Inprecor
Informations et analyses publiées sous la responsabilité du Bureau exécutif de la IVe Internationale.

N° 631-632 septembre-novembre 2016 *

ALLEMAGNE

Succès de l’extrême droite en Mecklembourg-Poméranie occidentale et à Berlin

Cf. aussi : [Kellner Manuel] [Allemagne]

Manuel Kellner *

Les deux élections régionales – 4 septembre en Mecklenburg-Vorpommern et 18 septembre dans le Land de Berlin – ont été marquées par le succès électoral de l’Alternative für Deutschland (AfD, Alternative pour l’Allemagne). L’AfD siège maintenant dans les assemblées de dix des seize Länder. Ces élections mettent également à jour l’érosion très marquée des partis de gouvernement, la CDU et SPD. Pour Die Linke, le bilan est nuancé : une défaite électorale flagrante à Mecklenburg-Vorpommern, mais un résultat plus réconfortant à Berlin.

AfD mobilise

Voyons d’abord le cas de Mecklenburg-Vorpommern (Mecklembourg-Poméranie occidentale), un Land au nord-est de l’Allemagne, situé sur le territoire de l’ex-RDA. Il n’y a que 1,33 million de personnes qui y ont le droit de vote. Néanmoins, le résultat des élections régionales du 4 septembre dans ce Land secoue le débat politique en Allemagne jusqu’au niveau fédéral. C’est une victoire spectaculaire de l’AfD, un nouveau parti semblable au FN français ou au UKIP britannique. Tous les autres partis perdent à son profit, surtout le SPD social-démocrate, la CDU chrétienne-conservatrice, et plus encore Die Linke.

En 2011, seulement 51,5 % de l’électorat avait participé aux élections, cette fois-ci les électeurs furent près de 61 %. C’est surtout l’AfD, avec un profil raciste et xénophobe agressif, qui a pu mobiliser l’attention publique et les voix de ceux qui ne s’étaient pas rendus aux urnes il y a cinq ans.

Le SPD, qui avait gouverné ensemble avec la CDU, reste le parti le plus fort avec 30,6 % des voix, mais perd 5 points de pourcentage. D’après l’institut Forschungsgruppe Wahlen, c’est la popularité de son ministre-président sortant, Erwin Selering, qui a permis au SPD de limiter les dégâts. D’après ses sondages, 75 % des électrices et électeurs lui reconnaissent un « bon travail » en tant que chef du gouvernement, et deux tiers souhaitent qu’il soit réélu.

Synthèse et articles Inprecor

Se présentant pour la première fois dans ce Land, l’AfD obtient 20,8 % des voix et devient ainsi la deuxième force politique en Mecklembourg-Poméranie occidentale du point de vue électoral. Bien qu’il n’y ait que très peu d’immigrés et de réfugiés dans ce Land, le grand tapage démagogique de ce parti pour le combat sans merci contre la « vague » de réfugiés, de musulmans, de terroristes, de parasites dans le système social allemand, contre la chancelière Angela Merkel (CDU) irresponsable, parce qu’elle aurait invité tout le monde à se réfugier en Allemagne, contre la « politique établie » ignorant les « petites gens » et les intérêts nationaux, a très bien fonctionné. Plus loin, nous allons proposer des explications à ce sinistre succès.

La CDU n’obtient que 19 % des voix, ce qui correspond à une perte de 4 points, et constitue pour ce parti le niveau historiquement le plus bas en Mecklembourg-Poméranie occidentale. De plus, du point de vue électoral, il est maintenant derrière l’AfD dans ce Land. Dans le débat public en Allemagne, ce mauvais résultat est surtout interprété comme une gifle politique à l’adresse de la chancelière Angela Merkel et de son attitude prétendument trop aimable et accueillante envers les réfugiés.

Die Linke, avec 13,2 % des voix, en perd même plus, soit 5,2 points de pourcentage. Son profil politique est plutôt modéré (comme dans tous les nouveaux Länder de l’ex-RDA), et il a surtout rêvé de cogouverner avec le SPD et les Verts. Die Linke y est largement perçu comme faisant partie de l’establishment politique.

