Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 633-634 novembre-décembre 2016

ALLEMAGNE

Die Linke et l'activité de isl en son sein

Cf. aussi : [Allemagne]

Thèses de l’isl*

L’apparition du parti Die Linke a constitué une modification substantielle du paysage politique en Allemagne (1). Pour situer les ordres de grandeur, Die Linke compte environ 80 000 membres (pour 400 000 au SPD, 60 000 chez les Verts). Avec 8,6 % des voix, il a actuellement au Bundestag 76 députés sur 614. Il fait partie du Parti de la gauche européenne et siège au Parlement européen dans le groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche verte nordique avec 7 députés (7,4 % des suffrages lors des élections européennes de 2014).

Die Linke participe actuellement à trois gouvernements régionaux : dans les Länder de Brandebourg depuis novembre 2014, Thuringe depuis décembre 2014, et suite aux élections de septembre dernier et à l’accord de coalition dit « rouge-rouge-vert » (SPD-Grünen-Die Linke) conclu en novembre, dans le Land de Berlin maintenant pour la deuxième fois. Malgré tout en Allemagne personne ne considère comme très vraisemblable que ce parti puisse être intégré au gouvernement national ; journalistes et sociaux-démocrates s’accordent largement pour le qualifier d’« irresponsable et non apte à gouverner », avec en son sein des forces qui sont taxées d’utopistes, gauchistes et extrémistes, et qui font l’objet d’une étroite surveillance par les services de sécurité d’État (Réd.)

Synthèse et articles Inprecor

I. Depuis les résultats désastreux aux élections régionales de mars 2016 en Bade-Wurtemberg et en Rhénanie-Palatinat, le débat fait rage dans Die Linke pour en établir les causes et pour déterminer les conséquences à en tirer. Ainsi, dans leur texte intitulé « Révolution pour la justice sociale et la démocratie ! » (2), les co-présidents Katja Kipping et Bernd Riexinger (3) cherchent à donner une explication à l’échec de leur parti et à la percée de l’extrême droite Alliance pour l’Allemagne (AfD). Le refus de rechercher la participation gouvernementale à tout prix y est clairement exprimé, de même que la réfutation de l’existence d’un « camp de la gauche » (avec le SPD et les Verts), et la nécessité d’améliorer la capacité du parti à s’investir dans les mobilisations. Cette orientation a été confirmée de façon impressionnante en mai au congrès de Magdebourg, et encore au congrès régional de Rhénanie du Nord-Westphalie en juin. Les amendements qui visaient à renforcer le positionnement anticapitaliste, et que nous avons soutenus, ont été adoptés avec de fortes majorités. Reste à trouver comment passer des déclarations à la mise en pratique. Parmi celles et ceux qui votent pour Die Linke, nombreux sont ceux qui attendent qu’une partie au moins de ses propositions et revendications soient appliquées. La réponse adéquate ne saurait être que Die Linke se contorsionne dans des coalitions gouvernementales avec le SPD et les Verts jusqu’à ne plus être identifiable. En revanche on peut imaginer une participation à des majorités à géométrie variable qui permettent de ne pas porter la responsabilité de mesures pro-capitalistes.

II. Il faut cependant souligner que la politique du parti manque autant de constance qu’elle présente de facettes ; elle ne correspond pas à la conception que nous nous faisons d’un « parti pluriel », à la « recherche du consensus » ou qui « se pose des questions tout en avançant ». À l’Est, dans les cinq Länder et à Berlin, la ligne de la participation gouvernementale est hégémonique. Les forces qui veulent reconfigurer le parti de façon à ce qu’il puisse « prendre des responsabilités gouvernementales » au niveau fédéral également sont puissantes ; leurs relations privilégiées avec les médias les mettent en situation d’entretenir une campagne de diffamation permanente de la gauche, qu’elle fait présenter comme irresponsable et, selon les circonstances, comme archaïque ou utopiste.

