012, www.swazimedia.blogspot.com. Pour un bref résumé des pratiques de Coca-Cola, cf. Heather Gray, « Coca-Cola and its Egregious History », Counterpunch, August 29-31, 2014, http://www.counterpunch.org/2014/08/29/coca-cola-and-its-egregious-history

38. Selon un conseiller à la sécurité nationale d’Obama, « Si les États-Unis ne s’imposent pas comme leader en Afrique, nous allons prendre du retard dans une région très importante du monde » (repris par Zcomm, 29.06.2013, https://zcomm.org/zcommentary/obama-in-south-africa-renews-traditional-anti-imperialist-sentiments

39. « S. Hayes, Senate Subcommittee testimony on China in Africa », 2 novembre 2011, http://www.africacncl.org

40. Peter Maass, « Bienvenue dans la sanguinaire Guinée-Équatoriale. Au pays d’Obiang dictateur protégé par les États-Unis », Mother Jones (traduit par Courrier international), 19 mai 2005, http://courrierinternational.com/article72005/05/19/au-pays-

41. Matthew Bishop (The Economist) et Michael Green ont publié en 2009 Philanthrocapitalism : How Giving Can Save the World. Cf. Philanthropic Intelligence, « Philanthrocapitalism 2012 – A Conversation with Matthew Bishop », June 2012, http://philanthropicintelligence.net/

42. Cf. Mittal with Melissa Moore, Voices from Africa. African Farmers and Environmentalist speak out against a new green revolution in Africa, The Oakland Institute, 2009.

43. Les Amis de la Terre, Afrique : Terre(s) de toutes les convoitises. Ampleur et conséquences de l’accaparement des terres pour produire des agrocarburants, juin 2010, p. 13, www.foeeurope.org

44. Alex Park and Jaeah Lee, « The Gates Foundation’s Hyprocritical Investments », Mother Jones, 6 December 2013, http://www.motherjones.com/environment/2013/12/gates-foundations-24-most-egregious-investments. La fondation Gates est le sponsor des éditions en ligne du quotidien (de centre-gauche ?) The Guardian (où l’on peut lire l’éditorial intitulé « Il n’y a pas de choix : nous devons faire pousser les cultures génétiquement modifiées maintenant », 16 March 2014, http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/mar/16/gm-cropos-now) ainsi que des informations sur l’Afrique de son alter ego français le Monde (en compagnie de la Banque mondiale, de l’Open society Initiative for West Africa de George Soros et de l’Agence française de développement).

45. Afsa et GRAIN, Remise en cause des lois foncières et semencières. Qui tire les ficelles des changements en Afrique ? janvier 2015, www.grain.org. Cf. aussi des câbles diplomatiques fuités par Wikileaks tels que #05ROME2543, #08Pretoria2707, #04Accra1543, # 10ADDISABABA.

46. « Ghana can choose or reject GMOs – US Embassy », 16.12.2013, http://ghanabulletin.com/Ghana-can-choose-or-reject-gmos-us-embassy. Voir aussi la fiche concernant le Nigeria établie par Health of Mother Earth Foundation (HOMEF) : « Not on Our Plates. Why Nigeria does not need GM food », Benin City, July 2014, www.homef.org

47. Aimé Césaire : « Il ne faut pas oublier comment était l’Afrique. Comme dans tous les pays, il y avait des gouvernants et des gouvernés. Il y avait une classe ou une petite clique dirigeante et puis il y avait le peuple. Il y avait un prêtre, sa famille et il y avait des commerçants. Il faisait du commerce. Et qu’est-ce qu’il vendait ? Il vendait des Nègres parce que [c’était] le seul produit qui intéressait les Européens. Ils vendaient des Nègres comme ils auraient pu vendre des bœufs ou des vaches. Ce qui intéressait les Européens, ce n’était pas le pétrole, mais des travailleurs !… Bien sûr, il ne faut pas exagérer. Les dirigeants nègres ont vendu les Africains parce qu’il y avait une clientèle, c’est cela que demandaient les Blancs et il n’y avait que cela : On ne peut pas nier qu’il y ait eu une implication africaine, mais ce n’est pas celle que l’on croit. Elle n’est pas celle des peuples africains, mais celle des gouvernants avides de profit et d’argent. », Entretien avec Aimé Césaire par Buata Malela (Fort-de-France, décembre 2004), in Revue Latitudes noires 2003-2004 : « Panafricanisme : Piège post-colonial ou construction identitaire non blanche », (p. 37-41), p. 38 pour la citation.