Les Verts, avec 4,8 % des voix, ratent de justesse la barrière (quorum) des 5 %, ce qui correspond à une perte de 4,5 points. Ils ne sont plus représentés au parlement régional du Mecklembourg-Poméranie occidentale.

Le FDP libéral, avec une minuscule avance sur 2011 (où il avait eu 2,8 %) en obtenant 3 % des voix, n’y sera pas représenté non plus. La même chose vaut pour le NPD fascisant, qui n’obtient que 3 % des voix (contre 6 % en 2011). Ce parti-là est bien sûr « victime » du succès fulgurant de l’AfD attirant vers lui (entre autres) la grande majorité de l’électorat d’extrême droite.

AfD prend des voix à tout le monde

En jetant un coup d’œil sur les chiffres absolus, voyons quelques cas exemplaires des mouvements d’électeurs vers d’autres partis, publiés par l’institut Infratest Dimap. Les presque 21 % des voix obtenues par l’AfD correspondent à 167 000 électeurs et (bien moins) électrices. L’AfD a pu mobiliser 56 000 de celles et ceux qui n’étaient pas allés aux urnes en 2011 et encore 23 000 de celles et ceux qui avaient voté pour de très petits partis en 2011. À la CDU, l’AfD prend 23 000 voix, au NPD 20 000, à Die Linke 18 000, au SPD 16 000, aux Verts 3 000. L’AfD gagne donc dans toutes les directions. Surtout, son emprise sur une partie significative de l’électorat de gauche doit être discutée avec soin dans les rangs de Die Linke.

Au nouveau parlement de Mecklembourg-Poméranie occidentale (71 sièges), le SPD obtient 26 mandats, l’AfD 18, la CDU 16 et Die Linke 11. Un gouvernement du SPD avec Die Linke comme partenaire junior reste donc possible (avec 37 mandats contre 34 de la CDU et de l’AfD ensemble). Mais cette variante semble peu probable jusqu’à nouvel ordre. L’AfD a déclaré, avant et après les élections, qu’elle ne participera à aucune coalition, en donnant comme raison qu’au sein d’une coalition avec des partis établis elle ne pourrait pas réaliser ses objectifs principaux. La variante la plus probable, c’est la continuation de la « grande coalition » du SPD et de la CDU. Cela est confirmé par le résultat des sondages dans les partis concernés : ce sont bien les électeurs et électrices du SPD et de la CDU qui déclarent vouloir reprendre leur « grande coalition ».

Le succès spectaculaire de l’AfD est très probablement lié au fait que les partis gouvernementaux au niveau fédéral, notamment sous pression de la CSU bavaroise, font beaucoup pour donner raison à la démagogie d’extrême droite. Ils font tout pour empêcher les réfugiés de venir dans l’Union européenne et en Allemagne. Ils ont fait le deal honteux avec la Turquie d’Erdogan. Ils ont, à deux reprises, réduit en miettes le droit d’asile et rendu encore bien plus inconfortable le sort des réfugiés en Allemagne. D’après un mécanisme politico-psychologique bien connu, les gens préfèrent voter plutôt pour l’original que pour les copies. L’électorat de l’AfD est en droit de penser que le renforcement électoral de cette formation pèse réellement sur la politique appliquée, même si l’AfD reste un parti d’opposition.

Die Linke nostalgique et pas rebelle

Quant à Die Linke en Mecklembourg-Poméranie occidentale, même s’il dit des choses intéressantes en critiquant le capitalisme néolibéral débridé et fait de bonnes propositions en matière d’accueil des réfugiés, d’une politique plus sociale, d’une répartition des richesses plus équitable etc., il n’apparaît aucunement comme une alternative anticapitaliste et internationaliste radicale. Il affiche bien clairement sa volonté de cogouverner avec le SPD et les Verts. Pour l’Union européenne, par exemple, il ne propose que de la réformer et de la démocratiser. En plus, il déclare vouloir respecter la « discipline budgétaire » pour ramener l’endettement à zéro en 2020 (ce qui est le billet d’entrée pour n’importe qui voulant participer au gouvernement en Allemagne). Die Linke apparaît comme faisant partie de la politique établie – dans un climat politique de plus en plus polarisé et dans un contexte de mécontentement de plus en plus manifeste d’une partie croissante de la population.