En Thuringe, la coalition « rouge-rouge-vert » (Linke-SPD-Verts), avec à sa tête le Premier ministre-président membre de Die Linke, gère les affaires comme si de rien n’était ; en Brandebourg, avec la coalition « rouge-rouge », Die Linke se comporte en brave partenaire de la majorité gouvernementale SPD et soutient entre autres l’exploitation du lignite contre critiques et mobilisations, en contradiction avec les positions du parti maintes fois réaffirmées, comme dans le « Projet rouge pour une transformation sociale et écologique ». La contradiction entre les débats internes sur la transformation socialiste de la société et la pratique de gestion du pouvoir d’État est d’autant plus nette qu’il n’y a nulle part une situation qui pourrait y être opposée, ni de modifications radicales du rapport des forces en faveur de ceux d’en bas. Pour autant, la tendance de fond à l’adaptation a connu, jusqu’à maintenant encore au plan national, à chaque étape, un contrecoup qui a élargi les possibilités de développer les positions anticapitalistes. C’est bien ce qui se passe pour la prochaine période, jusqu’aux élections fédérales de l’automne 2017, mais cela n’en confronte pas moins la gauche de Die Linke à de nouveaux défis.

III. Die Linke a très souvent pris part aux mobilisations contre les nazis et les manifestations racistes. C’est actuellement, avec les questions pacifistes, véritablement l’un des secteurs d’intervention qui donne son identité au parti. De même pour la participation aux initiatives qui l’an dernier ont contribué à ce que l’accueil des migrants soit dans une certaine mesure une réussite. Dans les villes où il y a eu des manifestations d’extrême droite toutes les semaines, les organisations du parti ont été partie prenante des contre-mobilisations. Des dirigeants du parti comme Katja Kipping, Bernd Riexinger ou Janine Wissler ont, par leurs articles et prises de position, clairement développé le programme du parti : droit d’asile individuel sans limitations, ouverture des frontières, contre l’Europe-forteresse, Frontex et l’envoi de la marine militaire contre les réfugiés. Le groupe parlementaire a voté contre toutes les mesures de remise en cause du droit d’asile et de séjour.

Il est d’autant plus regrettable que Sarah Wagenknecht (4) et Oskar Lafontaine (5) aient pris position publiquement contre ce que défend le parti. Manifestement, ils sont d’avis qu’on ne peut pas laisser passer les discours sur la capacité d’accueil limitée, l’abus du droit d’asile, les agressions sexuelles sans chercher à y répondre sur le même terrain. Dans son fief de Sarre, O. Lafontaine défend ouvertement la limitation de l’immigration, sur la même ligne que la CSU bavaroise (6). Les confrontations internes ne portent donc plus seulement sur des positions différentes, elles sont devenues des oppositions de personnes. C’est ainsi que l’appel de Jan van Aken (7) à la démission de Sarah Wagenknecht de son poste de présidente du groupe parlementaire a connu en riposte une campagne de soutien avec près de 10 000 signatures. Pour autant, Sarah Wagenknecht et ses prises de position publiques sont minoritaires dans le parti. La direction a fait ce qu’il fallait pour les choses soient claires, avec un succès manifeste, puisqu’il n’y a plus pour l’instant de tentatives de changer la ligne.

Les partisans de S. Wagenknecht usent souvent de l’argument selon lequel l’aile réformiste du parti profiterait de l’occasion pour affaiblir les positions de la gauche. Mais heureusement l’AKL (8) s’est clairement démarquée des prises de position publiques de S. Wagenknecht. Cela a amené à l’AKL, de façon justifiée, un fort courant de sympathie.

IV. Des évolutions structurelles très préoccupantes sont à l’œuvre dans Die Linke, celles qu’ont connues toutes les organisations réformistes et/ou tournées en priorité vers la participation gouvernementale. En forçant à peine le trait, on peut faire le constat que les adhérent.e.s n’ont quasiment pas leur mot à dire, les instances dirigeantes pas grand-chose et les groupes parlementaires tout. Un modèle bien connu. La bureaucratisation, l’accumulation des mandats, le contournement des règles de séparation des fonctions et des mandats, le nombre des personnes qui s’accrochent à leur place, ne font qu’augmenter. Cela s’accompagne d’une polarisation autour de l’activité des élus ou des élections qui n’est ni régulée ni contrôlée. Il est à la fois étonnant et problématique que Die Linke n’ait pour ainsi dire aucune conscience de ce qui se joue là. Des évolutions qui, historiquement, dans tous les partis de la gauche socialiste évoluant vers la droite, ont toujours précédé les glissements programmatiques.