48. Cf. Coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN), « Non ! L’Afrique n’a pas besoin des OGM », 30 août 2013, http://www.grain.org/fr/bulletin_board/entries/4778-non-l-afrique-n-a-pas-besoin-des-ogm.pdf 

49. Cf. Pambazuka News (novembre 2013 - janvier 2014) consacré aux relations raciales au Brésil : http://www.pambazuka.org/fr/issue/309

50. Kiyoshi Kojima, « The “flying geese” model of Asian economic development : origin, theoretical extensions, and regional policy implications », Journal of Asian Economics, 11 (2000), p. 375-401.

51. Arik Dirlif, « Beijing Consensus : Beijing “Gongshi.” Who Recognizes Whom and to What End », http://www.ids-uva.nl/wordpress/wp-content/uploads/2011/07/9_Dirlik1.pdf

52. Mthuli Ncube, « Avant-propos » à Richard Schiere, Léonce Ndikumana et Peter Walkenhorst (éds.), La Chine et l’Afrique : un nouveau partenariat pour le développement ?, Groupe de la Banque africaine de développement, Tunis, 2011, p. III.

53. Baisse contestée par le co-rédacteur du Rapport Védrine, le Bénino-Français Lionel Zinsou, récemment nommé Premier ministre du Bénin, évoquant plutôt « une augmentation des chiffres du commerce entre la France et l’Afrique “à hauteur de 20 % sur les 10 dernières années” ». Cf. Awa Diallo, « Lionel Zinsou et Guy Gweth : le choc des Afriques », Financial Afrik, 9.02.2015, http://www.financialafrik.com/2015/02/09/lionel-zinsou-et-guy-gweth-le-choc-des-afriques/

54. Financial Times du 11 mars 2013 : http://www.ft.com/intl/cms/s/0/562692b0-898c-11e2-ad3f-00144feabdc0.html#axzz3ki9Cdo7r

55. Propos attribué à la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, qui sert de titre à une dépêche de l’agence Xinhua, 07 août 2014 : http://french.cri.cn/621/2014/08/07/502s396155.htm

56. 16,5 % du PIB mondial à parité de pouvoir d’achat, PPA, contre 16,3 % pour les États-Unis en 2014, selon le FMI.

57. L’expansion économique chinoise dans l’ancien Tiers-Monde extra-asiatique concerne aussi l’Amérique latine, voir CEPAL, Primer Foro de la Comunidad de Estados Latinoamericanos y caibeños (CELAC) y China, Santiago, Enero de 2015, www.cepal.org

58. He Wenping, « African Integration : A New Opportunity for China-US Cooperation », China-US Focus, March 19, 2015, http://www.chinausfocus.com/finance-economy/african-integration.

59. « Les investissements directs européens en Chine ont considérablement baissé, atteignant 9,14 milliards d’euros en 2014, contre 17,1 milliards d’euros en 2013, tandis que les investissements directs chinois en Europe sont passés de 5,5 milliards d’euros en 2013 à 12,1 milliards en 2014 », Xinhua, « L’ambassadeur de l’UE en Chine insiste sur le secteur des investissements dans la coopération sino-européenne », 03.07.2015, http://french.xinhuanet.com/economie/2015-07/03/c_134380535.htm. L’Europe a été évoquée, par le journal économique français les Echos, comme « le nouvel Eldorado des investisseurs chinois. La France est peut-être le pays qui profite le plus de cette déferlante d’investisseurs chinois. » (28.08.2014, http://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/cercle-107936-chine-de-latelier-du-monde-au-financeur-de-leconomie-europeenne-1036808.php). Quant aux investissements chinois aux États-Unis, ils ont atteint 14 milliards de dollars en 2013, soit le double de 2012.

60. « Ce sera désormais dans l’ordre des choses que les investissements chinois à l’étranger surpassent les investissements étrangers en Chine », selon le porte-parole du ministère chinois du Commerce (la Tribune, 18 août 2014, http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20140818trib000844795/en-chine-les-investissements-etrangers-tombent-au-plus-bas-niveau-depuis-deux-ans.html)

61. Selon Thierry Pairault, « plus de 80 % de l’IDE [chinois en Afrique] est le fait d’entreprises sous tutelle directe du gouvernement central et de leurs filiales », avec néanmoins une relative autonomie (« Les entreprises chinoises sous la tutelle directe du gouvernement illustrées par leur investissement en Afrique », Revue de la régulation, 13, 1er semestre 2013, http://regulation.revues.org/10195)