La nostalgie pour feu la RDA est bien présente dans les rangs du parti dans les nouveaux Länder de l’Allemagne de l’Est. Le 20 août passé, par exemple, Helmut Holter, candidat principal de Die Linke en Mecklembourg-Poméranie occidentale, a participé au Landeswandertag (journée d’excursion ou de randonnée annuelle traditionnelle) de la Volkssolidarität (solidarité populaire), une association d’assistance sociale qui existait déjà dans la RDA. Les participants aux événements de ce genre ne sont en général pas très jeunes, pour ne pas dire plus. Mais en même temps, le parti Die Linke dans les nouveaux Länder de l’ex-RDA signe toujours les déclarations de condamnation rituelle de la RDA comme « Unrechtsstaat » (« État de non-droit », un terme inventé par les conservateurs allemands pour mettre sur le même pied la dictature des nazis et celle du SED, le parti « communiste » de RDA) – déclarations imposées régulièrement par le SPD, s’il fait une coalition gouvernementale avec Die Linke. L’AfD n’a aucun problème à s’appuyer lui-même sur des sentiments nostalgiques envers le passé de la RDA, ce qui peut très bien correspondre à un conservatisme politico-culturel extrême.

Die Linke a tendance à justifier la politique de la Russie de Poutine (même si cela vaut, hélas, à bien plus forte raison pour la majorité de son aile anticapitaliste), mais de manière très gênée et avec beaucoup de nuances. L’AfD, elle, soutient la Russie de Poutine ouvertement et sans se gêner…

La réaction de la direction de Die Linke au résultat plus que décevant des élections à Mecklenburg-Vorpommern a été plutôt gênée. Ses porte-parole Bernd Riexinger et Katja Kipping avaient déclaré à ce sujet le soir après les élections : « Nous ne pouvons pas être satisfaits par ce résultat. Il montre que le paysage des partis politiques est en mouvement. Au centre de cela il y a l’insécurité de beaucoup de gens qui ont peur de perdre la modeste sécurité de pouvoir gérer leurs vies. La raison en est la faillite centrale de la politique néolibérale. De plus, le gouvernent fédéral joue le jeu de l’AfD depuis des mois – maintenant avec un débat sécuritaire absurde. Nous sommes fermement persuadés de pouvoir montrer dans les prochains mois que des solutions solidaires apporteraient un meilleur avenir pour le pays. Nous chercherons le dialogue dans le vécu du quotidien et nous renforcerons nos liens avec les forces dans la société qui s’engagent pour la paix et la justice sociale. Nous devons et nous allons être plus offensifs en matière de questions sociales. »

Mais la direction de Die Linke aurait intérêt à se demander pourquoi des électrices et électeurs radicalisés par les effets antisociaux de la politique néolibérale, à Mecklenburg-Vorpommern, voteraient à gauche. Le candidat principal de Die Linke dans ce Land avait expliqué dans une interview à Die Zeit : « Les voix pour l’AfD ne sont pas seulement le résultat des réfugiés, mais de la frustration et la colère. Les raisons en sont les réformes antisociales de l’agenda 2010 et les actions de sauvetage pour la Grèce. Les gens ne comprennent pas qu’il y ait de l’argent pour cela, mais pas pour résoudre leurs problèmes. »

C’est une analyse assez primaire – et qui oublie de mentionner le rôle de Helmut Holter lui-même, qui, du temps du PDS (1), avait été ministre du Travail dans ce Land et, notamment de 1998 à 2006, responsable de l’application de l’agenda 2010 ! À cette époque, il n’y a pas eu de réformes sociales positives, mais en revanche la privatisation du patrimoine public du Land et des communes. Il y a eu plus d’hôpitaux privatisés que dans aucun autre Land, souvent contre la résistance acharnée des salariés concernés. Et c’est bien « la consolidation budgétaire » que Helmut Holter avait revendiquée comme principal succès de son gouvernement.

Après huit ans de participation de Die Linke au gouvernement du Land, les salaires en Mecklenburg-Vorpommern sont les plus bas en Allemagne et 41 % des salariés travaillent avec un contrat de travail précaire (2) – le plus grand pourcentage dans les nouveaux Länder de l’est de l’Allemagne. Il faudrait quand même prendre en compte ce bilan la pour tirer des leçons valables de la douloureuse défaite électorale...