V. L’Antikapitalistische Linke (Gauche Anticapitaliste, AKL) est actuellement le seul courant du parti qui ait pris à bras-le-corps cette évolution. Il a existé des courants « démocratiques de base » qui se focalisaient uniquement sur le mode de fonctionnement du parti. Ils ont disparu parce qu’ils étaient ou sont devenus apolitiques. Point positif, l’AKL arrive à faire le lien de façon convaincante entre la critique de la diminution de la démocratie dans le parti et l’accentuation de son caractère parlementariste. Cela lui vaut un intérêt croissant et c’est même devenu le troisième pilier de son identité, avec l’objectif clairement formulé de dépassement du capitalisme et la priorité aux mouvements et mobilisations sur le terrain.

Synthèse et articles Inprecor

L’AKL est reconnue aujourd’hui comme un courant délimité par ses positions programmatiques et néanmoins loyalement engagé dans l’activité du parti. Elle a relativement bien passé l’épreuve risquée de se faire reconnaître comme courant statutaire (9), ce qui revenait de fait à s’organiser de façon nouvelle, à adopter un nouveau document de référence et à procéder à un nouvel enregistrement de tous ses membres. Un projet que l’AKL avait à l’époque fait sien contre l’avis des camarades de l’isl. 850 personnes déclarent adhérer à l’AKL, et le nouveau document de référence continue à rassembler de nouveaux soutiens.

Il y a beaucoup de bisbilles et de mesquineries entre les regroupements de gauche au sein de Die Linke, de manifestations de sectarisme et des manœuvres peu reluisantes (dans lesquelles malheureusement nos camarades n’ont pas toujours agi de façon collective et intelligente). Mais il n’est plus possible d’écraser ni d’ignorer l’AKL, et cela contribue pour une bonne part à la crise actuelle du courant concurrent « Sozialistische Linke » (10).

L’AKL a toujours défendu ses positions à visage découvert, et elle a réaffirmé formellement cette position après sa refondation et le renforcement de sa structuration. Elle est organisée en courant sur des bases programmatiques et pas en vue de l’obtention de places. À l’inverse, dans bien des situations, à l’occasion d’élections internes par exemple, se réclamer de l’AKL n’est pas précisément propice à l’avancement d’une carrière.

À l’AKL, nous cherchons systématiquement à créer les conditions de l’unité, de l’établissement de positions communes ; sur cette base nous nous tournons vers l’ensemble du parti dans l’esprit de la stratégie des revendications transitoires.

À la SL – et cela vaut particulièrement pour son sous-courant « marx21 » (11) on a souvent l’impression d’un tout autre choix, où il s’agit en premier lieu de placer les bonnes personnes aux bons postes tant dans le parti que pour les mandats électoraux. Il en est résulté beaucoup de postes de permanents et de mandats rétribués, mais pas plus de clarté programmatique dans le parti ni de politique authentiquement socialiste.

Le positionnement de l’AKL a amené le SAV (12) à y entrer. Malheureusement, tout se passe trop souvent comme si sa politique consistait à défendre ses propres intérêts à court terme comme « parti dans le parti ». Ici où là, cela peut avoir des effets négatifs, mais il n’est en même temps pas si rare que les camarades de SAV puissent être amenés à comprendre l’intérêt d’un comportement plus raisonnable.

La cristallisation durable des courants organisés dans le parti est problématique. Même sans identité politique bien délimitée, des courants se maintiendraient, ne serait-ce que parce que leur existence reconnue statutairement leur donne droit à des délégué.e.s. Cela contribue aussi à ce que la rivalité entre les courants à gauche du camp des « ministérialistes » soit plus difficile à surmonter.