62. L’impossibilité de modifier les dites règles serait l’une des explications de l’initiative chinoise de la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB), lancée en octobre 2014 – avec, en ce début avril 2015, l’adhésion d’une cinquantaine d’États, dont dix européens – et considérée comme une rivale des institutions sous hégémonie étatsunienne, ce que nient les autorités chinoises. Les principaux alliés traditionnels des États-Unis –Allemagne, Australie, France, Italie, Royaume-Uni, Suisse ‑ ont accouru au coup de sifflet chinois contre la volonté étatsunienne de faire échouer l’initiative chinoise. La Corée du Sud serait en voie, ce qui semble exclu pour le Japon. Fin août 2015, seuls deux États africains (Égypte et Afrique du Sud) y ont adhéré. Quant à l’évolution du projet de la Banque des BRICS, cf. Patrick Bond, « BRICS bankers confirm they will undergird – not undermine – Western financial decadence », Pambazuka News, 2015-07-15, http://pambazuka.org/en/category/features/95165

63. Comme les actionnaires des firmes transnationales dites françaises, allemandes ou autres occidentales, sont assez souvent de diverses nationalités, y compris chinoise, certaines transnationales dites chinoises ont aussi des actionnaires de nationalités autres que chinoise. Par exemple, l’Industrial and Commercial Bank of China (ICBC), leader des banques chinoises, a entre autres actionnaires Allianz, American Express, Goldmann Sachs.

64. Olivier Cyran, « Au Bangladesh, les meurtriers du prêt-à-porter », le Monde diplomatique, juin 2013.

65. Jens Hansegard and Heidi Vogt, « H&M Looks to Source Clothing From Ethiopia », Wall Street Journal, 15-08-2013, http://online.wsj.com/article/SB10001424127887324823804579014792348431448.html

66. Khadija Sharife, « Disappearing Diamonds », 100Reporters, http://www.printfriendly.com/print/?url=http://100r.org/tag/china/. Voir également : « The Queensway syndicate and the Africa trade », The Economist, August 13, 2011, www.economist.com/node/21525847 ; l’entretien avec J. R. Maley : « Sam Pa : la face sombre de la Chinafrique » : http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/06/02/sam-pa-la-face-sombre-de-la-chinafrique_4645549_3212.html

67. Judith Marshall, « Brazil’s mining giant Vale : behind the image of South-South solidarity », Tensões Mundiales, Fortaleza, vol. 10, n° 18-19, 2014, p. 205-230.

68. « L’Inde, par exemple, investit de façon importante dans la téléphonie mobile, les services financiers et les technologies de l’information. Mais elle le fait de façon traditionnelle, alors que la Chine agit de façon non orthodoxe » (« L’Afrique au rythme de l’économie mondiale : entrevue avec Mthuli Ncube, vice-président de l’African Development Group », http://www.magazineforces.com/node/47)

69. Xinhua, « Livre blanc : les investissements chinois en Afrique subsaharienne augmentent de 20,5 % par an », 29 août 2013, http://french.peopledaily.com.cn/Chine/8382179.html

70. ChineInde/Ma Padioleau, « L’Afrique, une priorité pour l’Inde », www.chineinde.info/blog/afrique/l-afrique-une-priorite-pour-l-inde.html

71. Stephen Gelb, « South Africa’s Foreign Direct Investment Links with the BRIC Countries », World Trade Institute-Mandela Institute Working Paper, September 2014, http://www.wti.org/fileadmin/user_upload/wti.org/7_SECO-WTI_Project/Publications/Gelb_SA_BRICS_FDI_final__01.pdf

72. P. Bond, « Foreign investment retreat from Africa : Gaming, naming and shaming ‘licit financial flows’ » (http://links.org.au/node/4552), avec une carte indiquant que seules l’Algérie, la Libye et la Tunisie ne connaissent pas d’investissements des dix principales entreprises du Johannesburg Stock Exchange (JSE).