Confirmation à Berlin

Les élections régionales dans le Land de Berlin confirment certaines tendances lourdes apparues dans le Land de Mecklenburg-Vorpommern deux semaines plus tôt. Avant tout, l’AfD se présentait également pour la première fois dans ce Land et y obtient 14, 2 % des voix. C’est beaucoup dans une grande ville.

Les partis établis sont, dorénavant, qualifiés de « partis autrefois populaires » (« ehemalige Volksparteien ») par les grands médias.

En effet, le SPD, parti majoritaire, n’a obtenu que 21,6 % des voix. Il a perdu 6,7 points de pourcentage par rapport aux élections de 2011. La CDU arrive à hauteur de 17,6 %, un recul de 5,7 points de pourcentage. Die Linke obtient 15,6 % des suffrages et gagne 3,9 points par rapport à 2011. Les Verts obtiennent 15,2 % des voix et perdent 2,4 points. Le FDP libéral (Freie Demokratische Partei), avec 6,7 % des voix, passe cette fois-ci la barre des 5 % ; en 2011 il avait échoué avec un résultat de 1,8 %. Les Pirates perdent beaucoup de voix – 7,2 points de pourcentage – et ne réunissent que 1,7 % des suffrages. L’air du temps ne semble plus être avec eux.

En 2011, le taux de participation se situait à 60,2 %. Cette fois, il atteint le 66,9 %. C’est bien l’AfD qui a mobilisé la grande majorité des abstentionnistes de 2011. En 2016, 2,5 millions de personnes ont disposé du droit de vote et presque 1,7 million ont voté. L’AfD a pu mobiliser 69 000 personnes parmi celles qui n’avaient pas participé aux élections en 2011. Elle a pris 39 000 électrices et électeurs à la CDU et 24 000 au SPD, ainsi que 12 000 à Die Linke et également 12 000 aux Pirates, mais seulement 4 000 aux Verts.

Il faut ajouter que le SPD a pu reconquérir 53 000 électrices et électeurs qui avaient boudé les urnes en 2011 ; la CDU 34 000 et les Verts 22 000. Mais, parmi celles et ceux qui avaient voté en 2011, des dizaines de milliers se sont abstenus : 46 000 d’entre eux avaient donné leur suffrage au SPD, 31 000 à la CDU, 24 000 aux Verts et 22 000 aux Pirates. Toutefois, 24 000 électrices et électeurs ayant voté pour le parti Pirates en 2011 (sur 255 000) ont opté pour Die Linke. Le FDP a surtout profité d’électrices et d’électeurs – 31 000 – qui avaient manifesté leur préférence pour la CDU en 2011.

Synthèse et articles Inprecor

Au parlement du Land de Berlin il y a maintenant 38 mandats pour le SPD, 31 pour la CDU, 27 pour Die Linke, 27 pour les Verts, 25 pour l’AfD et 12 pour le FDP. Pour le gouvernement du Land de Berlin il est clair que la « grande coalition » du SPD avec la CDU ne pourra pas être reconduite. Le plus probable semble être une coalition dite « rouge-rouge-verte », sous direction du SPD avec comme partenaires juniors Die Linke et les Verts.

Majorité « de gauche » au niveau fédéral ?

Bernd Riexinger et Katja Kipping, les porte-parole de Die Linke, se réjouissent bien entendu du résultat de cette élection en faisant remarquer qu’on peut tenir tête aux assauts de l’extrême droite en mettant l’accent sur les thèmes sociaux et en argumentant contre les démagogies nationalistes et racistes. En même temps, ils parlent d’un signal donné pour l’échéance des élections fédérales de 2017 : une majorité « de gauche » – formée par le SPD, les Verts et Die Linke – pourrait être possible selon eux.