VI. La internationale sozialistische linke (gauche socialiste internationale, isl) est dès le départ entrée en contact avec « l’initiative pour le travail et la justice sociale » (ASG) en 2004, elle a participé ensuite à « l’alternative électorale » (WASG), puis au processus de fusion de la WASG avec le PDS pour former Die Linke. L’isl travaille donc depuis de nombreuses années dans Die Linke, sans que l’activité de ses militants y soit forcément coordonnée. Particulièrement en Rhénanie du Nord-Westphalie, des membres de l’isl ont pris des responsabilités dans des directions locales et à la direction régionale et sont actifs dans l’AKL. De façon générale, l’isl s’efforce de renforcer l’aile gauche du parti, d’établir des liens avec les mouvements sociaux radicaux en dehors des institutions et les forces anticapitalistes en dehors du parti, d’œuvrer au rapprochement des forces de la gauche marxiste en Allemagne, de renforcer la conscience de l’urgence au plan européen de ripostes communes des mouvements sociaux et des forces politiques qui ne se contentent pas d’opposer à la politique d’austérité de toutes les élites dominantes en Europe une réponse seulement verbale et qui veulent y opposer un mouvement qui monte d’en bas.

L’isl milite pour que Die Linke s’organise sur le terrain en dehors des périodes électorales et pour que le parti engage un travail régulier et collectif dans les entreprises, les syndicats et les quartiers.

VII. Il y a de nombreux points sur lesquels le travail concret de l’isl dans Die Linke doit être amélioré (comme dans d’autres domaines). La priorité devrait être de dépasser l’individualisme trop souvent présent chez nous, de systématiquement définir collectivement nos objectifs et de nous attacher à les réaliser, et, au moins pour ce qui concerne les questions les plus importantes, d’arriver à des positions communes. De plus nous voulons davantage d’échanges politiques avec les secteurs de l’organisation qui ont d’autres priorités d’intervention (travail syndical, mouvements sociaux, etc.).

Le fait que dans l’AKL nous nous soyons retrouvés ces derniers temps dans deux sensibilités différentes dit bien notre spécificité (pas une organisation où l’on parle d’une seule voix et tenue d’une main de fer par la direction, contrairement à l’image qu’en donnent les caricatures habituelles du « léninisme »), mais aussi nos problèmes (« bande de rigolos »). Nos membres actifs dans le parti devraient avoir des réunions régulières. Les divergences réellement importantes devraient en dernière instance être discutées en direction et avec elle, ou bien lors des conférences nationales de l’ensemble de l’organisation, où l’on devrait parvenir à les surmonter.

Dans le parti et dans l’AKL, nos membres ne défendent pas de positions pré-formées et estampillées isl, ils disent ce qu’ils/elles pensent et prennent part aux discussions en cherchant à convaincre mais aussi en étant prêts à se laisser convaincre. C’est important pour nous. L’un ou l’une d’entre nous qui, à l’issue de telles discussions, arrive à des conclusions qui ne correspondent pas à ce qui fait consensus dans l’isl, met cette divergence en débat parmi nous, et l’issue de la discussion est ouverte.

Dans la nouvelle organisation qui résultera de la fusion de l’isl avec le Revolutionär Sozialistischer Bund (Ligue socialiste révolutionnaire, RSB), nous proposerons :

1. De former une commission nationale « Die Linke » ;

2. D’élaborer un document pour la campagne électorale de l’élection régionale de Rhénanie du Nord-Westphalie de mai 2017 ;

3. De continuer à discuter plus précisément de notre travail, en particulier dans la perspective des élections pour le Bundestag de septembre 2017.

Notre refus du sectarisme est constitutif de notre identité. Nous ne nous en efforcerons pas moins de gagner des camarades du parti et de l’AKL à l’isl dans la mesure où les accords de fond et la proximité militante permettent de l’envisager.  ■

* Ce document, a été adopté le 8 octobre 2016 par la conférence nationale (« fédérale ») des membres de l’isl, dans sa ligne générale après une discussion intense, à une très forte majorité avec une seule abstention. L’isl est une des deux organisations de la IVe Internationale en Allemagne. Un processus de rapprochement, de collaboration plus étroite et d’unification s’achèvera début décembre 2016 par un congrès de fusion. Inprecor y reviendra dans son prochain numéro. (Traduction de l’allemand et notes de Pierre Vandevoorde).

