Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 560-561 avril-mai 2010

IRAN

Solidarité internationale avec les peuples d’Iran

Cf. aussi : [Iran] [Seizième Congrès]

IVe Internationale

Déclaration du 16e congrès de la IVe Internationale (février 2010)

Synthèse Inprecor

Dans un contexte d’offensive de l’impérialisme états-unien, de sanctions économiques imposées par l’ONU et de nombreuses déclarations bellicistes contre l’Iran, relayé au Moyen-Orient par l’État d’Israël, la IVe Internationale affirme que la libération des peuples d’Iran du régime dictatorial de la République islamique ne peut être que l’œuvre de leur propre mobilisation. Nous condamnons les politiques de guerre, d’occupation et d’intervention impérialistes et nous nous situons aux côtés des peuples qui luttent pour leur liberté et leur indépendance.

Synthèse sur l'Iran
Inprecor)

Depuis le 13 juin 2009 et l’élection présidentielle truquée, la République islamique d’Iran est plongée dans une crise de régime sans précédent, qui a ouvert un espace dans lequel se sont engouffrées toutes les aspirations démocratiques de la jeunesse, des femmes et des travailleurs. Depuis huit mois les peuples d’Iran expriment massivement leur colère aux cris de « A bas la dictature ! ». De la contestation électorale au rejet des fondements même de la République islamique, le processus en cours n’a cessé de s’étendre et de se radicaliser.

La guerre larvée entre les différentes factions qui se partagent le pouvoir depuis 1979 s’est transformée en guerre ouverte. Le Guide Ali Khameneï, le président de la république Ahmadinejad et la direction des Pasdarans ont décidé de faire main basse sur la rente pétrolière et de consolider leurs intérêts économiques et financiers. En refusant d’être évincé du pouvoir le clan incarné par Moussavi, Karoubi et Rafsandjani, tous associés au bilan sanglant de la République islamique, a accentué la crise.

La détermination de la population à lever la chape de plomb étouffante et à en finir avec la répression quotidienne contre la jeunesse et les femmes qui luttent pour leurs droits se mêle de plus en plus aux revendications propres des travailleurs.

Depuis huit mois, la jeunesse, les femmes et les travailleurs saisissent toutes les occasions pour défier le régime militaro-théocratique. Leur mobilisation courageuse accentue les divisions au sein du pouvoir et affaiblit la République islamique.

Aux aspirations sociales et démocratiques légitimes des peuples d’Iran, Khameneï, Ahmadinejad et les Pasdaran répondent par une répression sanglante. Arrestations massives, procès spectacles, viols de détenus, exécutions, la République islamique d’Iran tente d’étouffer la contestation. Mais rien n’y fait. Le rejet du pouvoir en place est profond, la répression n’éteindra pas la colère et la détermination de celles et ceux qui s’opposent au régime.

Une nouvelle phase de lutte s’est ouverte en Iran et ce dans un contexte où la crise politique se combine à la crise économique. Face au chômage, aux licenciements, aux privatisations et à l’inflation galopante, le pays connaît des grèves de travailleurs notamment pour le paiement d’arriérés de salaires ou pour le droit de s’organiser en syndicat. Le régime, ayant en mémoire la vague gréviste de 1979 qui avait largement contribué à la chute de la monarchie, réprime brutalement toutes les luttes ouvrières.

C’est aux femmes, aux travailleurs, à la jeunesse et à toutes celles et ceux qui défient la République islamique que va notre soutien. La jonction entre les aspirations démocratiques et les revendications sociales portées par les travailleurs sera déterminante. L’arrivée de la classe ouvrière dans le processus en cours peut donner la cohésion et la force nécessaire pour renverser la République Islamique et établir une République sociale, démocratique et laïque qui s’oppose réellement à l’impérialisme et au sionisme.

La lutte pour de véritables droits démocratiques, pour la libération des prisonniers politiques et l’abolition de la peine de mort, pour le droit de grève et d’organisation, pour des élections libres, pour les droits des minorités nationales et pour la justice sociale, l’égalité entre femmes et hommes doit s’appuyer sur la solidarité internationale.

Leur lutte est la nôtre !

Notes

* Cette déclaration a été adoptée à l’unanimité moins une abstention.

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