Il est vrai que Gregor Gysi, qui avait renoncé à ses fonctions de dirigeant du groupe Die Linke au Bundestag (Parlement fédéral), est revenu, en vedette, sur la scène politique lors de la campagne électorale de Berlin afin d’annoncer son retour au premier plan dans la direction de son parti. Son idée forte réside justement dans la perspective d’une « majorité de gauche » au niveau fédéral. Une « majorité » au sein de laquelle Die Linke cogouvernerait avec le SPD et les Verts. Mais à quel prix ? Ne faudra-t-il pas participer aux guerres d’intervention ? Ne faudra-t-il pas accepter la discipline budgétaire « d’acier » et donc accepter les politiques d’austérité au détriment des salarié.e.s et des sans-emploi ? Faudra-t-il, en plus, participer au renforcement de la forteresse européenne dirigée contre les réfugiés ?

L’AfD d’extrême droite déclare ne pas vouloir cogouverner avec des partis établis qui ne veulent pas réaliser ses revendications principales, surtout les mesures draconiennes contre les réfugié.e.s. Die Linke devrait répondre avec une clarté symétrique qu’il n’est pas d’accord pour cogouverner avec des forces politiques qui ne sont pas prêtes à mettre en œuvre des mesures anticapitalistes visant à obtenir une redistribution « équitable » des revenus et des richesses produites par les salarié.e.s.

Dans le débat public en Allemagne, les résultats des élections régionales de Mecklenburg-Vorpommern et de Berlin sont avant tout perçus comme un défi lancé à la politique de la chancelière Angela Merkel face à « l’arrivée » des réfugié.e.s. Sous cette pression, Angela Merkel a déclaré « avoir compris ». Elle admet maintenant s’être trompée en diffusant trop d’optimisme et qu’en réalité, personne parmi les responsables politiques n’était préparé aux problèmes liés à l’afflux d’un si grand nombre de réfugiés ! Il faut donc s’attendre à des mesures plus dures encore contre les réfugié.e.s en Allemagne et contre ceux et celles qui veulent gagner l’Union européenne et l’Allemagne.

Pour les forces de gauche en Europe, le défi est de taille. Il faut à tout prix développer des initiatives en vue d’actions solidaires par-delà les frontières pour unir les luttes des salarié.e.s, des sans-emploi, des démunis, qu’ils soient d’origine étrangère ou pas. C’est la seule possibilité pour combattre de manière efficace l’extrême droite et le grand capital. ■

* Manuel Kellner est membre de l’isl (internationale sozialistische linke), une des deux organisations de la IVe Internationale en Allemagne. Il est rédacteur du mensuel Sozialistische Zeitung – SoZ. Cet article est une version unifiée et étendue de deux articles écrits pour le site À l’Encontre et publiés le 5 et le 20 septembre 2016 : http://alencontre.org

Notes

1. Die Linke est né de la fusion le 16 juin 2007 du Parti du socialisme démocratique (PDS, ex-SED qui était le parti officiel de la RDA) et de l’Alternative électorale travail et justice sociale (WASG) , scission du SPD.

2. Selon une étude de la fondation Hans Böckler, proche du DGB, quelque 40 % des salariés allemands sont tributaires de contrats de travail non conventionnels (temps partiel non désiré, mini-jobs, jobs à un euro de l’heure, intérim, etc.). Si on leur ajoute tous ceux qui sortent du cadre tarifaire de la branche (ce qui correspond à une convention collective), parce que leurs représentants à l’entreprise ont conclu des « accords maison », assortis de multiples clauses d’exemptions, plus de la moitié des travailleurs sont aujourd’hui, outre-Rhin, sortis de conditions conventionnelles. Les syndicats dénoncent tout particulièrement une extraordinaire extension du recours à des contrats d’ouvrage (Werkverträge) qui permettent aux entreprises de faire affaire avec des mini-sociétés, voire des auto-entrepreneurs. Les personnes intégrées au processus de production ont un statut externe et évoluent donc hors des rémunérations et des protections tarifaires de la branche. Par exemple, quelque 20 000 personnes travaillant pour le groupe Volkswagen ont été placées hors du champ syndical (cf. Bruno Odent, « Des fortes hausses de salaires ébranlent le doxa du “modèle” en Allemagne », 18 mai 2016 : https://brunoodent.net/2016/05/18/de-fortes-hausses-de-salaires-ebranlent-la-doxa-du- modele -en-allemagne/).

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