Notes

1. Pour une analyse précise, on se reportera aux articles de Manuel Kellner : « Succès de l’extrême droite en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin » (Inprecor n° 631-632 de septembre-novembre 2016), « Die Linke : un congrès avant les élections européennes et un pas de plus vers l’adaptation » (mars 2014 : http://www.inprecor.fr/article-?id=1603), « La “Grande Coalition” CDU SPD et les perspectives d’une politique de gauche » (décembre 2013 : http://www.inprecor.fr/article-?id=1545), « Merkel triomphe, le FDP coule… et après ? » (Inprecor n° 598, octobre 2013), « Deux semaines avant les élections fédérales » (septembre 2013 : http://www.inprecor.fr/article-?id=1517), ainsi qu’à l’article de Michael Aggelidis, « Pour un renouveau politique de l’Europe ! » (Inprecor n° 595/596 de juillet-août 2013).

2. Le sous-titre de ce texte, publié en avril 2016, est : « Propositions pour une stratégie offensive de Die Linke ». Cf. http://www.katja-kipping.de/de/article/1068.revolution-f%c3%bcr-soziale-gerechtigkeit-und-demokratie.html.

3. Pour les instances de direction nationale (Parteivorstand) il y a la règle statutaire de la « Doppelspitze » (double-tête) : une femme et un homme (ou deux femmes !). Dans les Landesverbände à l’Ouest c’est partout le cas, tandis qu’à l’Est plutôt rarement. En ce qui concerne les groupes parlementaires, la co-présidence n’est pas obligatoire : ainsi de 2005 à 2009 Gregor Gysi et Oskar Lafontaine ont présidé le groupe ensemble au Bundestag, à partir d’octobre 2009 Gysi seul, depuis octobre 2015 Sarah Wagenknecht (originaire de l’Est, gauche du parti) avec Dietmar Bartsch (de l’Ouest, mais droite du parti). En ce qui concerne les deux dirigeants du parti, le positionnement est pris aussi en considération : un homme et une femme : un répresentant de l’Est, un de l’Ouest, un représentant de l’aile modéré, un de l’aile plus radicale. Ce sont des règles non écrites, mais respectées par tous et toutes. Depuis 2012, Katja Kipping et Bernd Riexinger sont les présidents du parti, à la tête d’un comité directeur de 44 personnes (Parteivorstand). Katja Kipping (né en 1978) est originaire de Dresde en Saxe, a été députée du PDS (successeur du parti-état SED) au parlement régional de 1999 à 2005, depuis elle est députée au Bundestag, figure de proue du courant « Emanzipatorische Linke ». À la fois « pragmatique », pour le revenu inconditionnel, pour la défense intransigeante des droits des demandeurs d’asile, pro-sioniste contre l’antisémitisme, pour le vote des membres du parti sur le choix des deux têtes de liste à l’élection au Bundestag … Bernd Riexinger (né en 1955) a été permanent syndical depuis 1991, de 2001 à 2012 secrétaire général de ver.di (la grande fédération syndicale des services) de la région de Stuttgart ; il était alors un animateur de la gauche syndicale. Il n’a jamais été parlementaire et n’est pas adhérent d’une plateforme au sein du parti.

4. Sarah Wagenknecht, née en 1969, fut l’animatrice principale de la « Kommunistische Plattform » (en gros dogmatique-nostalgique) du PDS, elle a glissé vers des positions plus « réalistes» cependant bien différenciées de celles de la droite « ministérialiste » du parti. Vice-présidente de Die Linke jusqu’en 2015, elle co-préside actuellement son groupe parlementaire. Depuis 2014, elle est mariée avec Oskar Lafontaine.