73. Thomas Cabral avec Estelle Maussion, « Isabel dos Santos, figure de proue des investissements angolais au Portugal », AEM-AFP, 24 juin 2015, http://www.afriqueexpansion.com/aem-afp/20947-isabel-dos-santos-figure-de-proue-des-investissements-angolais-au-portugal.html

74. « Recapitalisation par les colonies » : http://www.agefi.com/quotidien-agefi/une/detail/edition/2013-10-18/article/isabel-dos-santos-la-galaxie-financiere-angolaise-qui-est-entree-dans-le-joaillier-de-grisogono-a-geneve-investit-tres-massivement-au-portugal.html

75. Agence Ecofin, « La fortune cumulée des 55 milliardaires africains dépasse les PIB de la CEMAC et de l’UEMOA » : http://www.agenceecofin.com/gestion-publique/1711-24362-la-fortune-cumulee-des-55-milliardaires-africains-depasse-les-pib-de-la-cemac-et-de-l-uemoa

76. PANA, « L’UE nie avoir perdu le commerce africain et la bataille des investissements », 31 mars 2014, http://www.panapress.com/-L-UE-nie-avoir-perdu-le-commerce-africain-et-la-bataille-des-investissements

77. Pnud, Rapport sur le développement humain 2014. Pérenniser le progrès humain : réduire les vulnérabilités et renforcer la résilience, p. 42, http://hdr.undp.org

78. Câble 05LAGOS362, « Aliko Dangote and Why You Should Know About Him », March 07, 2005, http://wikileaks.org/cable/2005/03/05LAGOS362.html. Un câble postérieur (07ABUJA1658, « Northern Rulers on Yar’Adua’s Initial Strategies » 2 août 2007, http://wikileaks.org/cable/2007/08/07ABUJA1658.html) précise que « Dangote et Obasanjo faisaient tous les deux partie du consortium qui a acheté le Port Harcourt et les Raffineries de Kaduna ». Olusegun Obasanjo a été de 1976 à 1979 chef de l’une des juntes militaires ayant dirigé le Nigeria, puis président élu de 1999 à 2007.

79. Adama Anouchka Ba, « Pout : Les travailleurs de la cimenterie Dangote étalent leurs maux et observent un arrêt de travail », Seneweb, 16 avril 2015, http://www.seneweb.com/news/8/pout-les-travailleurs-de-la-cimenterie-d_n_152847.html

80. Jacques Leroueil, « Les nouveaux milliardaires africains », Terangaweb, http://terangaweb.com/les-nouveaux-milliardaires-africains

81. Cf. le rapport de l’International Labour Organisation, Global Employment Trends 2013. Recovering from a second jobs dip, Genève, 2013, p. 90-95.

82. La décolonisation du début des années 1960 concerne moins de la moitié des colonies (britanniques, espagnoles, françaises, portugaises) d’Afrique. L’accession à l’indépendance a continué les décennies suivantes.

83. La coopération militaire de la Grande-Bretagne avec la plupart de ses anciennes colonies était assez active, à l’exception de la Tanzanie de Nyerere, mais sans y stationner des troupes, malgré des accords de défense avec le Kenya, la Zambie (jusqu’en 1968), par exemple. Actuellement, des soldats britanniques (quelques dizaines dans chaque cas) sont en permanence stationnés à Diego Garcia (British Indian Ocean Territory, où la population dans son ensemble a été déportée à Maurice et aux Seychelles et que le Rayaume Uni a loué aux États-Unis pour l’installation d’une base militaire), au Kenya et en Sierra Leone.

84. Dans l’ingérence française au Nigeria, aux côtés des sécessionnistes biafrais, il y aussi bien l’intérêt pour le pétrole du côté d’Elf-Erap que le souhait d’Houphouët-Boigny d’un éclatement de cet grand État, dominant économiquement le sien en Afrique de l’Ouest. Quelques années auparavant, c’est le régime néocolonial de Brazzaville qui avait joué un rôle de relais zélé des impérialistes, dans la sécession du Katanga, contre le régime de Lumumba. Il fallait faire éclater le très riche Congo-Léopoldville, par ailleurs trop imposant géographiquement dans une Afrique centrale d’anciennes colonies françaises. Ceux qui parlent d’Africafrance semblent oublier la prise en cause par De Gaulle de la pression exercée par Houphouët-Boigny (soutenu par Foccart and Co, interface entre les deux motivations), parrain africain de la Françafrique.

85. Nick Turse, « The Pivot to Africa. The Startling Size, Scope, ans Growth of U.S. military Operations on the African Continent », TomDispatch.com, 5 September 2013, http://wwwtomdispatch.com/blog/175743

86. J. Nanga, « Une intervention néocoloniale sous leadership français », Inprecor, n° 591, février 2013.

87. Le Canada dont les forfaits économiques bénéficient encore d’une certaine discrétion médiatique (Alain Deneault avec Delphine Abadie et William Sacher, Noir Canada. Pillage, corruption et criminalité en Afrique, Montréal, Écosociété, 2008) a sollicité une base à Djibouti et au Sénégal (Ameth Lô, « Projet de base militaire canadienne au Sénégal : enjeux et perspectives », Pambazuka News, 22 novembre 2011, http://pambazuka.org/fr/category/features/75911). Des soldats du Pakistan, de Malaisie et de Singapour seraient aussi dans les parages.