5. Oskar Lafontaine, né en 1943, figure de premier plan issue de la social-démocratie et ancien co-président du parti. Il fut auparavant président du Land de Sarre, président du SPD de 1995 à 1999, brièvement ministre des Finances de Gerhard Schröder, il quitte le SPD en 2005, quelques mois avant les élections fédérales anticipées, et s’impose à la direction de « l’Alternative électorale travail et justice sociale » (WASG), un regroupement d’opposants de gauche, de syndicalistes, de divers déçus de la social-démocratie et de quelques secteurs de l’extrême gauche. Il est de ceux qui imposent la marche forcée à la fusion en 2007 avec le PDS de Gregor Gysi pour former Die Linke. Retiré du Bundestag pour raison de santé, il reste président du groupe de Die Linke au Landtag de Sarre.

6. Union chrétienne-sociale de Bavière (CSU), et le parti le plus à droite de la coalition CDU-CSU et SPD qui soutient Merkel.

7. Jan van Aken est député de Hambourg, ancien dirigeant de Greenpeace, actif dans le mouvement antinucléaire et pacifiste.

8. Antikapitalistische Linke (AKL), l’un des courants de la gauche du parti, fondé en 2006, dans lequel les membres de l’isl sont actifs. Il a 6 représentants à la direction nationale, dont l’un est à l’isl, et une autre au SAV (voir plus loin). Cette plateforme connaît des tensions et il y a de fait deux sous-courants.

9. Il y a beaucoup de courants, sous-courants et de sensibilités au sein de Die Linke, avec des forces et orientations assez différentes d’un Bundesland à l’autre. En plus, il peut y avoir des réseaux plus informels ou des rencontres fréquentes (comme le club « Terre du milieu » dont le nom est inspiré de Tolkien). Les courants reconnus par le parti qui ont donc droit à des représentant-e-s à la direction (fédérale et dans les Länder) et à un budget sont : Forum Demokratischer Sozialismus (implanté et influent surtout dans les Länder de la ex-RDA et à Berlin, souvent appelé « la droite au sein de la gauche »), Netzwerk Reformlinke, Emanzipatorische Linke, Sozialistische Linke, Antikapitalistische Linke, Kommunistische Plattform, Ökologische Plattform, Geraer Dialog – Sozialistischer Dialog. La plupart ont leur propre site. L’aile gauche, ce sont surtout AKL et SL, mais aussi beaucoup de militant-e-s et de réseaux non-alignés. En plus, au sein de la plateforme AKL, il y a des tensions et de fait deux sous-courants...

10. Sozialistische Linke (SL) comptait nombre de permanents syndicaux de l’ouest parmi ses fondateurs en 2006. Ses positions sont globalement néo-keynésiennes, il se dit « gewerkschaftlich orientiert » (tourné en priorité vers les syndicats). Il compte au moins 10 député.e.s au Bundestag, beaucoup des parlementaires régionaux et 2 députés européens. Il aurait aujourd’hui autour de 800 membres, a perdu de l’influence et est devenu assez hétérogène. Les partisans de marx21 (voir note 11) y participent pour la plupart, presque partout sauf en Rhénanie du Nord-Westphalie (où ils-elles soutiennent l’AKL ou sont hors des courants organisés).

11. Le réseau « marx21 » existe depuis 2007. Successeur de l’organisation Linksruck qui appartenait à International Socialist Tendency (IST, lié au SWP britannique) il a un fonctionnement autonome du SWP/IST. On dit qu’il compte au moins 400 membres, dont deux membres à la direction nationale de Die Linke (une des quatre vice-présidentes du parti) et plusieurs député.e.s au Bundestag et au Landtag de Hesse, avec nombre de collaborateurs-collaboratrices. « marx21 » a de l’influence au sein de « dielinke.SDS », l’organisation étudiante proche du parti.

12. Sozialistische Alternative (SAV), section du CIO/CWI lié au Socialist Party britannique. Sa représentante la plus connue est Lucy Redler, membre de la direction du parti en tant que représentante de l’AKL (avec Thies Gleiss, de l’isl).

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