88. Les navires de pêche japonais pillaient allègrement le poisson dans les eaux territoriales somaliennes avant la vague actuelle de piraterie, qui est le produit entre autres du pillage et de la pollution des eaux somaliennes.

89. Lawrence Repeta, « Japan’s Proposed National Security Legislation – Will This Be the End of Article 9 ? », The Asia-Pacific Journal, Vol. 3, Issue. 24, N° 3, June 22, 2015, http://www.japanfocus.org/-Lawrence-Repeta/4335/article.html

90. Alfred McCoy, « The Geopolitics of America Global Decline. Washington Versus China in the Twenty-First Century », TomDispatch.com, June 7, 2015, http://www.tomdispatch.com/blog/176007/.

91. J. Nanga, « Les non-dits de l’intervention militaire française », Inprecor, n° 601/602, janvier-février 2014.

92. Sur la pression des donateurs, cf. Sally Reith, « Money power, and donor-NGO partnerships », Development in Practice, Vol. 20, Number 3, May 2010, p. 446-455, http://dx.doi.org/10.1080/09614521003709932

93. Anne-Emanuelle Birn, « Philanthrocapitalism, past and present : The Rockefeller Foundation, the Gates Foundation, and the setting (s) of the international/global health agenda », Hypothesis vol. 12 n°1, http://www.hypothesisjournal.com/?p=2503

94. George Soros, « The Capitalist Threat », The Atlantic online, fevrier 1997, http://www.theatlantic.com/past/docs/issues/97feb/capital/capital.htm. Comme l’a bien résumé Slavoj Zizek : « Il incarne une exploitation financière féroce alliée à son propre antagoniste : un souci humanitaire quant aux conséquences sociales catastrophiques d’une économie de marché débridée. Le train-train quotidien d’un Soros est une supercherie en acte » (« Les faux ennemis du progrès », Courrier international, 6 décembre 2006).

95. Alerte Info, « Le Mouvement “Y en a marre” n’est pas manipulable, selon son coordonnateur » ITW, 5 mai 2015, http://alerte-info.net/alerte_details.php?f=10935.

96. Sabine Cessou « Sénégal : pour Fadel Barro, du mouvement Y’en a marre, “Obama est un président sympa et attentif ” », RFI, 29 juin 2013, http://www.rfi.fr/print/978998?

97. Alerte Info, idem.

98. Cf. Fode Roland Diagne, « Les nouveaux “Tirailleurs” de l’impérialisme en Afrique », l’Autre Afrique, 3 avril 2015, http://lautreafrique.info/2015/04/03/les-nouveaux-tirailleurs-de-limperialisme-en-afrique ; Jean-Pierre Mbelu, « Les jeunes congolais “pro-démocratie” achetés par le dollar », Ingeta, 23 avril 2015, http://www.ingeta.com/les-jeunes-congolais-pro-democratie-achetes-par-le-dollar

99. Cf. Maïmouna Barro, « Development Aid and Higher Education in Africa : The Need for More Effective Partnerships between African Universities and Major American Foundations », CODESRIA Bulletin, N° 1 & 2, 2012, p. 20-29.

100. Kako Nubukpo, « L’Afrique malade de ses économistes », Alternatives économiques, 21 septembre 2011, http://alternatives-economiques.fr/blogs/nubukpo/2011/09/21/l’Afrique-malade-de-ses-economistes

101. Les classes dominantes chinoises sont plus dans une dynamique mimétique que créatrice d’autres « way of life », malgré la politique d’expansion des centres Confucius.

102. K. Nkrumah, Le néo-colonialisme, dernier stade de l’impérialisme (chap. 18), Paris, Présence Africaine, 1973 [édition anglaise : Londres, Nelson, 1965].

103. Cf., par exemple, le récent appel lancé le 9 août 2015 par une vingtaine d’organisations de la société civile et de mouvements sociaux africains : « African Civil Society Says No to Mining – Yes to Life » : http://afsafrica.org/african-civil-society-says-no-to-mining-yes-to-life/